La BCE illuminée pour l'anniversaire de l'euro en 2021. (Crédits: BCE)
par Francesco Canepa
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait relever ses taux d'intérêt une nouvelle fois dès le mois prochain si de nouveaux signes indiquaient que l'inflation s'étend au-delà du secteur énergétique, a déclaré à Reuters Pierre Wunsch, membre du Conseil des gouverneurs de l'institution.
La BCE a relevé la semaine dernière ses taux d'intérêt pour la première fois en près de trois ans, précisément dans l'espoir de freiner l'inflation avant que la flambée des prix du pétrole en lien avec la guerre en Iran ne se propage plus largement dans l'économie.
Depuis lors, un accord provisoire entre Washington et Téhéran a entraîné un net recul des cours du brut, apaisant les pires craintes d'une crise inflationniste prolongée.
Pierre Wunsch, également gouverneur de la Banque nationale de Belgique et considéré comme un "faucon" — partisan d'une politique monétaire favorable à une hausse des taux —, avertit toutefois que la banque centrale pourrait encore devoir relever à nouveau ses coûts d'emprunt d'ici peu si l'inflation venait à toucher des secteurs tels que celui des services.
"Nous avons eu un chiffre peu réjouissant concernant l'inflation des services", a-t-il déclaré lors d'un entretien accordé jeudi à Reuters.
L'inflation dans la zone euro s'est encore accélérée en mai, restant ainsi bien au-dessus de la cible de 2% de la BCE, avec les prix des services grimpant à 3,5% en mai, contre 3,0% un mois plus tôt.
"Si cette tendance se confirme, il faudrait peut-être relever les taux de 25 points de base supplémentaires par mesure de prudence, puis les abaisser lorsque la dynamique s'inversera", a-t-il ajouté.
Des sources ont dit à Reuters que les responsables estimaient qu'un relèvement était plus probable en septembre qu'en juillet, à moins d'une nouvelle flambée des prix du pétrole.
Pierre Wunsch ne serait favorable à une attente que si les données s'avéraient peu concluantes, et il souligne la nécessité de surveiller l'inflation dans les secteurs qui ne sont pas directement liés à l'énergie, ainsi que les salaires.
Il estime également que la BCE pourrait aller au-delà de son mantra selon lequel elle prend ses décisions "réunion après réunion" en fonction des données, affirmant que "à un moment donné, cela n'aura plus aucun sens".
L'économie de la zone euro subit probablement actuellement un choc inflationniste d'ampleur modérée, qui nécessite une réponse mesurée en matière de politique monétaire, a déclaré vendredi Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne, une semaine seulement après que celle-ci a relevé ses taux d'intérêt.
Philip Lane, chef économiste de la BCE, a quant à lui déclaré vendredi que l'économie de la zone euro était probablement confrontée à un choc inflationniste d'ampleur modérée, qui nécessite une réponse mesurée en matière de politique monétaire.
"Il s'agit d'un choc ni trop important, ni trop persistant, mais auquel on réagit par une politique monétaire mesurée ; c'est peut-être là où nous en sommes actuellement...Nous ne sommes pas encore tout à fait dans ce scénario de forte perturbation (inflationniste)", a-t-il dit.
(Francesco Canepa et Mathieu Rosemain, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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