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Commerzbank ouvre des discussions avec UniCredit qui la contrôle "de fait", selon sa présidente
information fournie par Boursorama avec AFP 06/08/2026 à 14:22
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Commerzbank entame les discussions avec UniCredit pour définir l'avenir de la banque allemande, selon sa présidente qui a jugé jeudi l’établissement dans une position solide au moment où le groupe italien en prend "de fait" le contrôle.

( AFP / DANIEL ROLAND )

( AFP / DANIEL ROLAND )

La banque francfortoise a publié jeudi ses résultats du deuxième trimestre, en forte hausse, avec un bénéfice net qui a presque doublé sur un an, à 898 millions d'euros, tandis que son résultat semestriel a atteint le niveau record de 1,8 milliard d'euros.

D'avril à juin, ses revenus ont progressé de 9% sur un an, à 3,3 milliards d'euros, portés notamment par la hausse des commissions.

Des discussions avec les principaux actionnaires ont lieu à chaque publication de résultats financiers et Andrea Orcel, président d'UniCredit, devait ces jours-ci participer aux échanges, selon Bettina Orlopp, présidente du directoire de Commerzbank.

Les échanges entres les deux établissements ont de fait démarré depuis octobre 2024, peu après l'irruption subite d'UniCredit dans le capital de la deuxième banque allemande, et ont été "constructifs et professionnels", a rappelé Mme Orlopp lors d'une conférence de presse.

Mais en s'adressant auparavant aux analystes financiers, elle a reconnu jeudi que la situation avait changé depuis le succès de l'offre d'UniCredit, lancée au printemps et dont le résultat est "sans équivoque".

UniCredit s'est assuré près de 50% des droits de vote, malgré un très faible soutien des actionnaires indépendants, avec seulement 2,7% des investisseurs institutionnels et particuliers qui ont apporté leurs titres à une offre au demeurant peu attractive.

Reste qu'UniCredit "dispose ainsi d'un contrôle de fait" et les deux banques doivent désormais déterminer ensemble "ce qui est possible et ce qui ne l'est pas", dans le respect des intérêts des actionnaires minoritaires, selon Mme Orlopp.

Interrogée sur d'éventuelles lignes rouges dans les discussions à venir, la patronne de Commerzbank s'est refusée à entrer dans ce débat. "Je ne crois pas beaucoup aux lignes rouges", a-t-elle répondu, estimant que l'essentiel était que les deux établissements poursuivent leurs échanges, en informant le marché "lorsqu'elles auront des annonces à faire".

"Position de force"

Mme Orlopp a en revanche cherché à asseoir la position de négociation de Commerzbank en mettant en avant ses performances financières. "Nous sommes la Commerzbank la plus forte que nous n'ayons jamais été", a-t-elle affirmé.

La banque met aussi en avant son rôle central dans le financement des PME allemandes à l'international, tandis que M. Orcel voudrait tailler dans ce réseau et recentrer la banque sur l'Allemagne.

"C'est cette position de force que nous entendons utiliser dans l'intérêt de toutes nos parties prenantes", qui incluent l'Etat allemand, actionnaire à 12%, les autres minoritaires et les quelque 38.000 salariés de la banque, a-t-elle martelé.

La dirigeante a également tenu à rappeler que le pouvoir du nouvel actionnaire majoritaire resterait limité sur certains sujets clés.

"Le cadre juridique est clair. Les changements structurels, comme un contrat de domination, nécessitent une majorité qualifiée d'au moins 75% des voix lors de notre assemblée générale", a-t-elle expliqué.

Un "squeeze-out", soit un retrait obligatoire des derniers actionnaires minoritaires moyennant indemnisation, suppose d'aller encore plus loin dans le contrôle du capital.

Mme Orlopp estime ainsi qu'un passage sous pavillon italien de Commerzbank, 156 ans après sa création, va nécessiter encore du temps.

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