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Pourquoi la Corée du Sud reste la star des ETF cette année
information fournie par Zonebourse 27/05/2026 à 17:17

Bourse coréenne (Crédits: Adobe Stock / image générée pa)

Bourse coréenne (Crédits: Adobe Stock / image générée pa)

Quand on utilise un outil de sélection d'ETF, il est impossible d'échapper aux actions coréennes dans le haut du palmarès. Et pour cause : le KOSPI, l'indice coréen de référence, a presque doublé en cinq mois, et déjà triplé en un an. La cause est connue : l'explosion de la demande d'équipements pour les centres de données a fait exploser à la hausse les deux champions locaux, Samsung Electronics et SK Hynix. Mais ce n'est pas la seule explication.

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L'essor des fonds indiciels a permis aux investisseurs particuliers du monde entier de goûter à des stratégies et à des horizons qui leur étaient jusqu'ici interdits. Le prisme de l'ETF permet de gagner une exposition à des thématiques variées, en délégant à un émetteur professionnel le soin de suivre au plus près les performances de ladite thématique. Il y a quelques années, il était soit très compliqué, et même parfois impossible, d'investir les marchés actions indiens ou hongkongais. Les ETF ont débloqué cela. Ils ont aussi débloqué l'accès au marché coréen.

Les actions coréennes au purgatoire

Mais pendant longtemps, les amateurs de marchés asiatiques ont regardé ailleurs. Si vous aviez acheté un ETF répliquant le marché indien au point bas du covid en 2020, vous auriez gagné environ 150% en 5 ans. Avec un ETF coréen, vous n'auriez obtenu que le tiers. Même le marché japonais a surperformé le marché coréen sur cette période. Et le CAC 40 a fait deux fois mieux.

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Il y a plusieurs raisons à cela. En premier lieu, les entreprises sud-coréennes souffrent depuis des décennies d'une décote structurelle, le Korea Discount, qui les fait valoriser nettement moins cher que leurs homologues japonaises ou taïwanaises, malgré le poids économique du pays.

Cette sous-valorisation s'expliquait notamment par les risques de gouvernance liés aux chaebols, ces conglomérats familiaux très puissants, dont les structures complexes, l'influence politique et le traitement parfois défavorable des minoritaires ont refroidi les investisseurs. Cette situation explique aussi le maintien de la Corée du Sud parmi les pays émergents à l'échelle indicielle : une économie à l'occidentale, mais des garanties juridiques et de transparence pas du tout au niveau.

Mais les choses ont changé.

Un rattrapage en mode fusée

Le pays, conscient d'être assis sur une manne considérable, a décidé de légiférer pour améliorer son attractivité. Les autorités ont à la fois assoupli les règles d'investissement pour les étrangers, renforcé la sécurité juridique et mis fin à certaines pratiques jugées contraires au libre-investissement, comme l'interdiction de la vente à découvert.

Cet élargissement du marché a coïncidé avec l'explosion de la demande électronique liée à l'intelligence artificielle. Les investisseurs ont mis un peu de temps à se rendre compte que Samsung Electronics et SK Hynix, avec leurs valorisations à la casse, étaient revenues au centre du jeu. Mais dès que la mèche a été allumée, le feu d'artifice boursier a démarré. Les petits porteurs coréens se sont joints à la fête. Le cours de SK Hynix a été multiplié par dix en un an. Celui de Samsung, par 5,5. Et l'indice KOSPI a doublé depuis le 1er janvier.

Les ETF coréens, qui sonnaient un peu creux, débordent désormais : 24 milliards de dollars sur l'ETF iShares MSCI Korea. Plus de 4 milliards de dollars pour l'ETF Franklin FTSE Korea.

On se les arrache littéralement, à tel point que le marché coréen, qu'on croit chaque semaine en surchauffe, n'arrête pas de battre des records. Cette remontée a comblé une partie de la décote dont il souffrait sur d'autres grandes places mondiales. Cela n'empêche pas les investisseurs de continuer à jouer l'âge d'or de Samsung et de SK Hynix en accumulant des positions longues sur les ETF. Ce faisant, ils espèrent que l'eldorado de l'IA va gommer la cyclicité traditionnelle des résultats des deux géants de l'électronique, dont les puces mémoires s'arrachent.

A tel point que malgré leurs variations exubérantes récentes, les deux titres restent valorisés sur des multiples de bénéfices attendus modestes au regard des grandes valeurs américaines de l'IA. Cette décote n'est bien sûr pas étrangère à l'attrait qu'elles continuent à exercer.

On l'aura compris à la lecture de ces dernières lignes, la principale limite de tout cela, c'est une extrême concentration de l'investissement. Le propriétaire d'un ETF coréen est surexposé à la thématique IA et à deux de ses cadors, qui pèsent ensemble 52% du tracker iShares et 55% du tracker Franklin.

C'est un pari direct et sur-vitaminé sur la transformation du monde par l'intelligence artificielle, plutôt qu'un pari sur la Corée du Sud elle-même.

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