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L'Europe finit en baisse, l'IA fait plonger le Nasdaq de 3%
information fournie par Reuters 30/10/2026 à 18:04

* En Europe, le CAC 40 a fini presque stable, le Stoxx 600 a perdu 0,38%

* Wall Street dans le rouge à mi-séance, Intel abandonne près de 30%

* Le PIB de la France se contracte au T3, Lescure évoque une économie "à l'arrêt"

par Diana Mandia

Les Bourses européennes ont terminé stables ou en baisse vendredi, affectés par une recrudescence de l'aversion au risque dans le secteur technologique, particulièrement perceptible à New York, tandis que la dette souveraine française est restée sous pression après une contraction inattendue du PIB de la deuxième économie de la zone euro.

À Paris, le CAC 40 .FCHI a fini quasi inchangé (-0,01%) à 7.969,42 points. À Francfort, le Dax .GDAXI a reculé de 0,85% et à Londres, le FTSE 100 .FTSE grappillé 0,07%.

L'indice EuroStoxx 50 .STOXX50E a abandonné 1,23%, le FTSEurofirst 300

.FTEU3 0,40% et le Stoxx 600 .STOXX 0,38%.

Sur la semaine, le CAC 40 gagne 2,40% et le Stoxx 600 1,71%.

La dernière séance du mois s'achève sur une recrudescence des inquiétudes concernant l'IA, les résultats des grandes entreprises américaines ayant conduit les investisseurs à constater, une fois de plus et avec méfiance, que la course à cette technologie pèse sur les flux de trésorerie et fait gonfler les dépenses d'investissement.

Peu après la clôture des places européennes, le Nasdaq Composite .IXIC reculait de 3% à Wall Street et Intel INTC.O plongeait de près de 30%, faisant reculer dans son sillage les actions du reste des fabricants de puces, tels que Nvidia NVDA.O (-4,3%), AMD AMD.O (-11%), Qualcomm QCOM.O (-11%) ou encore Broadcom AVGO.O (-5,7%). L'indice des semi-conducteurs de Philadelphie .SOX perdait quant à lui 8%.

L'impact de ces ventes a été, comme on pouvait s'y attendre, moins marqué en Europe, mais le secteur technologique du Stoxx 600 .SX8P a tout de même été l'un des moins performants vendredi (-2,76%), pénalisé également par les actions des groupes liés aux semi-conducteurs.

"Les investisseurs veulent désormais savoir quand ces dépenses rapporteront, et comment elles seront financées", écrit dans une note Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K.

Il ajoute que le contexte de la politique monétaire influe également sur ces nouvelles craintes : si la Réserve fédérale (Fed) a maintenu ses taux inchangés mercredi, les marchés continuent d'anticiper un nouveau relèvement des coûts d'emprunt en décembre.

"Or une part croissante des investissements dans l'IA est financée par la dette. Plus le crédit coûte cher, plus ces dépenses sont difficiles à justifier", dit-il.

Les principales banques centrales, notamment la Fed et la Banque centrale européenne (BCE), ont marqué une pause cette semaine dans leur cycle de relèvement de leurs taux d'intérêt, même si les prix de l'énergie toujours élevés les amèneront probablement à reprendre leur politique de resserrement en décembre.

"L'inflation devant rester supérieure à l'objectif pendant une période prolongée et les risques étant orientés à la hausse, de nouvelles hausses des taux directeurs pourraient s'avérer nécessaires", a déclaré vendredi Fabio Panetta, gouverneur de la Banque d'Italie.

Des sources ont toutefois dit à Reuters que Francfort pourrait opter pour une pause après sa hausse de décembre, étant donné que le resserrement des conditions de crédit pourrait freiner la croissance, un avertissement que la banque centrale elle-même a inclus dans son communiqué de politique monétaire publié jeudi.

La flambée des coûts d'emprunt est particulièrement marquée en France, où le rendement de l'OAT à 10 ans FR10YT=RR , contrairement à son homologue allemand, a continué à progresser vendredi, frôlant à nouveau le seuil symbolique de 5%.

L'économie française a connu une contraction inattendue au troisième trimestre, ce qui ne contribue pas à rassurer les investisseurs, qui voient déjà d'un mauvais oeil les déficits élevés de la deuxième économie de la zone euro et la forte polarisation politique à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

L'attention des marchés devrait se tourner la semaine prochaine vers les élections de mi-mandat aux États-Unis, qui définiront le paysage politique américain pour les deux prochaines années.

VALEURS

Sanofi SASY.PA , qui a rehaussé ses objectifs annuels, a grimpé de 4,7%, ce qui en fait l'une des valeurs les plus performantes du CAC 40 vendredi.

Vivendi VIV.PA s'est pour sa part octroyé 6,9%, au gré des résultats d'UMG

UMG.AS (+7,8%), qui a publié une croissance de son chiffre d'affaires lié aux abonnements dépassant les attentes au troisième trimestre.

Capgemini CAPP.PA a pris 3,7% après avoir relevé ses objectifs financiers annuels, l'entreprise française de services informatiques citant la dynamique commerciale et les "gisements de valeurs" créés par l'IA.

Le groupe spécialisé dans la production et la transformation des minéraux industriels Imerys IMTP.PA s'est quant à lui envolé de plus de 13% après avoir relevé jeudi soir ses perspectives.

Ailleurs en Europe, Puma PUMG.DE a avancé de 5,5% alors que le fabricant allemand de vêtements de sport a ajusté son objectif de perte d'exploitation, tout en publiant un chiffre d'affaires légèrement supérieur aux attentes.

A WALL STREET

Le Nasdaq évolue vendredi à son plus bas niveau depuis près de trois mois, le plan d'investissement d'Amazon et l'avertissement d'Intel sur sa consommation de trésorerie venant aggraver les inquiétudes quant aux dépenses colossales engagées par les grandes entreprises dans le domaine de l'IA.

A l'heure de la clôture en Europe, le Dow Jones .DJI perdait 0,81% et le Standard & Poor's 500 .SPX 1,71%.

Le Nasdaq 100 .NDX , dominé par la technologie, devrait perdre plus de 2.000 milliards de dollars en capitalisation boursière en ce mois d'octobre qui touche à sa fin.

LES INDICATEURS DU JOUR

En France, l'inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH) a accéléré plus que prévu, ressortant à 3,8% sur un an en octobre, montrent les données préliminaires publiées vendredi par l'Insee.

Les dépenses de consommation des ménages en biens dans la deuxième économie de la zone euro ont quant à elles reculé de façon inattendue sur un mois en septembre.

En Allemagne, l'inflation IPCH a ralenti plus que prévu, à 2,8%, sur un an en octobre, premier mois de la baisse de la taxe sur les carburants décidée par le gouvernement, tandis que le produit intérieur brut (PIB) a progressé un peu plus que prévu au troisième trimestre, même si les économistes soulignent que la croissance a continué de dépendre dans une large mesure des dépenses publiques.

Sur l'ensemble de la zone euro, la croissance économique a décéléré de façon moins marquée que prévu (+0,4%) au troisième trimestre, selon les données publiées vendredi par Eurostat, qui montrent une résistance aux pressions liées aux prix élevés de l'énergie et une bonne tenue des investissements et de la consommation.

TAUX

L'aversion au risque pousse les opérateurs vers les bons du Trésor américain, considérés comme des valeurs refuges, ce qui entraîne une baisse de leur rendement.

Celui des Treasuries à dix ans US10YT=RR cède 5 points de base à 4,9371%, tandis que celui du titre à deux ans US2YT=RR perd 5,6 points de base à 4,600%.

Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans DE10YT=RR a perdu près de 4 points de base à 3,3194%. Le deux ans DE10YT=RR a clôture la séance sur un recul de 3,2 points de base à 3,0193%.

CHANGES

Le dollar s'affaiblit alors que les rendements des obligations américaines reculent dans un contexte d'aversion au risque, perdant 0,17% face à un panier de devises de référence .DXY

L'euro perd 0,13% pour s'établir à 1,1163 dollar.

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont en passe d'enregistrer une quatrième hausse mensuelle consécutive, les opérateurs craignant une nouvelle escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran après les élections de mi-mandat, tandis qu'une nouvelle attaque contre un pétrolier dans le détroit d'Ormuz a mis en évidence les risques persistants pesant sur l'approvisionnement.

Le Brent LCOc1 gagne 2,33% à 117,56 dollars le baril, proche d'un pic depuis avril dernier, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) CLc1 2,35% à 104,40 dollars.

MÉTAUX

L'or a atteint vendredi son plus bas niveau depuis un an, à 3.895 dollars l'once, et l'argent est passé sous la barre des 50 dollars l'once pour la première fois depuis novembre 2025, la hausse persistante des prix de l'énergie renforçant les anticipations d'un maintien des taux d'intérêt à un niveau élevé, ce qui réduit l'attrait de ces métaux précieux qui n'offrent aucun rendement.

A SUIVRE LE 2 NOVEMBRE : nL5N46G1L3

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Jean-Stéphane BRosse)

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