Selon Alphavalue, confirmant des informations de Reuters, TotalEnergies finalise sa sortie d'Arctic LNG 2, le projet de liquéfaction de Novatek - compagnie russe d'exploitation de gaz naturel et de production de gaz naturel liquéfié (GNL) - situé sur la péninsule de Gydan (sur les rives du golfe de l'Ob en face de la péninsule de Yamal).
Le bureau d'études fait savoir que "le président russe Vladimir Poutine vient d'autoriser la vente de la participation de 10% du groupe pétrolier français à NordLine, une filiale de Novatek". L'actif avait déjà été déprécié à zéro, aucun revenu n'ayant été perçu depuis l'imposition des sanctions américaines fin 2023 et la déclaration de force majeure sur les contrats d'achat ( offtake ). Céder cette participation apparaît donc comme la conclusion logique.
Les autres actionnaires du projet Arctic LNG 2 sont Novatek (60%), China National Petroleum Corp (10%), China National Offshore Oil Corp (10%) ainsi qu'un consortium formé par Mitsui et la Japan Organization for Metals and Energy Security (10%).
Pour Reuters, si l'opération est finalisée, le fournisseur français d'énergies conserverait une participation indirecte dans le projet, puisqu'elle détient 19,4% du producteur de gaz naturel liquéfié privé russe Novatek.
Alphavalue souligne que "l'interdiction européenne du GNL russe est entrée en vigueur par étapes à partir d'avril 2026, avec une interdiction totale au 1er janvier 2027". TotalEnergies pourrait ne plus être en mesure de commercialiser ces volumes en Europe (il lui est peut-être encore permis de les vendre hors d'Europe). Le dossier Arctic LNG 2 est réglé. L'autre projet Yamal LNG pourrait suivre, contraint par le calendrier réglementaire. "Nous disposons de peu d'informations sur la transaction, mais nous pensons qu'il s'agissait de la suite logique des événements", indique Alphavalue.
Le GNL produit par Arctic LNG 2 ne trouve pas de acheteurs en raison de ces sanctions, et les méthaniers russes qui tentent de s'en approcher sont très vite repérés par satellite et exclus des ports mondiaux. C'est pourquoi TotalEnergies cède sa participation de 10% dans ce projet.
"Pendant les deux années qui ont suivi l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Yamal LNG* a continué de fonctionner et TotalEnergies a continué de percevoir des dividendes, soit 105 milliards de roubles entre 2022 et 2024", souligne Alphavalue. Selon l'analyste, "Patrick Pouyanné a toujours tenu la même ligne : tant qu'aucune sanction européenne ne l'interdisait, Total contribuait à la sécurité d'approvisionnement du continent. Washington a délibérément épargné Yamal pour éviter de déclencher une crise du gaz en Europe".
*Yamal LNG est le joyau de l'industrie gazière russe dans l'Arctique, et c'est aujourd'hui le dossier le plus rentable de TotalEnergies en Russie.
TotalEnergies gagne 0,73% à 77,21 euros.
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