L'armée américaine a annoncé un blocus naval ciblant le trafic maritime à destination et en provenance des ports iraniens à partir de lundi 10h00 heure de Washington (14h00 GMT), une mesure qui empêcherait environ deux millions de barils de pétrole iranien par jour d'entrer sur les marchés mondiaux, resserrant encore davantage l'offre mondiale.
Voici les détails de ce blocus prévu et ses implications pour les marchés pétroliers.
QU’A-T-IL ÉTÉ ANNONCÉ?
Après l'échec des pourparlers de paix tenus ce week-end à Islamabad entre les négociateurs américains et iraniens, le président américain Donald Trump a déclaré que la marine américaine "entamerait le processus de blocage de tous les navires tentant d'entrer ou de sortir du détroit d'Ormuz".
Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a précisé par la suite que le blocus ne s'appliquerait qu'aux navires à destination ou en provenance d'Iran, y compris tous les ports iraniens du golfe Persique et du golfe d'Oman. La liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz ne sera pas entravée pour les bateaux en provenance et à destination de ports non-iraniens, a-t-il précisé dans son communiqué, ajoutant que des informations supplémentaires seraient fournies.
Les Gardiens iraniens de la révolution ont répondu aux menaces du président américain en prévenant que tout bâtiment de guerre s'approchant du détroit d'Ormuz serait considéré comme enfreignant le cessez-le-feu et ferait face à une réponse "sévère".
L'amiral à la retraite Gary Roughead, ancien chef des opérations navales américaines, a averti que l'Iran pourrait tirer sur des navires dans le Golfe ou attaquer les infrastructures des États du Golfe qui accueillent des forces américaines.
QUELLES CONSÉQUENCES POUR LES FLUX PÉTROLIERS?
Le blocage des expéditions iraniennes couperait une source importante d’approvisionnement du marché mondial. L'Iran a exporté 1,84 million de barils par jour (bpj) de brut en mars et a expédié 1,71 million de bpj jusqu'à présent en avril, contre une moyenne annuelle de 1,68 million de bpj en 2025, selon les données de Kpler.
Cependant, une forte hausse de la production iranienne avant le début de la guerre le 28 février a conduit à des niveaux quasi-records de pétrole iranien chargé sur des navires, avec plus de 180 millions de barils en mer au début de ce mois, selon Kpler.
QU’EN EST-IL DES FLUX D'AUTRES PRODUCTEURS DU GOLFE?
Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, fortement réduit par un blocus iranien depuis le début du conflit, reste quasiment à l’arrêt malgré l’accord de cessez-le-feu de deux semaines conclu la semaine dernière entre Washington et Téhéran.
Lundi, les pétroliers évitaient le détroit.
Dimanche, deux pétroliers battant pavillon pakistanais, le Shalamar et le Khairpur, sont entrés dans le golfe Persique pour charger des cargaisons aux Émirats arabes unis et au Koweït. Un troisième navire, le superpétrolier (VLCC) Mombasa B battant pavillon libérien, a également traversé le détroit d'Ormuz plus tôt dimanche et se trouvait en phase de ballastage dans le golfe.
Un autre superpétrolier VLCC, Agios Fanourios I a fait demi-tour et s'est ancré près du golfe d'Oman après une tentative de traversée du détroit d'Ormuz. Battant pavillon maltais et en route vers l’Irak, le navire avait tenté dimanche de franchir le détroit pour charger du pétrole brut irakien à destination du Vietnam.
Samedi, trois superpétroliers à pleine charge ont traversé le détroit d'Ormuz, devenant les premiers navires à quitter le golfe depuis l'accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran.
Environ 187 pétroliers chargés transportant 172 millions de barils de brut et de produits raffinés se trouvaient dans le Golfe mardi dernier, selon Kpler.
QUELS IMPORTATEURS SONT LES PLUS AFFECTÉS?
Avant le conflit, la majorité des exportations de pétrole iranien étaient destinées à la Chine, premier importateur mondial de brut. Le mois dernier, les États-Unis ont accordé une dérogation aux sanctions permettant à d’autres acheteurs, dont l’Inde, d’importer du pétrole iranien.
L’Inde doit recevoir cette semaine sa première cargaison de brut iranien depuis sept ans, selon des données de suivi maritime de LSEG et Kpler publiées mercredi.
Avant la guerre, environ 20% des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel transitaient par le détroit d'Ormuz, la plupart des cargaisons étant destinées à l'Asie, la plus grande région importatrice.
(Tony Munroe, version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)

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