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GB-Début de la campagne pour la succession de Theresa May
information fournie par Reuters10/06/2019 à 13:45

    * Le favori Boris Johnson promet des réductions d'impôt
    * Dominic Raab critique l'entêtement de Bruxelles
    * Sajid Javid souligne la nécessité d'un accord 
    * Andrea Leadsom pour une "sortie contrôlée" de l'Union   

 (Précisions, déclarations de Johnson, Raab, Hunt, Leadsom,
Javid)
    par William James et Elizabeth Piper
    LONDRES, 10 juin (Reuters) - Les principaux candidats à la
tête du Parti conservateur britannique, et donc au poste de
Premier ministre, ont lancé lundi leur campagne officielle pour
succéder à Theresa May et mener à bien le Brexit.
    Le grand favori, l'ancien ministre des Affaires étrangères
Boris Johnson, s'est engagé à réduire les impôts des classes
moyennes et supérieures.
    Sa promesse de relever de 50.000 livres (56.000 euros) à
80.000 livres (près de 90.000 euros) par an le seuil à partir
duquel les travailleurs commencent à payer 40% d'impôt sur le
revenu fait lundi la une de la presse britannique.
    Le coût de cette mesure est estimé à 9,6 milliards de livres
(10,8 milliards d'euros) par an, et serait financé par l'argent
mis de côté dans le budget pour faire face aux conséquences du
Brexit, rapporte le Daily Telegraph.
    Onze candidats espèrent succéder à Theresa May à la tête du
Parti conservateur dont celle-ci a officiellement démissionné
vendredi, n'ayant pas réussi à fédérer les Britanniques derrière
son plan de sortie de l'Union européenne.
    Les candidats doivent être soutenus par huit autres
parlementaires conservateurs, un seuil quatre fois plus élevé
que par le passé. Les parlementaires conservateurs procéderont
ensuite à plusieurs tours de scrutin pour réduire le nombre de
candidats.
    Outre Boris Johnson, partisan d'un durcissement des
négociations avec Bruxelles et d'un Brexit d'ici au 31 octobre
quelles que soient les circonstances, le chef de la diplomatie
britannique Jeremy Hunt, partisan d'une approche plus souple
vis-à-vis de Bruxelles, figure parmi les favoris.
    Lundi, Jeremy Hunt a dit espérer un nouvel accord avec l'UE,
ajoutant que si cela n'était pas possible, il quitterait sans
accord l'Union "le coeur lourd".
    "D'après mes conversations avec les dirigeants européens, il
est clair pour moi qu'un accord doit être conclu, ils veulent
que nous formulions des propositions", a-t-il dit.
    Dominic Raab, qui défend une ligne dure, mène sa campagne
sur le thème: "Bâtir une Grande-Bretagne plus juste".
    
    JOHNSON MENACE DE NE PAS PAYER LA FACTURE DU BREXIT
    Il a déclaré lundi que le Royaume-Uni devrait quitter l'UE
le 31 octobre même si cela signifie un retour aux règles de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
    "Nous ne serons pas pris au sérieux à Bruxelles si on ne dit
pas clairement que nous nous en tiendrons aux conditions de
l'OMC au cas où l'UE refuserait de bouger", a-t-il dit.
    Il a cependant dit souhaiter un accord afin d'assurer le
Brexit d'ici la fin octobre.
    "Je suis le Brexiter sur lequel vous pouvez compter. Je veux
un accord mais si l'obstination de l'UE nous force à partir (aux
conditions de l'OMC) nous pourrions puiser dans les 39 milliards
de livres budgétisés pour l'accord de Brexit pour aider les
entreprises à traverser ce qui constitue sans aucun doute une
transition", a-t-il poursuivi.
    Matt Hancock, qui exclut de quitter l'UE sans accord, a
promis quant à lui un "nouveau départ" pour le pays, avec une
campagne favorable aux entreprises, visant à atteindre de
nouveaux électeurs chez les jeunes.
    Andrea Leadsom a proposé, elle, "une sortie contrôlée" de
l'UE" et le ministre de l'Intérieur Sajid Javid a souligné que
sa priorité était un Brexit avec accord.
    Boris Johnson a menacé ce week-end de ne pas payer la
facture du Brexit s'il devient Premier ministre, dans le but
d'obtenir un meilleur accord de sortie de l'Union européenne, ce
qui lui a valu dimanche une réponse cinglante de la France.
 
    "Je pense que nos amis et partenaires doivent comprendre que
l'argent sera conservé jusqu'à ce que nous soyons plus au clair
sur ce qui nous attend. Pour obtenir un bon accord, l'argent est
un excellent solvant et un très bon lubrifiant", a-t-il déclaré
au Sunday Times.
    La "facture du Brexit" correspond à la part des engagements
financiers que Theresa May a accepté en décembre de verser aux
prochains budgets européens, soit une somme de 35 à 39 milliards
de livres (39 à 44 milliards d'euros).
    Ne pas acquitter cette "facture", c'est comme faire défaut
sur sa dette souveraine, a estimé la France.
              
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 (Avec Guy Faulconbridge et Michael Holden; Arthur Connan et Guy
Kerivel pour le service français)
 

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