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USA-Pour la Fed, il est encore trop tôt pour parler de sortie de crise
information fournie par Reuters 29/04/2021 à 06:00

* La politique monétaire américaine reste inchangée

* Le moment n'est pas venu de parler de la faire évoluer, dit Powell

* La conjoncture dépend toujours de la situation sanitaire

* Les rendements et le dollar reculent, record du S&P-500

(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée mercredi)

par Howard Schneider, Jonnelle Marte et Ann Saphir

WASHINGTON, 29 avril (Reuters) - La Réserve fédérale américaine a pris acte mercredi des progrès de la reprise économique et de la vaccination contre le COVID-19 aux Etats-Unis, tout en jugeant qu'il était trop tôt pour démanteler l'arsenal déployé depuis plus d'un an face à la crise du coronavirus.

"Il n'est pas encore temps" de commencer à débattre d'une éventuelle inflexion de la stratégie de la banque centrale, a déclaré son président Jerome Powell lors d'une conférence de presse, en expliquant que la Fed avait besoin de davantage d'éléments prouvant une amélioration durable de la situation économique.

L'institution a, sans surprise, laissé inchangée sa politique monétaire en maintenant des taux d'intérêt quasi nuls comme ses achats de titres sur les marchés au rythme de 120 milliards de dollars par mois.

"Nous sommes 8,5 millions d'emplois en dessous du niveau de février 2020", a rappelé Jerome Powell. "Nous sommes encore loin de nos objectifs (...) Il faudra un certain temps."

Certes, a-t-il ajouté, la reprise devrait favoriser une remontée des prix mais cette poussée inflationniste de courte durée ne sera certainement pas de nature à contraindre la Fed à avancer le relèvement de ses taux.

Dans le communiqué publié à l'issue de deux jours de débats du Federal Open Market Committee (FOMC), la Réserve fédérale explique que "dans le contexte des progrès de la vaccination et d'un soutien robuste des politiques monétaire et budgétaire, les indicateurs de l'activité économique et de l'emploi se sont améliorés".

Mais elle ajoute que "la trajectoire que suivra l'économie dépendra fortement de l'évolution du virus, ce qui inclut les progrès de la vaccination".

Le communiqué marque néanmoins une légère inflexion de la formulation retenue pour qualifier l'impact de la crise sanitaire: alors qu'elle évoquait en mars des risques "considérables" sur les perspectives économiques, la banque centrale se contente désormais de mentionner le fait que ces perspectives "restent soumises à certains risques".

UNE INFLEXION "SUR LA POINTE DES PIEDS"

Ce changement de ton et ses commentaires sur les progrès de la reprise incitent certains observateurs à conclure que la Fed a franchi, sans le dire, un pas vers l'ouverture du débat sur la réduction de ses soutiens à l'économie.

"Elle avance bel et bien, sur la pointe des pieds, dans la direction d'une amélioration du contexte économique qui pourrait justifier un 'tapering' et éventuellement des hausses de taux", a ainsi estimé Steven Violin, gérant de F.L.Putnam Investment Management.

Pour autant, la Fed n'a pas modifié les conditions qu'elle pose à un "tapering", c'est-à-dire une diminution progressive de ses achats d'emprunts: ces conditions incluent toujours "des progrès supplémentaires substantiels" vers le double objectif du plein emploi et d'un retour durable de l'inflation à 2%.

Les propos de Jerome Powell ont permis à l'indice Standard & Poor's 500 .SPX de la Bourse de New York d'inscrire un nouveau record à plus de 4.200 points tandis que les rendements obligataires et le dollar s'orientaient à la baisse.

En fin de séance, le billet vert cédait 0,34% face à un panier de devises de référence et l'euro remontait à plus de 1,2120 EUR= ; sur le marché des emprunts d'Etat, le rendement des bons du Trésor à dix ans US10YT=RR , qui dépassait 1,64% avant le communiqué de la Fed, retombait sous 1,62%.

En dépit de multiples signes montrant que l'économie américaine est engagée dans une reprise lente mais régulière qui pourrait se solder cette année par une croissance sans précédent depuis 1984, la Fed n'a pour l'instant donné aux marchés aucun indice laissant entendre qu'elle était prête à diminuer ses soutiens à l'activité et au crédit.

Le taux de chômage est revenu à 6% en mars mais reste supérieur à son niveau d'avant la pandémie. Parallèlement, l'évolution des prix ne montre pour l'instant aucun signe suggérant une menace inflationniste sérieuse et durable.

(avec Charles Mikolajczak à New York; version française Marc Angrand, édité par Jean Terzian)

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