Aller au contenu principal
Fermer

La présidente par intérim du Venezuela revient des États-Unis sans accord ni date pour des élections
information fournie par Reuters 26/09/2026 à 13:27
Ajouter Boursorama à vos sources

En arrivant cette semaine à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies, la présidente par intérim du Venezuela Delcy Rodriguez souhaitait parvenir à des accords sur la dette, l'énergie et les mines, et montrer que son pays autrefois soumis à des sanctions était à nouveau ouvert aux affaires après l'enlèvement de son prédécesseur par les forces américaines en janvier.

Dans son discours devant l’ONU, elle s’est engagée à ce que le Venezuela organise des élections dans le cadre d’une transition vers une « démocratie pleine et entière ».

Elle est repartie avec des photos d’elle aux côtés du président américain Donald Trump, mais sans accord concret.

Il s’agissait de sa première visite aux États-Unis depuis l'enlèvement de l'alors président Nicolas Maduro par les forces américaines pendant un raid en janvier.

« Delcy Rodriguez a bénéficié d’une semaine de forte visibilité. Pourtant, si l’on dresse la liste des résultats concrets, le bilan est modeste. Où sont les déblocages de fonds, le plan de reconstruction ou les accords commerciaux ? Ils ne se sont pas concrétisés à une échelle qui aurait permis de présenter New York comme le théâtre du grand retour financier du Venezuela », a déclaré Antonio De La Cruz, analyste basé à Washington.

« Le butin revient au vainqueur », a déclaré Donald Trump mardi dans un discours devant l’assemblée, dont Delcy Rodriguez faisait partie. Le président américain a affirmé que les États-Unis étaient prêts à recourir à leur « puissance militaire inégalée ».

TOUJOURS PAS D'ELECTIONS

Donald Trump n’a pas cité nommément Delcy Rodriguez dans son discours, et aucun compte-rendu n’a été publié concernant sa brève rencontre « en tête-à-tête » avec elle.

Les dirigeants de gauche d’autres pays qui soutenaient autrefois Maduro ont gardé leurs distances, tandis que des Vénézuéliens vivant aux États-Unis ont manifesté devant le siège de l’ONU avec des pancartes représentant Rodriguez vêtue d’une combinaison orange semblable à celles portées dans les prisons américaines.

D'après Antonio De La Cruz, Trump a démontré que Washington façonnait désormais le Venezuela, tandis que Delcy Rodriguez avait démontré qu’elle était l’interlocutrice clé. « Mais elle doit désormais assumer une responsabilité supplémentaire : elle devra expliquer quand les Vénézuéliens voteront réellement », a estimé l'analyste.

Pendant neuf mois, Mme Rodriguez a évité de s'exprimer sur la tenue d’une élection, tandis que les responsables américains ont tempéré les attentes en affirmant qu’il faudrait du temps pour qu'une telle élection se concrétise. Des analystes et des partis d’opposition vénézuéliens affirment désormais que le temps presse pour fixer une date, tandis que certains experts estiment qu’il faudra au moins douze mois pour nommer des autorités fiables et organiser le scrutin.

La Maison Blanche et les ministères vénézuéliens de l’Information et des Affaires étrangères n’ont pas répondu aux demandes de commentaires concernant une éventuelle élection et les détails des discussions bilatérales. BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN

Les discussions avec les responsables américains, les bailleurs de fonds multilatéraux, les gouvernements alliés et les entreprises dans l’énergie et les mines devaient aboutir à la signature d’accords, même préliminaires, avaient indiqué des sources avant le départ de la délégation vénézuélienne. Samedi, aucun accord n’avait encore été annoncé.

Le président de la Banque interaméricaine de développement (BID) a affirmé que l'institution s’efforçait d’obtenir l’approbation d’un prêt relais de 2,5 milliards de dollars en faveur du Venezuela. Mais certains membres du conseil d’administration de la BID s’opposent à l’octroi de ce prêt, a rapporté Reuters mardi.

Au sein de l’ONU, les Vénézuéliens se sont retrouvés largement livrés à eux-mêmes. La délégation cubaine, autrefois l’alliée la plus proche de ce pays d’Amérique du Sud, a quitté la salle lorsque le discours de Trump a abordé la question de Cuba, tandis que Delcy Rodriguez est resté pour qualifier Nicolas Maduro de « dictateur hors-la-loi ». Les responsables de Caracas et de La Havane se sont évités, d'après certaines sources.

Lorsque Delcy Rodriguez a traversé la salle pour saluer le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, celui-ci a maladroitement terminé un appel téléphonique avant de se lever pour la saluer. Le dirigeant espagnol a par la suite qualifié cette rencontre de « normale ».

Par ailleurs, une source a indiqué à Reuters que la délégation russe avait sollicité une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Felix Plasencia afin de discuter des intérparticipations de la Russie dans des projets pétroliers au Venezuela.

Selon certaines informations, la filiale d’ExxonMobil,

XOM.N , aurait négocié pour revenir dans le vaste projet d’exploitation de Petromonagas, détenu en partie par la société d’État russe Roszarubezhneft.

Le ministère russe des Affaires étrangères, sa mission auprès de l’ONU à New York et son ambassade à Caracas n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, le dirigeant de gauche le plus en vue de la région, a déclaré à CNN que les États-Unis traitaient Delcy Rodriguez comme s'ils étaient ses patrons et que, s’il était à sa place, il convoquerait des élections.

Nicmer Evans, analyste politique et ancien partisan de l'ancien président vénézuelien socialiste Hugo Chavez décédé en 2013, a émis l’hypothèse sur le réseau social X que Delcy Rodriguez s’était laissée « doublement humilier » en échange de la suspension par Trump de son soutien à la cheffe de l'opposition vénézuelienne, Maria Corina Machado, en exil au Panama.

« Il y aura des élections, mais quand les États-Unis le jugeront bon », a-t-il écrit.

(Reportage par Marianna Parraga ; reportage additionnel Jarrett Renshaw à Washington et Vivian Sequera à Caracas, version française Florence Loève)

Valeurs associées

160,560 USD NYSE -0,92%
3,20 USD NYMEX -3,06%
104,32 USD Ice Europ -2,29%
92,41 USD Ice Europ -2,43%

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Mes listes

valeur

dernier

var.

104,32 -2,29%
8 077,8 -0,04%
Or
4 286,15 0,00%
79,99 -1,31%
0,77 -2,53%
Chargement...