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La Fed maintient sa politique inchangée en attendant le prochain président
information fournie par Reuters 06/11/2020 à 06:00

* Le taux des "fed funds" et les achats d'actifs inchangés

* La Fed redit être prête à faire plus en cas de besoin

* Le rythme de la reprise a ralenti, note Powell

* Il souligne le rôle des soutiens budgétaires

(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée jeudi)

par Howard Schneider, Ann Saphir et Jonnelle Marte

WASHINGTON, 6 novembre (Reuters) - La Réserve fédérale des Etats-Unis a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi et redit qu'elle ferait le nécessaire pour soutenir la reprise de l'économie, menacée par les retombées de la pandémie de coronavirus et confrontée aux incertitudes liées à l'élection présidentielle.

Si le démocrate Joe Biden semblait bien parti jeudi pour l'emporter face à Donald Trump, le dépouillement était loin d'être achevé dans plusieurs Etats clés.

La banque centrale n'évoque pas le scrutin dans le communiqué de politique monétaire publié à l'issue de deux jours de débats.

"L'activité économique et l'emploi ont poursuivi leur reprise mais restent bien inférieurs à leur niveau du début de l'année", constate en revanche le Federal Open Market Committee (FOMC), le comité de politique monétaire de la banque centrale américaine, dans ce communiqué adopté à l'unanimité.

L'objectif de taux des fonds fédéraux ("fed funds") reste fixé entre zéro et 0,25%, son plus bas niveau historique, comme attendu par tous les économistes et analystes interrogés par Reuters.

"La pandémie de COVID-19 est la cause d'énormes difficultés humaines et économiques dans tous les Etats-Unis et dans le monde entier", ajoute le FOMC.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a déclaré lors d'une conférence de presse que la reprise de l'économie américaine avait ralenti après avoir profité dans un premier temps du soutien de la politique budgétaire et de la réouverture d'une partie des entreprises.

"Le rebond global des dépenses des ménages résulte en partie des aides financières et de l'augmentation des indemnités chômage, qui ont apporté un soutien essentiel à de nombreux individus et familles", a-t-il ajouté.

Il a souligné que la remontée récente du nombre de cas d'infection par le coronavirus aux Etats-Unis comme à l'étranger était "particulièrement préoccupante".

"Une reprise économique complète est improbable tant que les gens n'auront pas confiance dans la possibilité de reprendre en sécurité un large éventail d'activités", a-t-il expliqué.

LA SUITE DÉPENDRA NOTAMMENT DE L'AMPLEUR DE LA RELANCE

Le communiqué du FOMC, qui reprend pour l'essentiel celui publié en septembre, assure que la Fed est disposée à utiliser "l'ensemble des instruments dont elle dispose si nécessaire" pour soutenir l'économie et à maintenir des taux quasi nuls tant que le marché du travail n'aura pas retrouvé son niveau "maximal" et que l'inflation ne sera pas en passe de dépasser pendant "un certain temps" son objectif de 2%.

Parallèlement, la Fed continuera d'acheter "au moins" 120 milliards de dollars (101,5 milliards d'euros) par mois d'emprunts du Trésor et d'utiliser tous les autres instruments et programmes déployés depuis le début de la crise.

Les marchés financiers n'ont pratiquement pas réagi à ces annonces; à une demi-heure de la clôture de Wall Street, l'indice Standard & Poor's 500 .SPX gagnait toujours plus de 2% tandis que le dollar restait orienté en nette baisse et que le rendement des bons du Trésor à dix ans était pratiquement inchangé.

Les annonces de la Fed interviennent à la veille de la publication des statistiques mensuelles du marché du travail, qui devraient confirmer que la reprise de l'emploi continue de ralentir: le consensus Reuters table sur 600.000 créations de postes non-agricoles le mois dernier, alors que la moyenne de cet indicateur sur la période mai-septembre est de 2,2 millions.

Mais au-delà de ces chiffres, la Fed pourrait devoir attendre, avant d'envisager de nouvelles mesures, de connaître la tournure que prendra le prochain mandat présidentiel, que le gagnant de l'élection s'appelle Joe Biden ou Donald Trump, et d'abord de mesurer l'ampleur d'un probable nouveau plan de relance budgétaire.

"Les risques entourant la reprise économique ont augmenté depuis la réunion de la Fed de septembre avec la hausse des cas de coronavirus, le ralentissement de la croissance de l'emploi, le manque de nouveaux soutiens budgétaires pour les consommateurs et les PME, et désormais l'absence de résultat de l'élection présidentielle", commente Greg McBride, chef analyste de Bankrate.com.

"La Fed a fait tout ce qu'elle pouvait faire à ce stade, même si elle dit qu'elle dispose d'une large gamme d'outils."

(Howard Schneider et Ann Saphir, version française Marc Angrand)

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