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Flambée des carburants : Totalenergies s'apprête à dévoiler des résultats "exceptionnels" et démine le terrain en se présentant comme un protecteur du pouvoir d'achat
information fournie par Boursorama avec Media Services 28/10/2026 à 09:00

Selon les analystes, Totalenergies devrait afficher un bénéfice net de 8,9 milliards entre juillet et septembre. Au trimestre précédent, le groupe l'avait déjà doublé à 5,4 milliards d'euros.

( AFP / SAMEER AL-DOUMY )

( AFP / SAMEER AL-DOUMY )

Totalenergies est-elle en train de devenir "la marque la plus populaire du pays" ? C'est que veux croire son PDG Patrick Pouyanné, qui a encensé le plafonnement des prix du carburant pratiqué par son groupe, alors que le pétrolier français s'apprête à publier jeudi des résultats "exceptionnels" portés par la flambée des cours du carburant dans la foulée des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

Les résultats du groupe pétrogazier français pour le troisième trimestre s'annoncent encore largement plus élevés que ceux du trimestre précédent, au cours duquel TotalEnergies avait annoncé un doublement de son bénéfice net, à 5,4 milliards de dollars.

Le consensus des analystes, compilé par l'entreprise, prévoit un bénéfice net de 8,9 milliards entre juillet et septembre , plus du double de l'an dernier à la même époque.

"À situation exceptionnelle, chiffres exceptionnels", explique à l' AFP Ahmed Ben Salem, spécialiste pétrole et gaz de la banque d'investissement ODDO BHF. L'analyste s'attend à un "doublement des profits" dans la branche Gaz naturel liquéfié (GNL), grâce à la hausse des prix du gaz et les activités de "trading" du groupe.

Surtout, le groupe devrait présenter plus de 3,5 milliards de dollars de bénéfices sur la branche Raffinage et Chimie , profitant de marges de raffinages record, annoncées par le groupe à 33,2 dollars pour le 3e trimestre mi-octobre. Ces marges, qui reflètent l'écart entre le prix du pétrole brut et celui des carburants qui en sont issus, ont bondi de 146 % par rapport au trimestre précédent, portées par l'envolée des prix du gazole, conséquence de tensions d'approvisionnement sur ce carburant, le plus consommé en France. Environ "10 % des capacités de raffinage dans le monde ont été impactées" par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, estime Ahmed Ben Salem, ce qui profite à l'ensemble des majors du secteur comme Shell et BP, qui publieront également leurs résultats en fin de semaine.

Ces bénéfices sont inhabituels pour le groupe - les activités de raffinage en France étant régulièrement déficitaires ou peu rentables- et devraient le conduire à payer "de l'ordre de 600 millions d'euros" d'impôts sur les sociétés en 2026, a fait valoir début octobre son patron Patrick Pouyanné.

Habitué des critiques

Habitué des critiques sur ses "superprofits" lors de ses publications de résultats, accusé d'être un "profiteur de guerre" par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet fin septembre, TotalEnergies a "investi" ces derniers mois pour redorer son image.

En réponse à l'envolée des prix du gazole (aujourd'hui à 2,38 euros le litre), la multinationale a instauré depuis le début du conflit -avec quelques interruptions- un plafonnement à 1,99 euro le litre d'essence et 2,25 euros le litre de gazole dans ses 3.300 stations-services françaises. Le coût de la mesure est chiffré à environ 500 millions d'euros par le groupe.

"Si j'arrive à réconcilier (...) une entreprise qui marche et le fait qu'elle soit appréciée , je pense que (...) les 500 millions d'euros ou plus qu'on aura investis à la fin de l'année sont un vrai investissement", s'est félicité Patrick Pouyanné. Il veut croire que son groupe devient "la marque la plus populaire du pays" dans une émission qui sera diffusée vendredi sur Public Sénat et dont des extraits sont déjà sortis. Mais en cas de surtaxation des bénéfices de son entreprise, "le plafond va s'arrêter", répète Patrick Pouyanné depuis plusieurs mois.

Plusieurs ONG ont de leur côté appelé à manifester à proximité de l'Assemblée nationale pour appeler à "taxer les superprofits" des entreprises fossiles afin de "financer les services publics, la transition écologique et le soutien aux ménages" .

Le plafonnement a pour l'instant permis au groupe d'augmenter sa part de marché dans la distribution de carburants, de 23 % en 2025 à plus de 30 %, au grand dam des autres acteurs du secteur, dont certains ont saisi mi-juillet l'Autorité de la concurrence "pour abus de position dominante et concurrence déloyale" .

Côté interne, le groupe affiche son "soutien" au pouvoir d'achat de ses salariés, à deux jours de ses résultats et quelques semaines après un mouvement de grève dans ses raffineries. Il a confirmé le versement d'une avance sur prime de 1.000 euros bruts pour ses salariés et annoncé des mesures pour favoriser l'actionnariat salarié et étendre les ristournes carburant à ses employés, dans un communiqué mardi.

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4 commentaires

  • 28 octobre 10:23

    Arrêter de subventionner des parasites ? Vous voulez les priver de leurs voyages en première classe et des repas dans les relais châteaux ?


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