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Les puces vont-elles rebondir à Wall Street ?
information fournie par Zonebourse 15/10/2026 à 14:08

Hier, la place new-yorkaise a terminé en forte baisse, plombée par le décrochage du secteur des semi-conducteurs (-3% pour Broadcom et Nvidia, -4% pour Micron et Intel, -5% pour AMD...). Au gong final, le Nasdaq 100 lâchait 2% derrière le S&P 500 (-1,1%) tandis que le Dow Jones, indice plus généraliste, n'a concédé que 0,1%. Selon toute vraisemblance, cette tendance devrait se poursuivre aujourd'hui : le Nasdaq 100 est attendu en baisse de 1,1% à l'ouverture, devant le S&P 500 (-0,2%). A nouveau, le Dow Jones devrait mieux s'en sortir ( 0,2%).

Hier, seul GlobalFoundries a résisté à la tornade qui s'est abattue sur les semi-conducteurs. Il a d'ailleurs fait bien mieux que résister, s'adjugeant même 4,8%, au nez et à la barbe de ses concurrents. Il faut dire que le titre a surtout été soutenu par l'annonce d'un investissement massif de 21 milliards de dollars visant à construire deux nouvelles usines géantes de fabrication de semi-conducteurs à Malta, dans l'Etat de New York, un investissement XXL d'ailleurs largement mis en avant par Donald Trump "himself" sur ses réseaux.

La pieuvre du choc taux-puces

Outre cette exception, le secteur des puces a donc souffert, à nouveau confronté aux interrogations quant aux niveaux de valorisation de certaines valeurs. Mais une inquiétude supplémentaire s'est aussi invitée dans l'équation, avec des chiffres d'inflation ressortis légèrement supérieurs aux attentes.

Toujours très scrutées, ces données entretiennent la possibilité d'une nouvelle hausse des taux de la Fed dès le mois de décembre, une probabilité d'ailleurs passée de 13 à 28% en une semaine. Cette dynamique alimente les rendements obligataires, un facteur qui inquiète ce secteur friand d'investissements pharaoniques, et donc de capitaux.

Dans ce contexte, "la courbe des taux des bons du Trésor s'est aplatie, le taux à 2 ans ayant progressé de 13 pb à 4,92% et celui à 10 ans de 9 pb à 5,30%, reflétant l'inquiétude des marchés face au niveau et à la direction de l'inflation, ainsi qu'à l'absence de progrès dans sa maîtrise", note Johnathan Owen, gestionnaire de portefeuille chez TwentyFour Asset Management, boutique de Vontobel.

"Les marchés sont désormais divisés sur la question d'une hausse en octobre, les propos de Warsh demain soir au FMI seront scrutés à la loupe pour y déceler le moindre indice sur sa volonté d'agir ce mois-ci", a-t-il ajouté.

Chez Carmignac, on estime néanmoins qu'une éventuelle décélération des investissements des hyperscalers n'impliquerait pas pour autant qu'ils se contractent. Ainsi, "les dépenses pourraient dépasser 1 200 MdsUSD en 2027, contre moins de 200 MdsUSD en 2023. La concurrence technologique devrait continuer à soutenir ces investissements, dont les principales limites pourraient davantage provenir des capacités physiques de production", rapporte Kristofer Barrett, responsable de la gestion actions internationales.

Volte-face trumpienne sans effet sur le pétrole

L'inflation américaine est toujours largement soutenue par la hausse des cours du pétrole et, à ce titre, le pari de Trump d'un rapprochement avec Moscou n'a pas fonctionné. Le WTI reste cantonné au-dessus de 94 USD le baril et affiche toujours une insolente progression de l'ordre de 65% depuis le début de l'année.

Les analystes de Standard Chartered considèrent que le rétablissement progressif des flux de brut masque des tensions persistantes sur les produits raffinés, particulièrement le diesel. Les perturbations des capacités de raffinage au Moyen-Orient et en Russie continuent ainsi de peser sur l'offre mondiale. Aux Etats-Unis, les raffineries fonctionnent déjà à un rythme particulièrement élevé, avec un taux d'utilisation moyen de 93% au troisième trimestre, limitant leur capacité à absorber de nouveaux éléments.

Selon la banque, même une désescalade géopolitique pourrait faire reculer le Brent sans entraîner une détente équivalente des prix des carburants. Les tensions sur le raffinage pourraient ainsi se prolonger jusqu'en 2027, notamment en raison des besoins de maintenance et de reconstitution des stocks.

Sur le front des marchés, dans un contexte de chahutement du secteur des "semis" ; la publication des résultats de TSMC, géant taïwanais, devrait être un indicateur très surveillé par les intervenants. Outre-Atlantique, sont aussi attendus les résultats de Charles Schwab, Prologis, US Bancorp ou encore Interactive Brokers.

En attendant, le dollar cède 0,1% face à la monnaie unique, autour de 0,89 EUR.

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