Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets

Le nouvel outil « anti-crise » de la BCE
information fournie par H24 Finance pour Boursorama27/07/2022 à 12:00

Le nouvel outil "anti-crise" de la BCE

Le nouvel outil "anti-crise" de la BCE

Il n'aura échappé à personne que la Banque centrale européenne a procédé la semaine dernière à un relèvement des taux d'intérêt de 50 points de base. Afin que l'inflation revienne au niveau de son objectif de 2 % à moyen terme, elle a également approuvé la création de son nouvel "instrument de protection de la transmission" (IPT). Un outil dont l'efficacité sera mise à l'épreuve plus rapidement que prévu…

Après le PEPP et l'OMT… l'IPT

La BCE mène sa politique monétaire au sein d'une union monétaire constituée à l'heure actuelle de dix-neuf pays, et qui est sur le point d'en accueillir un vingtième. Pour faire face à la forte inflation dans l'ensemble de la zone euro, elle doit donc s'assurer que cette transmission s'effectue de façon ordonnée dans tous les pays de la zone euro. « Cette politique se transmet aux ménages et aux entreprises par l'intermédiaire de dix-neuf marchés financiers différents. C'est dans cet esprit que nous avons conçu un nouvel instrument, baptisé "instrument de protection de la transmission" (IPT), qui préservera l'unicité de notre politique monétaire, nous aidant ainsi à veiller à la stabilité des prix à moyen terme », explique Christine Lagarde, présidente de la BCE.

Destiné à réduire le risque de fragmentation entre les pays de la zone euro, le TPI a vocation à contrer des dynamiques de marché injustifiées ou désordonnées et qui constitueraient une menace sérieuse à la transmission de la politique monétaire. La gravité de ces risques déterminera l'ampleur des achats de dette, potentiellement illimités. « Tous les États membres seront éligibles sur la base de certaines exclusions - aucun État membre ne doit avoir fait l'objet d'une procédure de déficit excessif et ne doit présenter de graves déséquilibres macroéconomiques », indique Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet Asset Management.

Un dispositif vraiment efficace ?

Si l'intention est louable, les conditions de mise en œuvre semblent cependant… floues. Et cette absence de clarté interroge les observateurs. « La BCE fait preuve d'une grande discrétion pour déployer et calibrer le TPI, les critères déterminant son déploiement dans un pays donné semblent subjectifs, et donc potentiellement bancals d'un point de vue juridique », prévient Clément Inbona, gérant à La Financière de l'Echiquier.

« L'absence de précisions sur les aspects techniques, pas de limitation des montants ex-ante par exemple, peut être pris comme l'affirmation par l'institution de sa puissance, et nous remémore le "whatever it takes".  Mais il reste possible que le marché voie ceci comme un bluff et teste la détermination et le pouvoir de la BCE lors des mois prochains », renchérit Frédéric Rollin de Pictet Asset Management.

Appuyer sur le bouton vert-blanc-rouge ?

Justement, l'ITP a sans doute suscité plus de réactions que prévu en raison de l'effondrement du gouvernement italien dirigé par Mario Draghi. « L'Italie va maintenant tenir des élections à l'automne, entraînant un risque politique pour les actifs italiens. Le marché s'intéresse à la question de savoir quand et à quel niveau la BCE interviendrait pour limiter l'élargissement des spreads d'Etats », analyse David Zahn, Head of European Fixed Income chez Franklin Templeton.

En effet, ces évènements ont entraîné un brusque élargissement des écarts de rendement entre l'Italie et les Bunds allemands, ce qui pourrait justement devenir un obstacle à la bonne transmission de la politique monétaire. « Toutefois, lorsqu'elle a été interrogée à plusieurs reprises au cours de la conférence de presse, la présidente Christine Lagarde s'est gardée de divulguer si un resserrement des conditions financières, motivé par des politiques intérieures autodestructrices, justifierait la mise en œuvre du nouvel instrument de protection de la transmission », regrette Dave Chappell, gérant senior marché obligations d'Etat chez Columbia Threadneedle Investments. Cependant, ce dernier ne pense pas que ce soit le cas, étant donné l'absence de contagion aux autres rendements de la périphérie.

Mais selon La Financière de l'Echiquier, si les marchés venaient à attaquer un peu plus ardemment l'écart de taux entre l'Italie et l'Allemagne, dont le niveau – 230 points de base – s'approche du seuil critique, la crise politique dans laquelle s'enfonce l'Italie aura sans doute valeur de crash-test grandeur nature dans les semaines à venir !

0 commentaire

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.