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Migrants-Le Conseil de l’Europe rappelle les Etats à leurs devoirs
information fournie par Reuters18/06/2019 à 10:00

    STRASBOURG, 18 juin (Reuters) - Secourir les migrants qui
risquent leur vie en traversant la Méditerranée constitue une
obligation au regard du droit international pour tous les Etats
européens, rappelle la commissaire aux droits de l’homme du
Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, dans un mémorandum publié
mardi à Strasbourg.
    La commissaire bosnienne dénonce les politiques de plus en
plus restrictives menées par certains pays à titre individuel ou
dans le cadre des politiques de l’Union européenne, face à
l’augmentation du nombre de traversées par la route de la
Méditerranée centrale.
    "En politisant une question qui est d’ordre humanitaire, ils
ont adopté des lois, des politiques et des pratiques qui sont
souvent allées à l’encontre de leurs obligations légales de
mener des opérations de recherche et de sauvetage, de débarquer
les naufragés dans un lieu sûr et de leur éviter des traitements
inhumains et dégradants", affirme-t-elle.
    Dunja Mijatovic rappelle que "des milliers d’êtres humains
sont morts dans la Méditerranée" depuis 2014. Cette date
correspond à la fermeture progressive de la route des Balkans et
à l’arrêt par l’Italie de l’opération "Mare Nostrum", qu’elle
menait seule, au profit d’une action plus limitée de l’UE.
    Selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés, plus
de 15.000 migrants sont décédé dans leur traversée de la
Méditerranée entre 2014 et 2018.
    La commissaire dénonce comme un contresens la
criminalisation des Organisations non gouvernementales (ONG)
d’aide aux migrants, accusées par certains Etats de favoriser
l’immigration clandestine.
    En première ligne face à la crise migratoire, l’Italie et
Malte refusent depuis l’an dernier aux navires des ONG l’accès à
leur port et des enquêtes ont été ouvertes contre certaines
d’entre elles par la justice italienne, sous l’impulsion du
ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, par ailleurs chef de la
Ligue, un parti d’extrême droite.
    Dunja Mijatovic critique le plan adopté l’an dernier par
l’Union européenne pour externaliser la gestion des demandeurs
d’asile ainsi que la délégation du contrôle de ses frontières
maritimes à des Etats tiers, comme la Libye, dont "la mauvaise
réputation en matière de droits de l’homme est notoire".
    Ce cri d’alarme lancé à l’occasion de la journée mondiale
des réfugiés est assorti de 35 recommandations pour une gestion
des flux migratoires respectueuse des droits humains.
    "La situation résulte aussi d’une incapacité de longue date
des Etats européens à partager leurs responsabilités" en la
matière, souligne la commissaire, reconnaissant, sans les
absoudre, que certains pays "ont été laissés seuls face au défi
des arrivées de migrants par la mer", allusion à l'Italie.
    Dunja Mijatovic conclut ses recommandations en invitant les
47 Etats membres du Conseil de l’Europe (dont les 28 de l’Union
européenne) à ouvrir "des routes légales et sûres" pour éviter
que les migrants s’engagent dans des "voyages maritimes
clandestins et dangereux".

 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)
 

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