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* Selon certaines sources, Vitol et Trafigura chercheraient à s'approvisionner en brut de Merey à un prix inférieur de 18 à 20 dollars le baril par rapport au Brent
* Le coût d'affrètement d'un pétrolier Aframax entre le port de José et le golfe du Mexique s'élève désormais à environ 3,5 millions de dollars, selon Signal Maritime
(Mise à jour du paragraphe 11 pour préciser que Vitol et Trafigura ont refusé de commenter)
par Arathy Somasekhar, Marianna Parraga et Shariq Khan
Les sociétés mondiales de négoce de pétrole Vitol et Trafigura font pression pour obtenir des rabais plus importants sur le brut vénézuélien, alors que la hausse des taux de fret réduit leurs marges, ont déclaré cinq sources proches du dossier.
Ces deux sociétés commerciales comptent parmi les grands gagnants de la course au contrôle des flux de brut vénézuélien depuis que les États-Unis ont contesté le pouvoir de l’ancien président Nicolás Maduro en janvier et ont commencé à faire pression pour relancer le secteur pétrolier du pays.
Elles vendent et expédient désormais plus de la moitié des exportations de ce membre de l’OPEP, et les négociations visant à obtenir des prix plus bas mettent en évidence les défis liés à l’activité dans le secteur énergétique vénézuélien, très instable, qui faisait jusqu’à récemment l’objet de sanctions américaines sévères.
Les prix de vente du Merey, le brut lourd phare du pays, se sont progressivement redressés cette année après les fortes décotes imposées par les sanctions jusqu’à fin 2025.
Les clauses pénales, telles que l’imposition de frais supplémentaires pour le chargement des pétroliers dans des pays présentant des risques pour la sécurité, ont également disparu des contrats de fret à mesure que davantage de négociants et d’acheteurs entraient sur le marché. Les armateurs de grands navires sont également de retour, contribuant ainsi à ramener les prix au niveau des normes du marché.
Cette reprise est désormais menacée, car le coût du transport du pétrole par pétrolier à l’échelle mondiale a atteint des niveaux records ces dernières semaines, à la suite de la plus grande vague d’attaques contre le transport maritime depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran fin février.
La compagnie pétrolière d’État PDVSA a récemment convenu, avec certains partenaires de coentreprise, de prix inférieurs de 12 à 13 dollars le baril par rapport au Brent; ces derniers ont à leur tour été contraints, en raison des conditions du marché, de revendre le brut à des intermédiaires avec une décote de 16 dollars par rapport au cours de référence, a indiqué l’une des sources.
La compagnie d’État a récemment tenté de vendre davantage de pétrole directement aux raffineries, sans passer par des intermédiaires, afin d’améliorer sa trésorerie et ses bénéfices.
Trafigura et Vitol proposent désormais des prix inférieurs de 18 à 20 dollars au Brent pour les cargaisons à destination des États-Unis ou de l’Europe, un niveau qu’ils jugent nécessaire pour couvrir la hausse des coûts de transport, ont indiqué les sources, ce qui accentue la pression sur PDVSA et ses partenaires.
Le prix de référence du Merey, c’est-à-dire le prix maximal qu’il peut atteindre si toutes les conditions de marché sont réunies, est passé de 67,36 dollars le baril en juillet à 76,82 dollars en août, a indiqué le Venezuela à l’OPEP. Ce prix était inférieur d’environ 14 dollars au Brent.
PDVSA n'a pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires. Vitol et Trafigura ont refusé de s'exprimer.
FRET EN HAUSSE
L’affrètement d’un pétrolier Aframax, capable de transporter environ 700 000 barils de brut, depuis le port vénézuélien de José jusqu’à la côte américaine du golfe du Mexique coûte désormais environ 3,5 millions de dollars, soit 5 dollars le baril, contre 1,35 million de dollars, soit 1,90 dollar le baril, en début d’année, selon Signal Maritime.
“Le fret est un énorme problème. Les raffineurs ne veulent pas du pétrole au prix que cela nous coûte”, a déclaré une source du secteur du négoce.
Les exportations de pétrole du Venezuela sont restées pratiquement inchangées en août, à 1,17 million de barils par jour, ses terminaux peinent en effet à traiter des volumes plus importants.
Vitol et Trafigura ont réussi à maintenir leurs volumes d’exportation stables à environ 597.000 barils par jour, contre 604.000 barils par jour en juillet.
Toutefois, le nombre de pétroliers faisant la queue pour être chargés et leur temps d’attente moyen sont restés à leur plus haut niveau depuis janvier, ce qui pourrait constituer un obstacle au projet américain visant à stimuler rapidement les exportations pétrolières de ce pays d’Amérique du Sud.

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