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Les températures extrêmes menacent les objectifs sur le climat-BP
Reuters11/06/2019 à 17:24

    * La demande d'énergie a augmenté en 2018 au rythme le plus
rapide
depuis 2010
    * Les émissions de carbone à leur rythme le plus élevé
depuis 2011
    * Le "mix énergétique" inchangé malgré la hausse des
renouvelables

    par Ron Bousso
    LONDRES, 11 juin (Reuters) - Les températures extrêmes dans
le monde ont entraîné une forte accélération de la demande
d'énergie et des émissions de carbone, a déclaré mardi le géant
pétrolier britannique BP  BP.L , tirant ainsi la sonnette
d'alarme sur le fait que le monde risque de perdre la bataille
contre le changement climatique.
    Malgré une nouvelle accélération en 2018 dans les énergies
renouvelables comme l'éolien et le photovoltaïque, la poursuite
de la croissance de la consommation de pétrole, de gaz et de
charbon a globalement maintenu le "mix" énergétique mondial à un
niveau "désespérément" inchangé, écrit Spencer Dale, économiste
chez BP dans le rapport statistique 2019 du groupe sur l'énergie
dans le monde.
    La hausse de 2,9% de la demande d'énergie en 2018, le taux
le plus élevé depuis 2010, porte un coup dur aux efforts
entrepris dans le monde pour respecter l'accord sur le climat
signé à Paris en 2015 lors de la COP21 visant à limiter le
réchauffement climatique en réduisant fortement les émissions de
carbone d'ici la fin du siècle.
    La Chine, l'Inde et les Etats-Unis ont compté pour les deux
tiers environ de la croissance de la demande d'énergie. Aux
Etats-Unis, la demande a augmenté de 3,5%, le rythme le plus
rapide en 30 ans après une décennie de baisse.
    La hausse de la consommation d'énergie entraîne
mécaniquement une augmentation des émissions de gaz à effet de
serre liées à l'utilisation de combustibles fossiles, qui
représentent environ les deux tiers du total des émissions. Ces
émissions ont augmenté de 2% l'an dernier.
    "Il est évident que nous sommes sur une trajectoire instable
car les émissions de carbone augmentent à leur rythme le plus
rapide depuis 2011", a déclaré Spencer Dale lors d'un point
presse avant la publication du rapport.
       
    BP et d'autres géants pétroliers font face à une pression
croissante des investisseurs et des organisations écologiques
pour parvenir aux objectifs de l'accord de Paris sur le climat.
    Le groupe londonien a décidé d'être plus transparent sur ses
émissions et s'est fixé des objectifs pour les réduire, mais les
investisseurs et les militants écologistes estiment qu'il doit
en faire davantage. 
    
    HAUSSE DES COMBUSTIBLES FOSSILES
    La consommation d'énergie a toujours été étroitement liée à
la conjoncture économique. Le ralentissement de l'activité
économique l'an dernier n'a cependant pas suffi pour faire
baisser la demande d'énergie qui a été stimulée par une forte
augmentation des journées exceptionnellement chaudes et froides
dans le monde, notamment en Chine, aux Etats-Unis et en Inde.
Ces températures anormales ont entraîné une hausse de la
consommation des radiateurs et des climatiseurs. 
    Le nombre réuni de journées de chauffage et de climatisation
aux Etats-Unis l'an dernier a ainsi été le plus élevé depuis les
années 1950, a précisé BP.
    "Il existe un décalage croissant entre les demandes de la
société en matière de lutte contre le changement climatique et
le rythme actuel des progrès", a déclaré Spencer Dale.
    
    
    Le rapport de BP montre également une augmentation de la
production de pétrole et de gaz, essentiellement en raison du
développement spectaculaire des gisements de schiste aux
Etats-Unis, notamment dans le bassin permien, situé dans l'ouest
du Texas et au Nouveau-Mexique.
    L'offre mondiale de pétrole a augmenté de 2,2 millions de
barils par jour (bpj), soit plus du double de sa moyenne
historique.
    La production américaine a représenté près de la moitié de
la hausse sans précédent des livraisons mondiales de gaz
naturel, qui ont augmenté de 5% en 2018.
  
  
    Les énergies renouvelables ont progressé de 14,5%, un taux
proche de leur croissance record enregistrée en 2017. La part
des énergies renouvelables, qui représente environ un tiers du
total de la production d'énergie, est cependant restée
pratiquement inchangée.
    

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Oil production - BP    https://tmsnrt.rs/2R20i9H
Gas production increases -BP    https://tmsnrt.rs/2WYrT10
Primary energy growth -BP    https://tmsnrt.rs/2X6n1qQ
World Energy in 2018 png    https://tmsnrt.rs/2R8uXCu
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Claude Chendjou pour le service français, édité par Benoît Van
Overstraeten)
 

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