Aller au contenu principal
Fermer

Les hyperscalers ont-ils raison d'investir autant dans l'IA ?
information fournie par AOF 24/07/2026 à 21:00
Ajoutez Boursorama à vos sources préférées

(Zonebourse.com) - En l'espace de trois ans, l'intelligence artificielle a profondément modifié le profil financier des géants du cloud, longtemps considérés comme des machines à cash-flow relativement peu capitalistiques.

Les investissements combinés d'Amazon, Microsoft, Alphabet et Meta devraient atteindre environ 695 MdsUSD en 2026, contre près de 150 MdsUSD en 2023, puis 870 MdsUSD en 2027 selon Jefferies. Alphabet vient à lui seul de relever de 15 MdsUSD sa prévision annuelle, désormais comprise entre 195 et 205 MdsUSD. À ce rythme, les capex des quatre groupes absorberaient environ 92% de leur flux de trésorerie opérationnel attendu cette année.

Cette mobilisation de capitaux commence logiquement à peser sur des bilans jusque-là exceptionnellement solides. Alphabet a enregistré un free cash flow négatif de 5,9 MdsUSD au deuxième trimestre, même si le flux disponible sur douze mois demeure positif à 53,3 MdsUSD, tandis que sa dette à long terme atteignait parallèlement 98,2 MdsUSD. Le groupe a également engagé une levée de capitaux propres de grande ampleur, ce qui constitue une rupture pour une entreprise historiquement habituée à racheter ses propres actions. Plus largement, les cinq principaux acteurs américains, Oracle compris, auraient déjà émis 194 MdsUSD d'obligations depuis le début de l'année, signe que la course à l'IA dépasse désormais les ressources immédiatement générées par les activités historiques.

Pour autant, les éléments disponibles ne suggèrent pas encore une construction spéculative de capacités sans débouchés. Lors de la conférence du deuxième trimestre, Alphabet a expliqué que les besoins de ses clients cloud et de ses propres services continuaient de croître plus rapidement que les capacités ajoutées au cours des trois dernières années. Le groupe prévoit même de louer temporairement des infrastructures auprès de tiers, malgré une pression à court terme sur les marges, en attendant la mise en service de ses propres équipements. Cette contrainte intervient alors que les revenus de Google Cloud ont bondi de 82% et que le carnet de commandes a atteint 514 MdsUSD.

Les données de Silicon Data renforcent ce diagnostic d'un marché du calcul encore tendu, puisque l'ensemble de la courbe des tarifs à terme pour la location des GPU H100 de Nvidia se déplace régulièrement vers le haut. Le prix d'un contrat d'un an est passé d'environ 2,28 dollars par GPU-heure fin juin à 2,41 dollars au 20 juillet, contre 1,80 dollar en novembre 2025, tandis que le tarif à trois ans avoisine désormais 2,35 dollars, contre 1,57 dollar huit mois plus tôt. La courbe demeure légèrement inversée, ce qui signifie que les capacités actuellement disponibles se négociant plus cher que les engagements longs, tandis que la remontée simultanée de toutes les maturités montre que le marché n'anticipe plus une détente rapide de l'offre.

Au-delà de cette tension opérationnelle, les données financières d'Alphabet fournissent un argument plus fondamental en faveur de ces investissements. Son ROIC comptable a reculé en partie parce que le groupe immobilise des montants considérables dans des centres de données qui ne contribuent pas encore aux résultats. En neutralisant les actifs "pas encore mis en service", passés de 40 à 122 MdsUSD en deux ans, ainsi que certains placements financiers, Inferential Investor estime que le ROIC incrémental ajusté au capital productif est remonté de 31% au premier trimestre à 38% au deuxième.

Le cas Alphabet suggère donc que ces investissements massifs restent à ce stade économiquement rationnels. Les publications prochaines de Microsoft, Amazon et Meta permettront toutefois de déterminer si cette discipline est propre à Google ou si elle s'étend à l'ensemble du secteur.

Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

Valeurs associées

319,7400 USD NASDAQ +0,65%

Cette analyse a été élaborée par AOF et diffusée par BOURSORAMA le 24/07/2026 à 21:00:00.

Agissant exclusivement en qualité de canal de diffusion, BOURSORAMA n'a participé en aucune manière à son élaboration ni exercé aucun pouvoir discrétionnaire quant à sa sélection. Les informations contenues dans cette analyse ont été retranscrites « en l'état », sans déclaration ni garantie d'aucune sorte. Les opinions ou estimations qui y sont exprimées sont celles de ses auteurs et ne sauraient refléter le point de vue de BOURSORAMA. Sous réserves des lois applicables, ni l'information contenue, ni les analyses qui y sont exprimées ne sauraient engager la responsabilité BOURSORAMA. Le contenu de l'analyse mis à disposition par BOURSORAMA est fourni uniquement à titre d'information et n'a pas de valeur contractuelle. Il constitue ainsi une simple aide à la décision dont l'utilisateur conserve l'absolue maîtrise.

BOURSORAMA est un établissement de crédit de droit français agréé par l'Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (« ACPR ») et par l'Autorité des Marchés Financiers (« AMF ») en qualité de Prestataire de services d'investissement et sous la surveillance prudentielle de la Banque Centrale Européenne (« BCE »).

Conformément à la réglementation en vigueur, BOURSORAMA établit et maintient opérationnelle une politique de gestion des conflits d'intérêts et met en place des mesures administratives et organisationnelles afin de prévenir, identifier et gérer les situations de conflits d'intérêts eu égard aux recommandations d'investissement diffusées. Ces règles contiennent notamment des dispositions relatives aux opérations financières personnelles afin de s'assurer que les collaborateurs de BOURSORAMA ne sont pas dans une situation de conflits d'intérêts lorsque Boursorama diffuse des recommandations d'investissement.

Le lecteur est informé que BOURSORAMA n'a aucun conflit d'intérêt pouvant affecter l'objectivité des analyses diffusées. A ce titre, le lecteur est informé qu'il n'existe pas de lien direct entre les analyses diffusées et les rémunérations variables des collaborateurs de BOURSORAMA. De même, il n'existe pas de liens financiers ou capitalistiques entre BOURSORAMA et les émetteurs concernés, en dehors des engagements contractuels pouvant régir la fourniture du service de diffusion.

Il est rappelé que les entités du groupe Société Générale, auquel appartient BOURSORAMA, peuvent procéder à des transactions sur les instruments financiers mentionnés dans cette analyse, détenir des participations dans les sociétés émettrices de ces instruments financiers, agir en tant que teneur de marché, conseiller, courtier, ou banquier de ces instruments, ou être représentées au conseil d'administration de ces sociétés. Ces circonstances ne peuvent en aucune manière affecter l'objectivité des analyses diffusées par BOURSORAMA.

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

valeur

dernier

var.

98,4 -2,61%
8 372,28 +0,88%
27,58 +4,08%
75,9 -0,37%
Or
4 055,93 +0,18%
Chargement...