Bjr à tous
Souvent ces derniers temps j'ai mis des posts parlant d'Oracle ..... cela continue
Jusqu'à une date relativement récente, le marché escamotait systématiquement les vents contraires qui abîmaient la thématique de l'intelligence artificielle. C'est terminé. Depuis trois mois, la "bulle IA" a détrôné le choc économique induit par Donald Trump de la première place des craintes des grands investisseurs. La dernière enquête mensuelle de Bank of America auprès des principaux gérants mondiaux montre aussi qu'être long sur les Sept Magnifiques (Nvidia, Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta et Tesla) est toujours le pari le plus embouteillé de la planète finance. Les deux informations, peur sur l'IA et passion pour la big tech, sont plutôt antinomiques, ce qui s'explique par l'attrait passionnel que continuent d'exercer les hyperscalers, ces géants supposément capables de plier la partie sur l'IA en devenant les ogres du futur après avoir été ceux du début du XXIe siècle.
Ce qui a changé depuis quelques semaines, c'est que les gens qui ont déjà gagné beaucoup d'argent en investissant dans l'IA ont pris le temps de souffler et de s'interroger sur les fondamentaux du secteur. Et ce qu'ils ont vu ne leur a pas beaucoup plu. Ainsi ils ont commencé à être plus sélectifs, tout en continuant à rester exposés : ce ne sont pas des perdreaux de l'année, ils savent qu'ils peuvent encore profiter de l'inertie du paquebot. Mais la marée est un peu redescendue. Le débit des vannes a été réduit. Le corollaire de tout ça, c'est une vigilance accrue envers ce que les Américains appellent les red flags, et nous des voyants qui virent au rouge.
La journée boursière d'hier était tout à fait symptomatique de cet état d'esprit. Le Financial Times a révélé que le fonds Blue Owl a renoncé à partir avec Oracle pour financer un centre de données aux Etats-Unis. Le groupe de Larry Ellison avait déjà vacillé quelques jours avant, à l'annonce par Bloomberg de retards potentiels dans la livraison de centres de données à OpenAI. Le pivot d'Oracle dans le cloud dédié à l'IA engloutit des sommes colossales et le marché doute de son intérêt économique, c'est aussi simple que ça. Le titre a perdu 40% en trois mois. OpenAI suscite aussi de la prudence de la part des investisseurs. La société serait valorisée 750 milliards de dollars aux dernières nouvelles, mais beaucoup de financiers y voient un dangereux château de cartes, dans lequel tout le ban et l'arrière-ban de la filière tech est investi. Certains pensent que la principale qualité du groupe de Sam Altman à l'heure actuelle n'est pas sa technologie, mais son réseau de bailleurs de fonds prestigieux de la Côte Ouest, qui l'ont rendu too big to fail, trop gros pour qu'on le laisse couler. Personne dans l'écosystème de l'IA, pas même les concurrents, n'a intérêt à interrompre le storytelling d'un nouvel eldorado technico-financier. Il vaut mieux remettre au pot, même si le modèle économique est douteux.
Ce qui n'empêche pas les doutes, puisque l'information Blue Owl / Oracle hier a fait décrocher brutalement le marché, jusqu'à entraîner le Nasdaq 100 en baisse de 1,9% en clôture. Oracle y a encore laissé des plumes -5,4%. La rébellion des valeurs technologiques américaines, mardi, n'était donc qu'un feu de paille. Le Nasdaq 100 accuse plus de 4% de passif en une semaine. Il a emporté avec lui le S&P 500 (-1,1%), lequel baisse pour la 4e journée de bourse consécutive. Le bon accueil réservé aux résultats du fabricant de mémoires Micron après la clôture américaine hier soir (+8% pour l'action) peine à dérider les investisseurs ce matin. Pour le dire autrement, la tech asiatique considère le verre à moitié vide Oracle plutôt que celui à moitié plein Micron.
Dans ce contexte, l'Europe vit plutôt bien. L'indice Stoxx Europe 600 a mieux tenu le choc que son homologue américain. Ils sont d'ailleurs désormais sur une performance brute identique en 2025 : +14,2%. En net, avantage à l'indice européen, dont les membres sont plus généreux en dividendes : +17,3% depuis le 1er janvier.
Cette séance de jeudi sera dominée par trois séries d'événements. D'abord, les décisions de la BCE et de la Banque d'Angleterre sur leurs taux respectifs. Il n'y a pas beaucoup de suspense : la BCE va laisser ses taux inchangés et la BOE va les réduire d'un quart de point. Juste après, le marché va prendre connaissance de l'inflation de novembre aux Etats-Unis, une statistique ultra-importante pour valider la trajectoire des taux américains. Enfin, le calendrier des résultats d'entreprises est plutôt chargé pour la saison : Accenture, Nike et Fedex apporteront des informations sur l'état du marché côté dépenses des consommateurs et des entreprises.
En Asie-Pacifique ce matin, les marchés riches en valeurs technologiques comme le Japon, la Corée du Sud, Taiwan et dans une moindre mesure la Chine perdent du terrain. L'Inde et l'Australie préservent de maigres gains. Les indicateurs avancés européens sont plutôt baissiers, mais sans excès.
On a bcp de soucis par ailleurs en France... le marcosur... les paysans trop de radicalité... ce n'est
pas bon du tout.
Je n'ai comme valeur en portif c'est Emesis... un peu verte.... un peu rouge... cela dépend
des jours...tout à l'heure si cela me prend je vais la vendre..
Bonne journée à tous