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Kering-L'hyper-croissance de Gucci dope à nouveau les résultats
Reuters12/02/2019 à 15:37

    * Gucci franchit les €8 mds en 2018, croissance organique de
37%
    * Gucci peut croître deux fois plus que le marché en
2019-PDG
    * Le résultat opérationnel du groupe grimpe de 47%
    * Le résultat net multiplié par deux, le dividende relevé de
75%

 (Actualisé avec conférence, commentaires, cours,)
    par Pascale Denis
    PARIS, 11 février (Reuters) - Kering  PRTP.PA  a publié
mardi de nouveaux résultats annuels records, dopés par
l'hyper-croissance de Gucci, son principal centre de profit, et
s'est montré confiant dans la capacité de la griffe à faire
encore nettement mieux que le marché en 2019.
    Le groupe de luxe, également propriétaire de Saint Laurent,
Balenciaga ou Boucheron, a vu ses ventes grimper de 29,4% à taux
de changes constants en 2018, après une envolée de 34% en 2017,
tandis que son résultat opérationnel courant a bondi de 47% à 
3,94 milliards d'euros et sa marge de 4,0 points à 28,9%.
    Cette performance a été largement tirée par la locomotive
Gucci, qui pulvérise tous ses records. Ses ventes ont encore
décollé de 37% l'an dernier sur des bases de comparaison déjà
très élevées (elles avaient bondi de 45% en 2017) et ont franchi
les 8,0 milliards de chiffre d'affaires à 8,3 milliards d'euros.
    Sa rentabilité a quant à elle grimpé de 5,3 points pour
atteindre 39,5%, là aussi un record pour la marque.
    Sur le seul quatrième trimestre, Gucci a toutefois
légèrement ralenti le pas, avec une progression de 28% après une
hausse de 35% au trimestre précédent, conformément aux attentes.
    Elle continue de gagner des parts de marché, a
considérablement rajeuni sa clientèle (les "millennials"
représentent la moitié de ses ventes) et ses ventes en ligne ont
grimpé de 70% pour représenter 6% de son chiffre d'affaires.
    Gucci laisse loin derrière les meilleurs élèves du secteur
comme Louis Vuitton, propriété de LVMH  LVMH.PA  dont les ventes
ont progressé d'environ 14%  , ou Hermès  HRMS.PA 
qui a vu sa croissance atteindre 10,4%.  
    Après une telle trajectoire, la marque qui pèse maintenant
pour 83% des résultats du groupe est en avance sur son plan
stratégique de juin 2018, qui visait le cap des 10 milliards
d'euros à moyen terme et une rentabilité opérationnelle de 40%. 
  
    "Gucci a bien démarré l'année 2019", a précisé le PDG du
groupe, François-Henri Pinault, évoquant des tendances
semblables à celles du 4e trimestre. "Et l'ambition est intacte
de faire deux fois mieux que le marché du luxe", dont la
progression est estimée entre 5% et 6% en 2019, a-t-il ajouté.  
    
    LEVIERS DE CROISSANCE 
    Ces prévisions sur Gucci jugées rassurantes par les
analystes ont permis au titre Kering de se retourner en cours de
séance. La valeur prenait 2,6% à 462,7 euros à 15h35, après une
ouverture en baisse de plus de 3%, alors que le CAC 40  .FCHI 
gagnait 0,93% au même moment.
    Compte-tenu du poids de la marque dans les résultats,
l'évolution d'une croissance destinée à se "normaliser" reste au
centre des préoccupations des investisseurs.    
    
       
    Or Gucci dispose encore, selon le PDG de Kering,
d'importants leviers de croissance, avec la réduction des délais
de mise sur le marché des produits, l'amélioration des "taux de
conversion" dans les magasins  - dont moins de la moitié
seulement ont été rénovés - ou bien encore avec des produits
encore plus haut de gamme, vendus plus chers.
    Elle a aussi d'importantes marges de progression dans le
commerce en ligne, notamment en Chine, le "travel retail" et le
parfum.
    Les ventes des premiers "jus" signés du designer Alessandro
Michele et fabriqués sous licence par l'américain Coty  COTY.N 
atteignent "seulement" 400 millions d'euros, un chiffre jugé peu
satisfaisant par François-Henri Pinault pour qui la marque a
vocation à faire "beaucoup mieux" dans ce domaine.
    Une gamme de cosmétiques est aussi prévue courant 2019.    
       
    PAS DE RALENTISSEMENT EN CHINE 
    Comme son concurrent LVMH, Kering a déjoué les craintes de
ralentissement du crucial moteur chinois, liées au tassement de
la croissance économique du pays en fin d'année et au conflit
commercial avec les Etats-Unis.
    "Les ventes sont restées extrêmement dynamiques auprès de la
clientèle chinoise au quatrième trimestre, il n'y a pas eu de
ralentissement", a déclaré à la presse Jean-Marc Duplaix,
directeur financier du groupe.
    Il a précisé que l'impact du mouvement des "Gilets jaunes"
en France avait été "réel", sans toutefois le quantifier.
    Balenciaga, nouvelle pépite du groupe, a frôlé le milliard
d'euros de ventes et franchira "sensiblement" ce cap cette année
tandis que Saint Laurent a encore engrangé une progression de
19%, après une hausse de plus de 20% pendant sept années
d'affilée.
    A l'inverse, Bottega Veneta finit l'année en baisse de 3,4%.
La relance de la griffe, qui a confié à un jeune directeur
artistique le soin de conquérir une clientèle plus jeune, n'est
pas attendue avant le second semestre 2019.      
    En Bourse, les multiples de valorisation de Kering
ressortent à 18,10 fois les résultats estimés pour 2020, à
comparer à des ratios de 19,26 pour LVMH ou 22,43 pour Burberry
 BRBY.L , un écart qui s'explique, selon Exane BNP Paribas, par
la question de la future croissance de Gucci.   
    
    L'enquête fiscale en cours en Italie concernant Gucci et
LGI, filiale suisse de Kering, a aussi récemment pesé, selon
certains analystes, sur le cours de Bourse. 
    Un audit du fisc italien a chiffré à 1,4 milliard d'euros
les impôts que Gucci aurait dû payer en Italie, somme que
conteste Kering, sur le fond comme sur le montant.  
    Les négociations entre Kering et le fisc italien pourraient
maintenant durer plusieurs mois, selon une source proche de
l'enquête, tandis que le PDG de Kering a dit s'attendre à ce que
le dossier soit bouclé "dans le courant de l'année".
    Les ventes de Kering ont totalisé 13,66 milliards d'euros en
2018, un chiffre proche des 13,63 milliards du consensus Infront
Data pour Reuters, le résultat net part du groupe a été
multiplié par deux à 3,71 milliards et le dividende proposé a
été relevé de 75% à 10,5 euros par action.

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Graphique performance boursière du luxe    https://tmsnrt.rs/2UWxX5D
Recommandations des analystes sur Kering    https://tmsnrt.rs/2UPGQh9
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Avec Emilio Parodi à Milan, édité par Gilles Guillaume, Benoît
Van Overstraeten et Bertrand Boucey)
 

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