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La BCE lance le réexamen de ses missions et de son arsenal
Reuters23/01/2020 à 16:46

    * La politique monétaire inchangée
    * La BCE va revoir sa stratégie, ses objectifs et ses outils
    * Son objectif de stabilité des prix pourrait être redéfini

 (Actualisé avec conférence de presse, réactions des marchés)
    par Francesco Canepa
    FRANCFORT, 23 janvier (Reuters) - La Banque centrale
européenne (BCE) a donné jeudi le coup d'envoi d'un examen en
profondeur de sa stratégie qui pourrait aboutir à une nouvelle
définition de son principal objectif et des moyens mis en oeuvre
pour y parvenir. 
    L'institution présidée depuis novembre par Christine Lagarde
n'a plus atteint depuis des années son objectif clé d'un taux
d'inflation "inférieur à mais proche de 2%" en dépit des mesures
exceptionnelles prises pour soutenir l'activité et le crédit, et
donc en théorie la hausse des prix, durant la présidence de
Mario Draghi. 
    Lors d'une conférence de presse, Christine Lagarde a laissé
entendre que l'exercice pourrait prendre un an environ, sans
exclure qu'il se prolonge en 2021. "Ce sera fini quand ce sera
fini", a-t-elle dit. 
    Elle a refusé de préciser quels changements elle souhaitait
apporter à l'objectif d'inflation, se contentant de dire que "la
manière dont nous mesurons l'inflation fait clairement partie
des sujets que nous devons étudier".
    L'examen de la stratégie de la banque centrale concernera
aussi la manière dont elle intègre l'impact économique du
changement climatique dans ses modèles et ses prévisions. 
    En attendant la conclusion de cet exercice, la BCE s'en
tiendra à sa stratégie actuelle, a précisé Christine Lagarde. 
    Le Conseil des gouverneurs n'a pas modifié sa politique
monétaire à l'issue de sa première réunion de l'année et s'est
contenté de réaffirmer ses engagements à poursuivre ses achats
de titres sur les marchés et à réduire encore les taux
d'intérêt, si nécessaire, pour favoriser la remontée de
l'inflation vers son objectif.
    
    LES TAUX D'INTÉRÊT INCHANGÉS
    L'euro est tombé à son plus bas niveau depuis six semaines
face au dollar  EUR=  à 1,1061 tandis que le rendement des
emprunts d'Etat allemands à dix ans revenait au plus bas depuis
deux semaines, les investisseurs jugeant le ton employé par
Christine Lagarde plus prudent qu'anticipé. 
    L'indice Stoxx des valeurs bancaires de la zone euro  .SX7E 
a perdu jusqu'à 1,17% avant de réduire ses pertes. 
    "Certains s'attendaient peut-être à ce qu'elle soit plus
optimiste sur la situation économique", a expliqué Antoine
Bouvet, stratège obligataire senior chez ING, notant que la
présidente de la BCE avait refusé à plusieurs reprises de
prendre ses distances vis-à-vis des taux d'intérêt négatifs. 
    Le taux de refinancement de la BCE reste fixé à zéro, le
taux de la facilité de prêt marginal à 0,25% et surtout, le taux
de la facilité de dépôt reste à -0,5%, ce qui revient à faire
payer les banques sur une partie de leurs dépôts auprès de la
banque centrale. 
    L'institution poursuit parallèlement ses achats d'actifs au
rythme de 20 milliards d'euros par mois, augmentant ainsi un
portefeuille de titres qui représente quelque 2.600 milliards
d'euros.
    Le Conseil prévoit que les taux resteront "à leurs niveaux
actuels ou à des niveaux plus bas" jusqu'à ce que les
perspectives d'inflation convergent "durablement vers un niveau
suffisamment proche de, mais inférieur à 2%".
    L'inflation dans la zone euro est actuellement de 1,3%
seulement sur un an.
    
    DÉBAT DÉLICAT EN VUE SUR L'INFLATION
    Lors de la conférence de presse, Christine Lagarde a déclaré
que les risques entourant les perspectives de croissance dans la
zone euro restaient orientés à la baisse mais qu'ils étaient
moins prononcés qu'auparavant, l'incertitude liée aux tensions
commerciales internationales ayant diminué. 
    Une éventuelle redéfinition de la stabilité des prix à
l'issue de la réflexion sur la stratégie de la BCE pourrait
conduire celle-ci à relever son objectif en le portant à 2% tout
en promettant de réagir aussi énergiquement à un éventuel
dépassement de ce seuil qu'à une incapacité à l'atteindre. 
    "Notre objectif d'inflation doit être symétrique. Si notre
cible centrale est perçue comme un plafond, nous avons moins de
chance de l'atteindre", a déclaré le gouverneur de la Banque de
France, François Villeroy de Galhau, lors d'un récent discours à
Paris.  
    Certains "faucons" du Conseil des gouverneurs, qui plaident
depuis longtemps pour une politique monétaire moins
accommodante, sont favorables à ce que la BCE tolère des
variations du taux d'inflation dans certaines limites au-dessus
ou en dessous de 2%, ce qui réduirait l'incitation à multiplier
les mesures de soutien. 
    D'autres préfèreraient conserver l'objectif d'inflation
actuel ou le réduire. 
    L'examen de la stratégie devrait aussi porter sur les
avantages et les inconvénients d'instruments tels que les taux
d'intérêt négatifs et les achats massifs d'actifs, qui ont selon
la plupart des observateurs contribué à écarter la menace d'une
déflation dans la zone euro mais ont aussi favorisé la hausse
des prix de l'immobilier comme des obligations. 
    La BCE a récemment estimé que sans ces instruments, la zone
euro aurait perdu 2,7 points de croissance ces dernières années.
    

 (version française Marc Angrand, édité par Patrick Vignal)
 

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2 commentaires

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  • canddide
    23 janvier17:18

    Certains économiste disent que la perversité de ce système (taux proche de zéro) c'est que ça sauve la mise à des sociétés qui devraient être en faillite et que c'est mauvais à terme, pour l'économie.Les Banques centrales ont évité le blocage suite à la crise des subprimes mais l'ont-elles différé ou supprimé?N'hésitez pas à faire part de votre compréhension de la politique BCE l

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