Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)
Le 24 juillet 2026
Un sondage réalisé en début de semaine par OpinionWay pour les Caisses d'Épargne en dit long sur le fossé abyssal qui sépare les Français de la Bourse. Il ressort de cette étude que seulement 45% des Français ont entendu parler du PEA. Le compte-titres n'est connu que de 31% de la population et seulement 9% de nos concitoyens savent ce qu'est un ETF. Avec un taux de notoriété de 91%, le Livret A en revanche remporte tous les suffrages. Les jeunes, dont on aurait pu penser qu'ils sont nettement plus informés sur la diversité des placements financiers, se révèlent tout aussi éloignés de ces sujets que leurs aînés. A l'heure où le besoin de se constituer une épargne solide n'a jamais été aussi important, notamment pour faire face au financement de la retraite, ce sondage est affligeant.
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La question qui nous taraude tous, c'est bien sûr de savoir comment il faut s'y prendre pour intéresser nos enfants et nos petits-enfants à la Bourse, dont on sait qu'elle est le seul moyen de se constituer un patrimoine sur long terme. A cette préoccupation, que d'aucuns qualifieraient volontiers de bourgeoise, on pourrait ajouter qu'investir en Bourse c'est prendre une part active au financement de nos entreprises, donc à la croissance du pays. La réponse qui vient spontanément à l'esprit de la plupart de nos « grands penseurs » réside dans la nécessité de renforcer l'éducation financière de nos enfants à l'école et à l'université. Cette solution, qui nous est resservie depuis des décennies, n'a donné aucun résultat. Restons évidemment courtois à l'égard de l'Éducation nationale, mais je crains que le corps enseignant de cette vénérable institution n'ait ni la compétence requise pour traiter ce sujet, ni même la volonté de parler Bourse aux élèves…
La solution est individuelle, et surtout familiale : elle consiste à ouvrir un PEA à chacun de vos enfants et petits-enfants. Inutile d'y mettre des mille et des cents, il suffit de sélectionner trois ou quatre actions de sociétés solides, comme Air Liquide, Airbus, Danone, L'Oréal, LVMH, Vinci, Michelin ou TotalEnergies, et de laisser le temps faire son œuvre. Nos adolescents, ainsi que nos jeunes devenus adultes, ne tarderont pas à découvrir les vertus de la Bourse en se rendant compte que le retour sur investissement est autrement plus intéressant que le Livret A. Avec un peu de chance, ils pourraient même y prendre goût.
Les sceptiques vous rétorqueront qu'il est toujours facile de parler Bourse quand tout va bien et qu'on oublie un peu trop vite les risques qui y sont attachés. La remarque est pertinente, mais le comportement actuel des marchés marqués par un retour de la guerre au Moyen Orient, doublé d'une nouvelle menace de blocage du canal de Suez en plus du détroit d'Ormuz, constitue un excellent exemple de « stress test » grandeur nature pour nos portefeuilles boursiers. Le prix du pétrole a renoué avec les 100 dollars le baril, l'inflation est à nos portes et le taux de la dette française à 10 ans est remonté à plus de 4%. Difficile d'imager une situation plus défavorable.
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Les valeurs européennes souffrent et s'affichent en net recul depuis le début du mois de juillet, mais la catastrophe tant redoutée ne s'est pas produite. Autour de 8.300 points notre CAC 40 n'est qu'à 300 points de ses plus hauts niveaux historiques, même chose pour l'Eurostoxx 50 qui regroupe les cinquante plus importantes valeurs de la zone euro constituant le cœur de cible des valeurs éligibles au PEA. L'indice de référence de la Bourse européenne, s'affiche en hausse de plus de 7% depuis le début de l'année et de 41% sur 3 ans. Il a plus que doublé en l'espace de 10 ans. Pour information, avec un taux du Livret A qui sera fixé à 1,7% à partir du 1er août, il faut attendre 7 ans pour obtenir le même rendement que celui de l'Eurostoxx 50 depuis le 1er janvier. Pour doubler son capital, il faut patienter plus de 40 années !
S'agissant de nos portefeuilles PEA, l'Offensif ressort en hausse de 101,7% sur les dix dernières années, le Défensif progresse de 85,6% et notre sélection d'ETF Monde s'est appréciée de 96%. Nos portefeuilles, très orientés vers les actions françaises ne parviennent pas à battre l'indice Eurostoxx 50, mais ils s'en rapprochent. Comme le montrent les graphiques ci-joints, l'Offensif et notre sélection d'ETF Monde font en revanche nettement mieux que le CAC 40 sur les dix dernières années. Le Défensif, essentiellement tourné vers des valeurs de croissance, a beaucoup souffert de la baisse des valeurs du secteur du luxe. Il parvient malgré tout à réaliser un score tout à fait honorable de 85,6%, avec une volatilité nettement inférieure à celle du CAC 40.
Quelle stratégie boursière adopter d'ici à la rentrée de septembre ? Face à la montée des incertitudes sur l'évolution du prix de l'énergie, les tensions observées sur les taux d'intérêt et les risques de ralentissement de la croissance mondiale, nous préférons conserver une attitude prudente sur l'ensemble de nos portefeuilles. Ces derniers jours, nous avons ainsi décidé d'alléger nos positions, notamment sur le portefeuille Offensif qui était très exposé à un risque de correction sur les valeurs cycliques et sur les valeurs technologiques européennes. Le 17 juillet, nous avons ainsi pris une partie de nos bénéfices sur le fabricant franco-italien de puces STMicroelectronics (150 titres vendus), sur le groupe allemand Aixtron spécialisé dans les équipements de fabrication de composants électroniques (100 actions cédées), sur 100 autres actions de l'aciériste ArcelorMittal et sur 100 Airbus récemment acquises. Dans notre sélection d'ETF Monde, nous avons allégé les positions sur l'ETF Amundi Europe 600 Technology en raison des tensions auxquelles sont confrontées les valeurs du secteur et réduit d'un tiers la position prise sur le tracker Amundi PEA Japon. Même chose pour le tracker Amundi PEA Emergent qui nous avions récemment acquis.
Notre sentiment est que l'aggravation subite de la situation au Moyen-Orient, avec la menace d'un débordement du conflit en mer Rouge, ne peut être ignorée des marchés. L'échec des dernières négociations de paix entre l'Iran et les Etats-Unis ont décrédibilisé les promesses faites par la diplomatie américaine. La tension risque de perdurer encore plusieurs semaines, voire quelques mois, avec des implications concrètes sur l'inflation et l'évolution de la politique monétaire des banques centrales. Les doutes sur la valorisation des valeurs technologiques persistent à Wall Street, surtout depuis la publication des résultats de certains géants de la tech, comme Amazon, contraints d'engloutir d'énormes liquidités pour se maintenir dans la course à l'IA. Cette année, le géant des ventes en ligne va être contraint de consacrer quelque 200 milliards de dollars dans ses seuls investissements dans l'IA. Les besoins de financement du secteur sont colossaux, ils ne peuvent plus être financés sur la trésorerie disponible, ce qui expose les entreprises concernées à un important risque de crédit. Dans ce contexte, nous continuons de renforcer la part des liquidités dans les portefeuilles (à hauteur d'un tiers en moyenne) afin d'amortir la baisse tendancielle des cours qui se fait sentir depuis le début du mois de juillet.
Nous interrompons, comme chaque année, nos communications durant le mois d'août. Rendez-vous pour un prochain point le vendredi 28 août. Bonnes vacances à tous,
Roland Laskine
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