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GRAPHES-La livre, pénalisée par le 'hard Brexit', aspirée vers la parité avec le dollar
information fournie par Reuters 17/07/2019 à 18:51

    par Saikat Chatterjee
    LONDRES, 17 juillet (Reuters) - Blasés par le feuilleton à
rebondissements de la sortie du Royaume-Uni de l'Union
européenne (UE) et ballotés depuis trois entre "hard" et "soft"
Brexit, les cambistes avaient presque renoncé à prendre une
position claire sur le sterling jusqu'aux derniers
développements qui semblent avoir eu raison de leurs espoirs
d'un divorce amiable. 
    La livre a en conséquence subi une forte pression vendeuse
cette semaine et les marchés dérivés comme les indicateurs de
positionnement montrent que cela n'est pas près de s'arrêter. 
    La question est désormais de savoir jusqu'où elle peut
descendre en cas de réalisation du pire des scénarios, un Brexit
sans accord. 
    Un simple coup d'oeil sur les données historiques montre que
le niveau de 1,20 dollar est en ligne de mire. 
    Mais de grandes banques britanniques, comme HSBC,
préviennent déjà qu'elle pourrait enfoncer son point bas de
1,1491 dollar touché à l'automne 2016 avec les répliques du
séisme du référendum du mois de juin de la même année favorable
à la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le plancher historique d'une
livre pour 1,0545 dollar touché en mars 1985 juste avant les
accords historiques du Plazza destinés à enrayer l'appréciation
du dollar sous l'ère Donald Reagan, serait en vue. 
    Au-delà de ces références graphiques, la livre va-t-elle
vers la parité avec le dollar et l'euro? 
    Le consensus de marché voulant que la raison finisse par
l'emporter et qu'un divorce amiable finirait par prévaloir avait
découragé les prises de position à la baisse, de peur qu'un
accord de dernière minute n'entraîne une brusque appréciation de
la devise britannique. 
    Bien que le scénario d'un Brexit "dur", sans accord de
transition, reste considéré comme peu probable, les intervenants
de marché s'y préparent de plus en plus en vendant massivement
la livre. 
    C'est l'effet Boris Johnson. Le partisan déclaré du Brexit,
favori pour devenir le nouveau Premier ministre britannique la
semaine prochaine, a promis une sortie de l'UE d'ici au 31
octobre, au forceps s'il le faut. 
    Une série d'indicateurs économiques décevants a fait le
reste, soulignant les retombées négatives du Brexit au point de
convaincre la Banque d'Angleterre d'adopter un biais plus
accommodant. 
    La livre en a fait les frais, cédant 6% depuis début mai
 GBP=D3  et se trainant à un plus bas de deux ans sous 1,24
dollar alors qu'elle se négociait encore à 1,34 dollar en avril.
Mais le pire est à venir au vu des marchés d'options et de
futures. 
    
    
    $1,20 EN LIGNE DE MIRE 
    Le marché des options ne laisse pas espérer beaucoup de
soutien pour la livre tant qu'elle n'est pas tombée à 1,20
dollar. Un prix d'exercice auquel des positions d'environ un
milliard de dollars se sont accumulées, avec une date
d'expiration dans les deux prochaines semaines. 
    Jusqu'à il y a peu la livre était soutenue par des positions
à un prix d'exercice à 1,25 dollar, les banques les vendant à
leurs clients achetant la devise autour de ces niveaux et 
empêchant une chute plus prononcée. Mais avec l'enfoncement de
ce seuil au début du mois de juillet, les banques ont dû réduire
leurs positions, ce qui a accéléré la chute vers 1,24 dollar. 
    Le risque est que le marché ne soit pas prêt pour des
baisses plus marquées; il y a peu de positions importantes sur
les options jusqu'à 1,20 dollar et très peu en-dessous. 
    
    
    
    TERRITOIRES INEXPLORÉS
    Si la sensibilité de la livre aux nouvelles sur le Brexit
pousse encore beaucoup d'opérateurs à se montrer prudents,
personne ne doute que la volatilité sera au rendez-vous dans les
mois à venir. 
    La structure par terme de la volatilité implicite du
sterling/dollar montre que les décalages à trois mois et six
mois sont beaucoup plus marqués que sur les échéances à un an,
ce qui montre que les investisseurs ne veulent prendre aucun
risque autour de l'échéance du 31 octobre. 
    Avec la hausse de la demande pour ces options, les banques
teneuses de marché ont fortement relevé le prix de la volatilité
implicite des options arrivant à échéance à cet horizon, même si
les contrats ne vont pas encore jusqu'à cette date. 
    La volatilité implicite à 3 mois qui se traitait autour de 6
en avril a bondi à 8,1 au cours des 10 derniers jours, un bond
de 25%. 
    "La volatilité de la livre est en hausse mais reste très bon
marché par rapport au pic de décembre et devrait continuer à
monter", préviennent les stratèges de Nomura dans une note à
leurs clients. 
 
   
    
    
    En général, le fait que les positions à la vente sur un
actif soient déjà importantes est plutôt un facteur de soutien
pour les cours. Les fonds spéculatifs sont certes très vendeurs
sur la livre mais leurs positions cumulées sont très loin d'être
extrêmes. 
    Au 16 juillet, les positions vendeuses nettes sur la livre
atteignaient 5,7 milliards de dollars, en hausse pour la
quatrième semaine consécutive. Mais en septembre dernier, elles
s'établissaient à 6,5 milliards de dollars et elles avaient
atteint un pic historique à 8,4 milliards de dollars en mars
2017. 
    
    
    Les perspectives ne sont pas beaucoup plus réjouissantes
d'un point de vue technique. Les analystes graphiques signalent
un soutien mineur à 1,233 dollar, le point suivant étant à 1,15
dollar, un niveau testé dans la foulée du référendum de juin
2016 sur le Brexit. 
    Un autre indicateur technique, le RSI, qui mesure le degré
de surachat ou de survente sur un actif, laisse penser que la
chute de la livre n'a pour l'instant rien d'inquiétant. Des
niveaux bien plus extrêmes avaient été enregistrés en septembre
2018 et octobre 2016. 
    Vis-à-vis de l'euro  GBPEUR= , la livre se rapproche du
seuil psychologique des 90 pence, qui ne constitue pas un
soutien au vu du peu d'exemples où la livre s'est traitée en
dessous de ces niveaux dans le passé. 
    Les stratèges de BNY Mellon soulignent que la livre ne s'est
négociée que dans moins de 3% des séances sous ce seuil depuis
la création de l'euro en janvier 1999. 
    "Ce sont des territoires inexplorés pour la livre et le pire
est sans doute à venir", prévient Neil Mellor, stratège changes
de BNY Mellon à Londres. 
    
    

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
One direction for sterling    https://tmsnrt.rs/2NZstIC
GBP FX options    https://tmsnrt.rs/2NV7erg
Option structures    https://tmsnrt.rs/32yCiQP
Implied volatility    https://tmsnrt.rs/2NXNhjJ
GBP positions    https://tmsnrt.rs/2k0FOSS
GBP technicals    https://tmsnrt.rs/2NZkGKE
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid
Exbrayat)
 

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