Volkswagen VOWG_p.DE a déclaré vendredi ne plus s'attendre à enregistrer une croissance cette année, renonçant à sa prévision précédente et ouvrant la voie à une restructuration profonde visant à protéger le constructeur allemand contre des droits de douane coûteux et une concurrence chinoise de plus en plus intense.
La révision des objectifs a été annoncée à l'occasion de la publication des résultats du deuxième trimestre du groupe, qui a fait état d'une chute de 9,5% de son bénéfice, alors que le président du directoire Oliver Blume prône une restructuration du numéro deux mondial de l'automobile qui inclut 100.000 suppressions d'emplois.
Volkswagen table désormais sur une baisse de son chiffre d'affaires pouvant aller jusqu'à -3% cette année, contre une prévision précédente d'une croissance pouvant aller jusqu'à +3%, mais le groupe a maintenu ses anticipations sur la marge opérationnelle, attendue entre 4% et 5,5%.
A la Bourse de Francfort, vers 09h30 GMT, l'action cédait 0,34% à 73,60 euros, après avoir perdu 3% à l'ouverte des marchés et contre un gain de 0,84% pour le Dax .GDAXI au même moment.
BÉNÉFICE AU T2 INFÉRIEUR AUX ATTENTES
Le groupe allemand, qui détient entre autres Porsche
P911_p.DE et Audi, a publié un bénéfice d’exploitation de 3,5 milliards d’euros pour la période avril-juin.
Les analystes s’attendaient à une légère amélioration par rapport au même trimestre de l’année dernière, selon un consensus Visible Alpha.
Le chiffre d’affaires s’est établi à 82,4 milliards d’euros, au-dessus des attentes, pour une marge opérationnelle de 4,2%.
Volkswagen a réussi à compenser "des difficultés persistantes et inévitables se chiffrant en dizaines de milliards" au premier semestre 2026, a déclaré Oliver Blume.
"Dans le même temps, le contexte dans lequel évolue l’industrie automobile reste extrêmement difficile", a-t-il ajouté, évoquant les crises géopolitiques, les conflits commerciaux, les exigences réglementaires élevées, la volatilité des marchés et l’intensification de la concurrence.
Dans l’attente d’un bras de fer avec les représentants syndicaux concernant le projet de doublement des programmes de licenciements actuels et la fermeture éventuelle de quatre usines, le dirigeant s’est engagé à réduire la capacité de production mondiale et à diminuer la gamme de modèles du groupe de près de moitié.
Au premier semestre, les livraisons de Volkswagen ont baissé de 6,3%, en grande partie en raison des difficultés en Chine, où un ralentissement prolongé sur le plus grand marché automobile mondial a intensifié la concurrence entre marques locales et constructeurs étrangers.
En Amérique du Nord, cependant, le groupe a réussi à regagner un peu de terrain au deuxième trimestre.
(Rachel More, Version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer