Chevron CVX.N a dépassé vendredi les attentes des analystes au deuxième trimestre, enregistrant son bénéfice le plus élevé depuis au moins six ans, la flambée des prix du pétrole liée au conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran ayant dopé les résultats des grandes compagnies pétrolières.
Le bénéfice ajusté a atteint 12 milliards de dollars, soit 6,06 dollars par action, dépassant l'estimation moyenne des analystes de 5,56 dollars par action (5,27 euros par action), selon les données LSEG.
Chevron rejoint TotalEnergies TTEF.PA et Shell SHEL.L parmi les majors ayant profité de la hausse des prix du pétrole au deuxième trimestre.
"Malgré toute l'incertitude géopolitique et la volatilité des marchés auxquelles nous faisons toujours face, nous continuons à fournir l'énergie fiable dont le monde a besoin", a déclaré Eimear Bonner, directrice financière de Chevron, lors d'un entretien.
Deuxième plus grand producteur de pétrole américain derrière ExxonMobil, Chevron dispose d'une exposition plus limitée au Moyen-Orient que certains de ses concurrents. Cette situation lui a permis de profiter de la hausse des cours du brut sans subir les importantes perturbations de production qui ont affecté ses rivaux comme Exxon et TotalEnergies.
Le bénéfice de l'activité d'exploration-production ("upstream") s'est élevé à 8,2 milliards de dollars, en hausse de 200% sur un an. Le prix du Brent a progressé de 23% au deuxième trimestre par rapport aux trois premiers mois de l'année, alors que le trafic maritime à travers le détroit d'Ormuz est resté limité.
La production a atteint 4 millions de barils équivalent pétrole par jour (bep/j) au deuxième trimestre, contre 3,85 millions de bep/j au premier trimestre. La production aux États-Unis, concentrée sur le bassin permien et la région offshore du golfe du Mexique, a établi un nouveau record à 2,08 millions de bep/j.
Chevron a indiqué s'attendre à ce que ses coûts de production dans le pétrole de schiste américain soient inférieurs de 25% par baril cette année par rapport à 2025, grâce aux gains d'efficacité.
Les bénéfices de l'activité aval ("downstream") ont également atteint leur plus haut niveau depuis le début de la décennie, à 4,9 milliards de dollars, soutenus par un niveau record de traitement dans les raffineries américaines. Les faibles stocks mondiaux de carburants et le conflit au Moyen-Orient ont propulsé les marges de raffinage à des niveaux records.
Cette envolée des profits pourrait susciter de nouvelles critiques du président américain Donald Trump, qui a accusé les groupes pétroliers le mois dernier de pratiquer des prix "abusifs" et les a exhortés à faire davantage pour faire baisser les prix de l'essence.
DIVIDENDES ET RACHATS D'ACTIONS MAINTENUS
Chevron a racheté pour 3 milliards de dollars de ses propres actions au deuxième trimestre et a versé 3,5 milliards de dollars de dividendes, un montant identique à celui du trimestre précédent.
Selon Eimear Bonner, le groupe maintient son objectif annuel de rachats d'actions compris entre 10 milliards et 20 milliards de dollars et reste concentré sur le renforcement de son bilan à long terme.
"L'énergie est un secteur cyclique et nous devons être capables de traverser tous les cycles. Nous ne changeons pas de cap pour un seul trimestre", a-t-elle déclaré.
(Sheila Dang ; version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

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