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La hausse des taux d’intérêt incite à réduire temporairement les positions
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 11/09/2026 à 10:11
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Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 11 septembre 2026

En titrant, tout début septembre, notre chronique « Pour la rentrée, notre stratégie reste résolument prudente », nous ne nous attendions pas à une dégradation aussi rapide des conditions de marché. Si cela avait été le cas, nous aurions été plus expéditifs, en accompagnant nos commentaires d'une réduction supplémentaire de nos positions sur l'ensemble de nos portefeuilles. La concomitance, d'une remontée du prix du baril de pétrole à plus de 100 dollars pour le Brent de mer du Nord et d'une accélération de la hausse des taux d'intérêt sur à peu près toutes les places financières, conduit à une détérioration soudaine de tendance. Désormais, les investisseurs ne peuvent plus se contenter de compter sur l'extraordinaire potentiel de développement de l'IA pour assurer une poursuite de la hausse.

laskine

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Le mécanisme de transmission de ces difficultés à l'économie et au marché est bien connu des boursiers. Le regain de tensions dans le golfe Persique conduit à une vive hausse des prix du baril de pétrole, alors que le scénario central sur lequel misaient les économistes, il y a encore deux ou trois mois, était basé sur l'espoir d'une détente rapide des prix. Cette situation fait craindre des effets d'inflation de second tour, avec une hausse généralisée du prix des produits agricoles et manufacturiers un peu partout dans le monde. Ces tensions ne peuvent être ignorées des banques centrales qui n'ont d'autre choix que de resserrer leur politique monétaire afin d'éviter que ne s'enclenche une redoutable spirale de hausse des salaires alimentée par l'envolée des prix à la consommation. La BCE a donné le ton en relevant, ce jeudi, d'un quart de point la rémunération exigée sur les dépôts bancaires au jour le jour. Plus préoccupant, le Conseil de gouverneurs n'exclut pas de nouveaux resserrements dans les prochains mois. La Fed rendra sa réponse la semaine prochaine. Bien que son mandat, également orienté vers le soutien de l'activité, soit plus large que celui de la BCE, la majorité des économistes table déjà sur un resserrement de même ampleur aux Etats-Unis.

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Ces décisions, sans doute nécessaires pour casser les anticipations inflationnistes, font redouter une diffusion de la hausse des taux sur toutes les échéances et à tous les emprunteurs, avec pour conséquences de renchérir le coût du crédit auprès des entreprises, des consommateurs et des candidats à l'achat d'un logement. L'impact de ces tensions se révèle surtout ravageur pour les finances publiques des pays les plus endettés, contraints de solliciter le marché quelles que soient les conditions exigées par les créanciers internationaux. Il faut bien financer le fonctionnement des États et faire « rouler la dette » de ceux n'ayant pas les moyens de la rembourser en intégralité à l'échéance. Pour clore la boucle, la Bourse est bridée par la concurrence redoutable qu'exerce, auprès des détenteurs de capitaux, la hausse constante des rendements offerts sur les placements obligataires. Ceux-ci se révèlent d'autant plus attrayants qu'en comparaison, les actions apparaissent de plus en plus volatiles.

Les tensions observées ne sont pas assez fortes pour provoquer le krach retentissant que certains oiseaux de mauvais augure voient arriver, mais le climat qui s'installe en Bourse devient plus pesant. De façon paradoxale, il justifie d'adopter, aujourd'hui, une stratégie d'investissement nettement plus prudente qu'au plus fort de la guerre en Iran, lorsque le marché se nourrissait de l'espoir d'un retour rapide à la paix.

Dans ce contexte, nous avons cette semaine continué de réduire notre exposition sur à peu près tous les portefeuilles. C'est le cas sur notre sélection d'ETF Monde PEA dans laquelle nous avons diminué de 100 parts nos positions sur les trackers Amundi Nasdaq 100 et Amundi Stoxx Europe 600 Healthcare. Vente également de 50 parts du tracker Amundi Europe 600 Technology que nous avions récemment renforcé, mais sur lequel nous redoutons une contagion de la faiblesse générale du marché. Les arbitrages auxquels nous avons procédé au cours de ces dernières semaines ont permis à notre sélection d'ETF Monde de remarquablement bien résister. Depuis le début de l'année, elle progresse de 5,4%, alors que le CAC 40 verse désormais dans le rouge sur la même période.

De la même manière, nous avons resserré les positions sur le portefeuille Défensif en ayant cédé, cette semaine, 75 actions Air Liquide, ainsi que 50 BNP Paribas et autant de Thales. Vente également de 500 actions Orange. Aucune de ces affaires n'a démérité, mais il nous est apparu opportun de réaliser une partie de nos profits sur ces valeurs. Avec un gain de 5,31% depuis le 1er janvier, le Défensif résiste à la baisse du CAC 40, mais il est loin d'égaler la performance de l'Offensif qui s'établit en hausse de 25,3%.

L'un est resté très orienté sur des valeurs solides et très traditionnelles, l'autre a profité de la formidable progression des valeurs technologiques et énergétiques. Par souci de préservation de la performance passée, nous avons là aussi pris soin de réaliser quelques profits sur Thales, Emeis et BNP Paribas.

S'agissant de la banque française, nous avons déjà eu l'occasion de préciser qu'elle est bien placée, comme tous les établissements bancaires du même type, pour bénéficier de la hausse des taux d'intérêt, mais la solidité de son bilan pourrait aussi pâtir de la dégradation de la situation budgétaire de la France.

Nous avons également vendu 50 actions Airbus acquises début juillet, car celles-ci menaçaient de tomber dans le rouge. Enfin, par prudence, nous avons aussi décidé de réduire les positions sur la sélection de fonds ISR/PEA.

Avec un niveau de liquidités moyen exceptionnellement élevé de 40 à 45% de l'actif sur nos différents portefeuilles, ceux-ci présentent désormais un profil suffisamment défensif pour faire face aux pressions décrites en introduction. Dégarnir les portefeuilles au-delà de ce stade serait une erreur, pour la simple raison que les tensions observées sont alimentées par des événements externes. C'est le cas de l'envolée du prix de l'énergie (pétrole et gaz), qui ne demande qu'à retomber à la moindre embellie géopolitique. Souvenons-nous que le CAC 40 a franchi cet été un plus haut historique à 8.755 points, après que le prix du baril de Brent a marqué un bref, mais fort mouvement de recul vers les 70 dollars.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine

1 commentaire

  • 11 septembre 15:31

    Ne pas paniquer mais des liquidités à hauteur de 50 %


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