Le logo de Richemont à son siège social de Bellevue, près de Genève
Richemont, propriétaire de Cartier, est en discussions pour rejoindre un consortium qui prépare une offre sur le groupe minier diamantaire De Beers mis en vente par Anglo American et dont la valeur est estimée à environ 1 milliard de dollars (892,38 millions d'euros), a déclaré une source proche du dossier.
L'opération permettrait au groupe suisse de luxe d’exercer une plus grande influence sur un maillon clé de sa chaîne d’approvisionnement, alors que l’industrie du diamant sort d’une période de ralentissement prolongée.
Richemont, qui détient également la maison de joaillerie Van Cleef & Arpels, envisage de rejoindre le Global Diamond Consortium dirigé par l’ancien directeur général de De Beers, Gareth Penny, a déclaré la source à Reuters.
Bloomberg News avait précédemment rapporté ces discussions, citant des sources proches du dossier.
Richemont, valorisé à environ 113 milliards de dollars et disposant d’importantes liquidités, n’était pas immédiatement disponible pour commenter. Anglo American a refusé de commenter.
"Nous considérons que la participation potentielle de Richemont revêt une importance stratégique, mais qu’elle relève davantage de l’image de marque et du positionnement à long terme dans le secteur des diamants naturels que d’un événement financier", ont déclaré les analystes de RBC dans une note.
Toute offre sur De Beers dépendrait également du gouvernement du Botswana, qui dispose d’un droit de préemption, mais n’a pas encore indiqué s’il comptait exercer cette option.
Un porte-parole de la présidence du Botswana a déclaré mardi que le gouvernement ne ferait aucun commentaire tant que la transaction n’aurait pas été conclue et signée. Des responsables ont indiqué cet été qu’un accord devrait être conclu au quatrième trimestre 2026.
UNE LONGUE RECHERCHE D’UN ACQUÉREUR
Anglo American a mis De Beers en vente en mai 2024 dans le cadre d’une restructuration plus large, après la baisse des prix du diamant et la progression des diamants synthétiques.
De Beers possède des activités d’exploitation minière et d’exploration au Botswana, en Namibie, en Angola, en Afrique du Sud et au Canada.
Son activité a pâti de l’essor des diamants de synthèse, nettement moins chers que les diamants naturels et de plus en plus prisés dans le monde.
Johann Rupert, président et actionnaire de contrôle de Richemont, a publiquement réaffirmé son attachement aux diamants naturels dans la joaillerie haut de gamme.
Richemont ne serait pas le premier joaillier de luxe à investir directement dans les mines qui produisent ses diamants. La marque britannique de diamants Graff, par exemple, détient une participation de 14,9% dans Gem Diamonds, propriétaire de la mine de Letseng au Lesotho.
L’action Richemont a largement surperformé le secteur du luxe depuis le début de l’année, portée par la résistance de la joaillerie, dont les produits sont considérés par certains consommateurs comme une réserve de valeur. Le conglomérat du luxe disposait d’environ 9 milliards d’euros de trésorerie nette à la fin du mois de juin, selon les documents financiers.
Selon Bloomberg, les négociations sont bien avancées, même s’il n’y a aucune garantie que Richemont rejoigne le consortium.
Le distributeur américain de bijoux Signet pourrait également se joindre à l'offre, a indiqué Bloomberg. Signet n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
(Reportage Clara Denina à Londres et Olivia Kumwenda à Johannesburg, version française Elena Smirnova; édité par Augustn Turpin)

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