La première participation de l’Irak à une Coupe du monde depuis 40 ans s’est conclue par une douloureuse leçon, mais elle pourrait être davantage retenue pour les enseignements qu’elle a livrés que pour ses trois défaites, en mettant en lumière les progrès encore nécessaires pour que la sélection retrouve rapidement la grande scène du football mondial.
Après avoir mis fin à quatre décennies d’absence en phase finale, l’Irak s’est retrouvé confronté à l’un des groupes les plus difficiles du tournoi, aux côtés de l’ancienne championne du monde, la France, de la Norvège et du Sénégal, poids lourd africain.
La tâche s’est avérée trop difficile. L'Irak a été éliminé sans avoir pris le moindre point après avoir subi des défaites face à toutes ces équipes, encaissant 12 buts. La défaite de vendredi face aux Sénégalais (5-0) a été aggravée par un carton rouge reçu dès le début du match, qui a contraint l'équipe de Graham Arnold à jouer à 10 pendant plus de 75 minutes.
Pour autant, réduire cette campagne à ses seuls résultats reviendrait à négliger l’importance du retour des Lions de la Mésopotamie sur la scène mondiale et les questions plus larges qu’il soulève quant à l’avenir du football en Irak.
Graham Arnold, qui a pris les rênes il y a un an et a hissé l’Irak en Coupe du monde, estime que les bases d’un progrès durable sont là, mais que la prochaine étape dépendra davantage d’investissements que d’inspiration.
"L’Irak a des fans et des supporters fantastiques. Ils sont animés par les bonnes intentions", a déclaré l’Australien avant le dernier match de groupe.
"Je pense qu’un soutien pourrait être apporté pour les ressources et les infrastructures d’entraînement, afin de créer une académie et d’améliorer la formation des jeunes ainsi que les compétitions de clubs."
"C'ÉTAIT UN RÊVE"
Son analyse reflète une réalité qui s’est manifestée tout au long du tournoi. Les joueurs irakiens ont fait preuve d’engagement et de discipline pendant de longues périodes, face à des adversaires en grande partie issus des meilleurs championnats européens et habitués au football de très haut niveau.
Pour le milieu de terrain Kevin Yakob, ce tournoi est un triomphe personnel, quels qu’en soient les résultats.
"Il y a un an, je ne savais pas si je pourrais encore jouer au football. J’ai été absent pendant plus de deux ans, et c’était ce rêve que je caressais chaque jour qui m’a permis de tenir le coup", a-t-il dit.
La capacité de l’Irak à s’installer durablement au sein de l’élite dépendra de sa faculté à tirer parti des enseignements du tournoi et à les traduire par des investissements pérennes dans les joueurs et les infrastructures que Graham Arnold juge indispensables au développement du football irakien.
(Reportage Hatem Maher, Divya Rajagopal et Frank Pingue; version française Zakarya Meliani)

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