Les Bourses européennes progressent à mi-séance, rassurées par l'accord-cadre entre Washington et Téhéran. Selon un haut responsable américain, il a été signé électroniquement par Donald Trump, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf. Vers 12h, le CAC 40 se dirige vers une quatrième séance d'affilée dans le vert, dépassant la barre des 8 400 points. L'indice phare parisien avance de 0,81% à 8 451,77 points. L'Euro Stoxx 50 progresse de 0,79% à 6 278,50 points.
Mohammad Bagher Ghalibaf, assistera d'ailleurs en Suisse à la cérémonie de signature du protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient qui a duré plus de 100 jours, a indiqué ce mardi la diplomatie iranienne.
La question de la réouverture d'Ormuz suscite de vives attentes
Le contenu de cet accord n'a pas encore été divulgué. On sait juste que "les navires pourront circuler dans le détroit d'Ormuz à partir de vendredi, après la cérémonie de signature de l'accord-cadre", comme l'a affirmé le président américain, à son arrivée à Evian, pour le sommet du G7.
Interrogé pour savoir si le détroit d'Ormuz allait rouvrir sans péage pour les 60 jours de négociations qui doivent bientôt s'ouvrir ou bien pour plus longtemps, JD Vance "s'attend à ce que le détroit soit rouvert sans péage à long terme, et c'est le genre de chose que nous allons aborder dans ces négociations techniques".
Réagissant à la déclaration de Trump sur la réouverture du détroit d'Ormuz, Sebastian Paris Horvitz, directeur de la recherche chez LBP AM fait savoir que "celle-ci aurait lieu, comme il a été évoqué à plusieurs reprises dans le passé, dans le cadre d'un prolongement de 60 jours du cessez-le-feu actuel. Pendant cette période seront débattus les sujets qui semblaient être les principales raisons de cette guerre, dont le programme nucléaire iranien".
"Ce cadre de discussion semble évidemment fragile, vu le manque d'accords lors des pourparlers des deux derniers mois. Mais nous continuons à penser, avec aujourd'hui une grande partie du marché, que les incitations des deux côtés à finir ce conflit sont si grandes que le retour à la guerre semble peu probable, bien que non nul", précise-t-il.
Pour Carmignac, "un accord sur la réouverture du détroit d'Ormuz semble imminent, mais il ne ferait pas disparaître la menace que les tensions géopolitiques font peser sur l'inflation mondiale. L'accord pressenti apporterait un soulagement aux marchés de l'énergie, sans pour autant régler les causes profondes du conflit : les capacités nucléaires, balistiques et d'intervention extérieure de l'Iran".
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a assuré que la fin de la guerre sur le front libanais constitue "une condition fondamentale" de cet accord. Selon lui, la principale avancée de la première phase des négociations est la déclaration de la fin "immédiate et définitive" de la guerre sur tous les fronts.
En outre, le ministre estime "qu'un accord final devra trancher les questions liées au programme nucléaire iranien et à la levée des sanctions", à l'issue des négociations de 60 jours.
Dans ce contexte géopolitique, les cours du pétrole continuent de reculer. Le Brent perd 1,98% à 81,71 dollars. Le WTI cède 2,61% à 79,19 USD.
Fed : la première de Warsh
Cette semaine, les Banques centrales prennent la lumière. Avant la décision jeudi de la Banque d'Angleterre et celle de la Fed demain, ce matin, la Banque du Japon a fait part d'un relèvement de son taux directeur à court terme à "environ 1%", contre "environ 0,75%" précédemment, à l'issue de sa réunion de politique. Cette décision est conforme aux attentes des économistes. La banque centrale nippone explique "ajuster son degré de souplesse monétaire dans la perspective de l'atteinte durable et stable de son objectif de stabilité des prix de 2%".
La Fed entame aujourd'hui les deux jours de réunion de son comité de politique monétaire, une grande première pour son nouveau président Kevin Warsh. Selon Paolo Zanghieri, senior economist chez Generali Investments, "la Fed devrait maintenir ses taux inchangés lors de sa réunion, mais le débat sur la politique monétaire s'éloigne nettement de l'hypothèse d'une baisse. La consolidation des données sur l'inflation rend très difficile à défendre une orientation accommodante : l'indice PCE sous-jacent ne devrait pas descendre sous la barre des 3 % en glissement annuel de sitôt, tandis que la hausse des prix de l'énergie pourrait maintenir l'inflation globale à un niveau élevé et se répercuter sur l'inflation sous-jacente".
Dans l'actualité des sociétés cotées, Virbac ( 1,62%) est en hausse après une note d'Oddo BHF dans laquelle le broker indique que Céva pourrait être intéressé par un rapprochement avec le spécialiste de la santé animale. Selon un article du Journal Des Entreprises, le président de Céva Santé se dit "ouvert à un rapprochement" avec Virbac. Les analystes rappellent que Céva Santé est le numéro 5 de la pharmacie vétérinaire et a généré un chiffre d'affaires de 1,9 milliard d'euros, dont 25% en vaccins/biologie et dispose de 32 sites industriels, 21 centres de R&D et de 7 200 salariés.
STMicroelectronics a annoncé une émission d'obligations convertibles en deux tranches pour un montant de 1,5 MdUSD et le remboursement anticipé des obligations convertibles 2027.
En outre, hier, dans son communiqué de presse, Bénéteau (stable) a indiqué qu'il allait arrêter, au troisième trimestre, la production sur son site de Cadillac, dans l'Etat du Michigan. Il a, en outre, le projet de vendre ce site, ainsi que ses marques Four Winns, Glastron et Scarab Jet. L'acteur mondial de l'industrie nautique précise qu'une recherche de repreneurs est en cours et que le service après-vente et l'approvisionnement en pièces détachées seront maintenus jusqu'à la finalisation de la cession.
Aperam cède 2,90% à Amsterdam, pénalisée par une dégradation de conseil chez Morgan Stanley. La banque américaine passe de "surpondérer" à "pondération de marché" sur le spécialiste de l'acier inoxydable, malgré un objectif de cours relevé de 48 EUR à 52 EUR.
Côté statistiques, l'indice Zew du sentiment économique des investisseurs en zone euro est ressorti à 9,5, soit mieux que le consensus qui ciblait -7,2 après un précédent à -9,1 en mai.
En Allemagne, l'indice Zew du sentiment économique s'est amélioré nettement plus que prévu en juin. Il est passé de -10,2 à 10,5 points, alors que les analystes tablaient sur une progression à -5,8 points. A 10,5 points, il ressort à son plus haut niveau depuis le mois de février 2026, juste avant le début de la guerre au Moyen-Orient.
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