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La guerre au Moyen-Orient perturbe en profondeur le marché du pétrole et du gaz
information fournie par Reuters 19/03/2026 à 16:20

La guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran le 28 février et la riposte de Téhéran contre ses voisins du Golfe perturbent la production et les exportations de pétrole et de gaz naturel de la région, essentielles pour répondre à la demande mondiale d'hydrocarbures.

Le conflit a suspendu le transport maritime dans le détroit d'Ormuz entre le Golfe et l'océan Indien, la plus importante voie de transit pétrolière au monde par laquelle passent 20% du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).

Avec des exportations quotidiennes de pétrole de la région en baisse d'au moins 60% par rapport aux niveaux d'avant-guerre, les tensions se sont accrues mercredi lorsque Israël a frappé le champ gazier iranien de South Pars et que Téhéran a riposté en attaquant des infrastructures énergétiques régionales.

Voici les principales perturbations énergétiques à ce jour:

IRAN

* Certaines parties du champ gazier iranien de South Pars et du centre de traitement d'Asaluyeh ont été attaquées le 18 mars, bien que l'ampleur des dégâts reste incertaine, ont déclaré les médias d'État.

* L'Iran a interrompu les flux de gaz naturel vers l'Irak après avoir réorienté l'approvisionnement vers un usage domestique, a déclaré un haut responsable irakien à Reuters.

* Israël a déjà frappé des dépôts de carburant sur le territoire iranien, tandis que les États-Unis ont ciblé des installations militaires à l'île de Kharg, principal terminal d'exportation de pétrole de l’Iran.

ARABIE SAOUDITE

* Un drone a frappé la raffinerie SAMREF, détenue par Aramco

2223.SE et Exxon XOM.N , le 19 mars, les dégâts étant en cours d'évaluation, a déclaré le ministère saoudien de la Défense.

* L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a réduit sa production d'environ 2 millions de barils par jour, revenue à environ 8 millions de bpj, après avoir diminué la production sur deux champs offshore.

* Le royaume a également suspendu les opérations de sa raffinerie de Ras Tanura, d'une capacité de 550.000 bpj, et réorienté certaines exportations de pétrole brut vers la mer Rouge.

* Les défenses aériennes saoudiennes ont intercepté un missile balistique visant Yanbu, désormais seul point d(exportation de pétrole brut du pays. Les chargements y ont été brièvement interrompus.

KOWEÏT

* Des attaques de drones le 19 mars ont touché des unités opérationnelles des raffineries de Mina al-Ahmadi et Mina Abdullah de Kuwait Petroleum Corporation, provoquant des incendies sur les deux sites.

* Le Koweït avait déjà réduit sa production pétrolière et déclaré la force majeure.

QATAR

* Des frappes de missiles aux premières heures du 19 mars ont endommagé plusieurs installations GNL de QatarEnergy, représentant 17% de sa capacité d'exportation.

* Shell SHEL.L a indiqué que la production de son usine Pearl de transformation du gaz en liquides à Ras Laffan a été interrompue après avoir subi des dommages.

* Le Qatar avait déjà suspendu ses opérations GNL le 2 mars et déclaré la force majeure sur les expéditions de GNL le 4 mars, perturbant des approvisionnements équivalents à environ 20% du commerce mondial de GNL.

ÉMIRATS ARABES UNIS

* Le complexe de traitement du gaz de Habshan, l'un des plus grands au monde avec une capacité de 6,1 milliards de pieds cubes standards par jour, a été fermé le 19 mars après que des débris provenant de missiles interceptés ont causé des incidents.

* Le champ pétrolier de Bab a également été ciblé.

* La production pétrolière des Émirats arabes unis, troisième producteur de l'Opep, a plus que diminué de moitié. ADNOC a fermé la raffinerie de Ruwais (922.000 bpj), tandis que le terminal d'exportation de Fujairah a été la cible d'attaques répétées.

* TotalEnergies TTEF.PA a dit le 12 mars avoir perdu 15% de sa production amont au Moyen-Orient. Le groupe pétrolier français a confirmé pour la première fois une baisse de la production de ses gisements offshore aux Emirats arabes unis.

IRAK

* L'Irak, deuxième producteur de l'Opep, a réduit sa production de ses principaux champs pétroliers du sud de 70%, à environ 1,3 million de bpj contre 4,3 millions.

* Bagdad a conclu un accord pour reprendre les exportations de brut des champs de Kirkouk vers la Turquie par oléoduc.

BAHREÏN

* Bapco Energies du Bahreïn a déclaré la force majeure le 9 mars après une attaque contre sa raffinerie de Sitra d'une capacité de 380.000 bpj.

IMPACT SUR LE TRANSPORT

* La navigation dans le détroit d'Ormuz est quasi complètement à l'arrêt depuis le début de la guerre. L'Iran a décrété le 2 mars que cette étroite voie maritime était désormais fermée et prévenu qu'il tirerait sur tout navire tentant de l'emprunter.

* Plus d'une douzaine de navires ont été touchés depuis le début de la guerre, tandis que certains transportant du carburant à destination de l'Inde et du Pakistan ont été autorisés à passer.

* Le président américain Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises que l'US Navy pourrait escorter des pétroliers à travers le détroit d'Ormuz mais cette dernière a jusqu'à présent refusé les demandes en ce sens du secteur.

* Les grands assureurs maritimes annulent la couverture pour risque de guerre pour les bateaux naviguant dans les eaux iraniennes, du Golfe et adjacentes.

* Certains navires peinent à se ravitailler dans les ports asiatiques, alors que le coût du carburant de soute augmente fortement.

IMPACT SUR LES CONSOMMATEURS

* Les références du pétrole brut du Moyen-Orient ont atteint des sommets historiques.

* Aux États-Unis, le prix moyen du diesel à la pompe a dépassé cinq dollars le gallon pour seulement la deuxième fois de l'histoire, tandis que le prix moyen de l'essence a dépassé 3,70 dollars le gallon, son niveau le plus élevé depuis octobre 2023.

* En Asie, notamment au Japon, les raffineries ont réduit leur activité ou déclaré des cas de force majeure en raison des pénuries de matières premières telles que le naphta.

* La Chine a interdit les exportations d'essence, de diesel et de carburant pour l'aviation.

* L'Inde a exhorté les consommateurs à économiser l'énergie et à éviter les achats de panique.

* La Corée du Sud a plafonné les prix des carburants sur le marché intérieur pour la première fois depuis 30 ans et a restreint les exportations de naphta.

* L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a recommandé la mise en circulation de 400 millions de barils provenant des réserves mondiales de pétrole, la plus grande intervention de ce type de son histoire.

* Washington a temporairement assoupli les sanctions sur le pétrole brut russe.

(Ahmad Ghaddar à Londres et Nerijus Adomaitis à Oslo, avec Stephanie Kelly, version française Bertrand Boucey, Zhifan Liu et Elena Smirnova, édité par Sophie Louet)

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