(Répétition avec mention du fait que l'interview a été accordée
au Figaro)
* Des approches différentes au sein du G7
* Première bilatérale franco-italienne depuis la crise de
février
PARIS, 4 avril (Reuters) - La France souhaite une gestion
coordonnée des djihadistes étrangers et de leurs familles encore
présentes en Syrie et en Iraq, déclare Christophe Castaner, qui
accueille ce jeudi à Paris un G7 des ministres de l'Intérieur.
La priorité est d'éviter la dissémination de ces hommes et
de ces femmes après la chute des derniers bastions de Daech,
rappelle le ministre français de l'Intérieur dans Le Figaro.
"Il faut aussi que les djihadistes arrêtés soient jugés et
condamnés", ajoute-t-il. "Ce G7 des ministres de l'Intérieur
doit nous permettre d'avoir une position coordonnée."
Le sujet est au menu d'un dîner de travail. Les pays du G7
et les forces kurdes qui détiennent nombre de ces djihadistes
ont pour le moment des approches divergentes.
Les Etats-Unis encouragent ainsi les pays d'origine à les
reprendre en charge, le Royaume-Uni a prononcé des déchéances de
nationalité, tandis que les Kurdes proposent de mettre en place
une juridiction pénale internationale dédiée dans la région.
La France souhaite pour sa part que les adultes soient jugés
sur place, rappelle Christophe Castaner. "Pour les enfants, nous
traitons au cas par cas, dans le respect scrupuleux du droit, en
particulier celui relatif à l'autorité parentale", ajoute-t-il.
Cinq orphelins âgés de cinq ans et moins ont été rapatriés
en France, "ce qui porte à une centaine le nombre de mineurs
revenus depuis 2015", précise Christophe Castaner, selon qui
environ 500 enfants de parents français et de moins de 13 ans
sont ou ont été dans la zone syro-irakienne.
"Parmi eux, 350 sont partis avec leurs parents et quelque
150 sont nés sur place", ajoute-t-il. "Globalement, nous avons
dénombré 1.300 départs de Français vers les zones de combat, 271
personnes qui en sont revenues et 314 qui y ont trouvé la mort."
Christophe Castaner estime par ailleurs que la proposition
kurde d'un tribunal pénal international "mérite d'être étudiée"
mais "pose des questions pratiques" : "Quel personnel envoyer
sur place ? Qui paie ? Le TPI a un coût très élevé. Il faut
installer une prison, mettre des magistrats à disposition."
CRIMINALITÉ ENVIRONNEMENTALE
La lutte contre l'utilisation d'internet par les extrémistes
à des fins de recrutement ou de propagande est aussi au coeur de
ce G7, qui réunit les ministres de l'Intérieur français,
britannique, italien, allemand, japonais, américain et canadien.
Le récent massacre de Christchurch, en Nouvelle-Zélande,
"marque les noces de sang entre Internet et le terrorisme",
constate Christophe Castaner : "Une vidéo de 17 minutes est
restée 29 minutes sur les réseaux sociaux et a été copiée des
millions de fois."
"Ma première crainte a été celle d'actes commis par
mimétisme ou par vengeance", ajoute-t-il. "S'il y avait eu un
drame, la responsabilité des Gafa aurait été engagée."
Là aussi, les attitudes divergent entre l'approche
"coopérative" des pays qui accueillent ces grands groupes et qui
misent sur une régulation spontanée et l'approche contraignante,
par la législation, avec de lourdes sanctions financières - la
voie choisie par l'Europe et discutée au Parlement européen.
"Les Gafa doivent s'impliquer (...) pour retirer les
contenus terroristes dès qu'ils apparaissent, les 'marquer' et
éviter leur rediffusion", souligne Christophe Castaner.
"Face à la propagande terroriste, la puissance des Gafa doit
aussi aider les démocraties à diffuser de l'information
positive, du contre-discours", ajoute-t-il.
Autre sujet de ce G7 : la criminalité environnementale,
souvent liée à des réseaux de drogue ou de prostitution, voire
au financement du terrorisme.
Selon Christophe Castaner, c'est la troisième activité
criminelle la plus lucrative au monde, derrière les trafics de
drogue et les contrefaçons, ses bénéfices se situant dans une
fourchette entre 110 et 280 milliards de dollars.
"Pour l'heure, on s'attaque au crime environnemental objet
par objet. Je souhaite que ce G7 offre la possibilité d'amorcer
une approche plus globale, portée devant les Nations unies et
d'où découlerait un plan d'action coordonnée", ajoute-t-il.
Ce G7 sera l'occasion jeudi après-midi d'une rencontre
bilatérale entre le ministre français et son homologue italien,
Matteo Salvini, chef de la Ligue d'extrême droite, la première
depuis la crise diplomatique de février entre Paris et Rome.
(Emmanuel Jarry et Michel Rose, édité par Yves Clarisse)
La France souhaite une gestion coordonnée des djihadistes
information fournie par Reuters 04/04/2019 à 12:23
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