La DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) a décidé de mettre fin à son contrat avec la société technologique américaine Palantir PLTR.O au profit d'un concurrent français, ChapsVision, a déclaré mardi le Premier ministre Sébastien Lecornu.
Cette décision reflète la méfiance croissante des gouvernements européens à l'égard de leur dépendance aux plateformes technologiques américaines, et en particulier de la suite de produits de Palantir Technologies. Fondée par le milliardaire Peter Thiel avec le soutien de la CIA, Palantir vend des outils d'intégration de données basés sur l'IA de niveau militaire aux gouvernements et aux entreprises.
"Nous devons utiliser nos propres outils d'IA ; nous ne pouvons pas accepter de nouvelles dépendances stratégiques dans le numérique", a déclaré Sébastien Lecornu dans une vidéo publiée sur X. "On ne peut pas se reposer sur les outils développés par des puissances étrangères. La France doit donc disposer de ses propres outils."
Selon Palantir, le contrat à long terme passé entre le groupe et la DGSI, renouvelé fin 2025, reste pleinement en vigueur.
ChapsVision n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.
L'imprévisibilité du président américain Donald Trump sur la scène internationale a conduit les alliés européens à se demander si des décennies de soutien américain dans des domaines tels que la sécurité et la technologie pouvaient encore être considérées comme acquises.
Anthropic a par ailleurs déclaré qu'elle "désactiverait brusquement" ses modèles d'IA les plus avancés pour tous les utilisateurs après que le gouvernement américain lui a ordonné d'en interdire l'accès aux ressortissants étrangers, invoquant des raisons de sécurité nationale.
L'armée allemande a déclaré qu'elle n'utiliserait plus Palantir, tandis que le Royaume-Uni réexamine le contrat de données de 330 millions de livres sterling (382 millions d'euros) conclu entre le National Health Service et Palantir, à la suite de pressions politiques et parlementaires.
Le maire de Londres, Sadiq Khan, a également bloqué un projet de contrat de 50 millions de livres sterling entre Palantir et la police de la capitale, invoquant des raisons de rapport qualité-prix et de passation de marchés. Palantir a menacé d'engager des poursuites judiciaires en réponse.
Sébastien Lecornu a déclaré que la France prévoyait d'investir 655 millions d'euros dans l'intelligence artificielle et de mettre en place un chatbot commun à tous les services de l'État.
La France va également créer un chatbot dédié à la santé publique pour l'agence publique d'assurance maladie Ameli, ainsi qu'une nouvelle plateforme numérique visant à simplifier l'accès aux données publiques.
(Rédigé par Inti Landauro et Sam Tabahriti; Version française Matthieu Huchet, édité par Augustin Turpin)

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