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POINT HEBDO-Le moral des marchés à nouveau soumis aux difficiles négociations USA-Iran
information fournie par Reuters 19/06/2026 à 13:35

Un accord a été signé mercredi entre les États-Unis et l'Iran afin d'entamer une nouvelle phase de négociations qui, au cours des 60 prochains jours, devrait notamment aborder la question délicate du programme nucléaire iranien.

Cette mission montre d'ores et déjà toute sa complexité avec l'annulation d'une première réunion entre les deux parties prévue initialement vendredi en Suisse.

Pendant ce temps, le reste de l'actualité ne s'arrête pas pour autant : des données économiques clés sont attendues aux États-Unis et en Australie, les Colombiens se rendent aux urnes pour un second tour décisif et Londres accueille un important sommet sur le climat.

Tour d'horizon de la semaine à venir pour les marchés financiers :

1/ ENCORE UNE FOIS

Donald Trump et son homologue iranien Massoud Pezeshkian ont signé mercredi le protocole d'accord visant à mettre fin à la guerre en Iran, ce qui a été salué par les marchés et a notamment fait reculer les prix du pétrole sous la barre des 80 dollars.

Jeudi, plusieurs pétroliers ont traversé le détroit d'Ormuz, après avoir tenté pendant des semaines de dissimuler leur emplacement, ce qui témoigne de l'amélioration de la situation dans ce point névralgique pour l'approvisionnement mondial, fermé de facto depuis le début du conflit fin février.

Mais la question essentielle est désormais de savoir si l'accord sera maintenu et débouchera sur une paix durable.

Le Liban, principal foyer de tension, concentre une grande partie de l'attention, les frappes aériennes israéliennes se poursuivant dans le Sud du pays bien que Téhéran soutienne que la cessation des hostilités contre son allié, le Hezbollah, est une condition préalable à la paix.

Les négociations prévues vendredi à Genève entre les délégations américaine et iranienne ont en outre été annulées et, comme cela a été le cas ces dernières semaines, les marchés seront influencés par les informations faisant état de progrès ou de reculs dans ce dossier.

Les investisseurs pourront par ailleurs se faire une idée de l'état de l'économie en analysant les données préliminaires sur l'activité du secteur privé en juin, attendues mardi.

2/ NOUVEAU TEST D'INFLATION

La géopolitique en soi n'est pas la seule source de préoccupation pour les investisseurs, loin s'en faut.

Les investisseurs auront la semaine prochaine une nouvelle occasion d'analyser l'évolution des prix après une réunion de la Réserve fédérale (Fed) perçue comme "belliciste" par les marchés.

L'indice des prix des dépenses de consommation personnelles (PCE), qui sera publié jeudi, sera analysé à la lumière des nouvelles prévisions de la Fed, selon lesquelles la mesure sous-jacente devrait terminer l'année à 3,3%, bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la banque centrale.

Les anticipations d'une hausse des taux américains en 2026 se sont renforcées à l'issue de cette première réunion présidée par Kevin Warsh, même si certains investisseurs estiment que le recul des cours du pétrole rend un resserrement de la politique monétaire moins nécessaire.

La volatilité pourrait en tout cas s'accentuer, car le nouveau patron de la banque centrale a également lancé une réforme du fonctionnement de l'institution, notamment en matière de communication, ce qui pourrait priver les marchés d'indications clés leur permettant de se forger une opinion.

Du côté des résultats, ceux de Micron Technology MU.O , attendus mercredi, vont à nouveau attirer l'attention sur le secteur en plein essor des semi-conducteurs.

Les chiffres du géant du transport de colis FedEx FDX.N , véritable baromètre de l'activité économique, seront également dans le viseur des marchés mardi.

3/ PRIX ET EMPLOI EN AUSTRALIE

L'Australie publiera dans les prochains jours des données sur l'inflation et l'emploi qui pourraient influencer les perspectives en matière de politique monétaire.

Après trois des taux d'intérêt cette année, la Banque de réserve d'Australie (RBA) a maintenu mardi dernier son taux directeur à 4,35%, le plus élevé parmi les marchés développés, tout en indiquant qu'un nouveau relèvement pourrait s'avérer nécessaire pour maîtriser les pressions sur les prix.

La prochaine publication de l'indice des prix à la consommation aura lieu mercredi prochain et les chiffres de l'emploi sont attendus le lendemain.

Le taux de chômage a atteint en mai son plus haut niveau depuis quatre ans et demi, à 4,5%, s'inscrivant dans une série de données économiques moroses qui ont influencé la décision de la RBA.

Les marchés indiquent une probabilité d'une sur quatre d'une hausse des taux en août, et d'environ deux sur trois d'une hausse d'ici la fin de l'année.

4/ SECOND TOUR EN COLOMBIE

Les Colombiens votent ce dimanche lors du second tour de l'élection présidentielle, qui oppose deux candidats aux programmes économiques radicalement différents : l'avocat d'extrême droite Abelardo De La Espriella et le sénateur de gauche Iván Cepeda.

Le vainqueur héritera d'un pays aux finances publiques fragiles, où l'investissement privé stagne et où le Congrès est fragmenté.

Les marchés misent sur De La Espriella, dont le programme prévoit une moindre intervention de l'État, une baisse de l'impôt sur les sociétés et la reprise de l'exploration pétrolière.

Iván Cepeda, soutenu par le président sortant Gustavo Petro, s'est quant à lui engagé à poursuivre le programme social et économique de son mentor, en augmentant les impôts des plus riches et des grandes entreprises, et en limitant les nouvelles explorations pétrolières, en accordant une attention particulière aux activités d'Ecopetrol ECOPETROL.CN EC .

Les économistes s'attendent à ce qu'une victoire d'Iván Cepeda pèse sur les marchés et la confiance des investisseurs, les contraintes budgétaires limitant les projets de dépenses.

5/ UN CLIMAT DIFFICILE

Londres accueillera dès ce week-end sa plus grande Semaine d'action climatique jamais organisée, avec plus de 75.000 participants répartis sur plus de 1.000 événements.

Ce sommet, qui rassemble des responsables politiques, des acteurs financiers et des dirigeants d'entreprises, sera axé sur la mobilisation de capitaux privés en vue de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone, ainsi que sur le rôle des gouvernements et des banques de développement.

Le débat peut s'avérer particulièrement difficile à un moment où de nombreuses économies développées réduisent leur budget consacré au climat tout en augmentant leurs dépenses de défense.

La sécurité énergétique figurera également parmi les principales préoccupations dans un contexte de conflit avec l'Iran et de demande croissante en électricité pour les centres de données d'IA, une situation qui pourrait mobiliser les militants alors que cet événement coïncide avec une vague de chaleur touchant une grande partie de l'Europe.

(Compilé par Alun John, graphiques réalisés par Pasit Kongkunakornku, version française Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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