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TotalEnergies à la recherche du bon "mix" pour l'après-choc pétrolier - DJ Plus
information fournie par Agefi Dow Jones 16/09/2026 à 15:54
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Le siège de  TotalEnergies, à la Défense. (crédit photo : Adobe Stock )

Le siège de TotalEnergies, à la Défense. (crédit photo : Adobe Stock )

C'est la revanche de la veille économie sur la nouvelle. Les investisseurs qui auraient misé cette année sur le secteur pétrolier plutôt que celui de l'intelligence artificielle (IA) auraient eu raison: depuis le 1er janvier, l'indice MSCI World Energy, qui comprend une cinquantaine de valeurs du secteur pétrolier, a gagné 40% lorsque le MSCI Global Artificial Intelligence composé d'une centaine de sociétés liées à l'IA n'a pris "que" 17%.

La guerre en Iran et le blocage du détroit d'Ormuz sont évidemment passés par là, privant le monde d'une partie de la production d'hydrocarbures alors que ces derniers représentent encore près de 60% de la consommation mondiale d'énergie.

Les principales compagnies pétrolières sont parties pour signer en 2026 de nouveaux bénéfices records, portés par la hausse des cours du brut - de 60 dollars en début d'année à plus de 100 dollars aujourd'hui - et des marges de raffinage. Et ce, bien qu'une partie de leurs installations dans le Golfe restent indisponibles. Au premier semestre, les bénéfices cumulés des cinq "majors" - ExxonMobil, Chevron, Shell, TotalEnergies et BP - ont atteint 68,5 milliards de dollars, soit une hausse de 80% par rapport à la même période de 2025.

+ Coup d'arrêt +

Ces profits exceptionnels soulignent cependant la difficulté des compagnies pétrolières à s'émanciper du tout pétrole. Comme un écho au "drill baby drill" de Donald Trump, les groupes pétroliers ont concentré ces dernières années leurs investissements dans la découverte de nouveaux gisements d'hydrocarbures, ou la prolongation de gisements existants, plutôt que d'investir dans des énergies alternatives.

Les investissements du secteur dans les énergies bas carbone ont reculé de près de 10% en 2025 après avoir augmenté en moyenne de 34% par an entre 2021 et 2024, selon S&P Global, qui s'attend à une poursuite de la tendance.

L'exemple le plus frappant est celui du britannique BP. Le groupe, qui prévoyait de réduire sa production de pétrole et de gaz de 25% entre 2019 et 2030, tout en investissant massivement dans les renouvelables, a fait machine arrière l'an dernier. Il a relancé l'investissement dans l'amont pétrolier et passé plusieurs milliards de dollars de dépréciations sur ses activités renouvelables, dont le retour sur investissement s'était avéré décevant. Le mois dernier, BP a également annoncé la cession de sa filiale américaine de biogaz Archae Energy, rachetée en 2022 pour 4,1 milliards de dollars.

Le norvégien Equinor a abandonné en juin dernier ses objectifs de capacité renouvelable à l'horizon 2030 et annoncé une réduction de ses investissements futurs dans ce domaine. En 2024 Shell avait lui aussi réduit la voilure dans les renouvelables et abaissé ses objectifs de réduction d'émissions carbone.

Ces revirements s'expliquent notamment par les difficultés rencontrées sur certains projets, en particulier dans l'éolien offshore, dont l'équilibre économique a été mis à mal par la flambée des coûts des matières premières et des délais réglementaires. Plutôt que d'immobiliser du capital pour un rendement incertain, la plupart des groupes pétroliers ont jeté l'éponge, préférant se désendetter ou augmenter le retour aux actionnaires.

+ TotalEnergies et le pari des renouvelables +

Un groupe continue cependant à miser sur le développement des renouvelables: TotalEnergies. Depuis dix ans, l'énergéticien tricolore a bâti l'une des plus importantes capacités du secteur en la matière: 37 gigawatts (GW) de capacité solaire et éolienne, principalement en Europe, aux Etats-Unis et en Inde. Il compte atteindre 100 GW à l'horizon 2030.

La division Integrated Power, qui comprend ces fermes solaires et éoliennes mais également des centrales à gaz apportant un complément de production, a généré 48 térawatt-heures d'électricité en 2025, soit l'équivalent d'environ 10% de la production d'hydrocarbures du groupe. Cette part devrait doubler d'ici 2030.

Le groupe dirigé par Patrick Pouyanné a racheté cet été à Shell un portefeuille de 4 GW de projets solaires et éoliens dans quatre pays européens et dispose par ailleurs d'un important "pipeline" de projets sur tous les continents. Cependant, il continue d'investir massivement dans l'exploration-production d'hydrocarbures et affiche là aussi l'un des programmes de mises en service les plus fournis du secteur.

"La stratégie de TotalEnergies repose sur deux piliers", observe Morgan Stanley dans une note publiée le 9 septembre: la production de pétrole et de gaz, qui devrait croître d'environ 3% par an d'ici 2030, et la production d'électricité, qui devrait augmenter de 20% par an sur la même période.

+ Un modèle plus résilient +

Le groupe assume cette stratégie "multi-énergies", même si le rendement des capitaux employés de la division Integrated Power est encore inférieur à celui des autres activités. Il se situe à environ 10% contre 13,9% en moyenne pour l'ensemble du groupe, mais doit atteindre 12% en 2030. Par ailleurs, la division devrait contribuer au flux de trésorerie opérationnel dès l'année prochaine. "TotalEnergies n'est pas allé vers les renouvelables pour faire plaisir aux investisseurs mais pour avoir un retour sur investissement. Contrairement à d'autres groupes pétroliers, ils ont réussi à rendre ce business rentable grâce à une approche intégrée, en transposant ses savoir-faire en matière de gestion de grands projets, mais aussi de vente et de trading, et en se montant sélectif sur les projets", commente Ahmed Ben Salem, analyste chez Oddo BHF.

Ces développements répondent également à un besoin de long terme. "Après 2030, l'électricité est la seule énergie dont la demande continuera à croître, alors que la demande de pétrole atteindra un plateau", souligne Ahmed Ben Salem.

La flambée actuelle des cours du pétrole et du gaz ne modifie pas cette perspective. Les prix pourraient en effet rapidement revenir à des niveaux moyens - entre 60 et 80 dollars le baril - si les tensions au Moyen-Orient s'apaisent et que les pays du Golfe parviennent à rétablir leurs capacités de production.

"D'après nos estimations, le flux de trésorerie disponible (FCF) de TotalEnergies est celui qui résistera le mieux à la baisse inévitable des prix des matières premières en milieu de cycle (que nous prévoyons actuellement pour 2028)", souligne ainsi Bank of America dans une note datée du 11 septembre.

Alors qu'il a donné rendez-vous aux investisseurs le 28 septembre pour la mise à jour annuelle de sa stratégie, TotalEnergies ne devrait pas modifier sa feuille de route. Celle-ci est en effet la meilleure réassurance pour les investisseurs face aux soubresauts du marché pétrolier.

-François Schott, Agefi-Dow Jones, fschott@agefi.fr, ed: JDO

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1 commentaire

  • 19 septembre 12:03

    Il faudrait expliquer ça à LFI et Besancenot et les écolos qui tapent à outrance pour trouver des boucs émissaires en vue de récolter des élécteurs; c'est la honte...


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