Aller au contenu principal
Fermer

La BCE baisse ses taux, la Fed les maintient, l’or monte
information fournie par Le Cercle des économistes 03/02/2025 à 07:54

Jean-Paul Betbèze
Jean-Paul Betbèze

Jean-Paul Betbèze

JPBetbèze

économiste

http://www.jpbetbeze.com/

Les sièges respectifs de la Fed et de la BCE. (Crédits: Federal Reserve  / BCE)

Les sièges respectifs de la Fed et de la BCE. (Crédits: Federal Reserve / BCE)

Lors de leurs dernières réunions respectives de part et d'autre de l'Atlantique, la Banque centrale européenne et la réserve fédérale américaine ont pris des décisions opposées : baisse de taux en Europe, immobilisme aux Etats-Unis. Jean-Paul Betbeze revient sur les raisons de cette divergence.

Heureuse Christine

Christine Lagarde, la patronne de la Banque centrale européenne, a joué sur du velours le 30 Janvier 2025 en baissant ses taux de 25 points de base à 2,9% pour une inflation à 2,4%, alors que la croissance stagne. Mieux encore, elle ajoute qu'elle trouve sa politique monétaire restrictive, autrement dit qu'elle pourra continuer ses baisses pour soutenir une croissance. Elle en a besoin, face à une inflation qui ne menace pas de repartir, avec un « taux neutre » (publié le 7 février) qui approche… mais qui pourrait réduire l'actuelle unanimité baissière. Rien n'est parfait.

Pauvre Jay

Bien différente, moins facile, est la situation de Jay Powell, le patron de la Banque centrale américaine. Il maintient des taux à 4,5%, pour une inflation à 2,9% qui, dit-il, résiste avec une hausse des prix de 4% dans les services, alors qu'elle est nulle dans l'alimentaire. Lors de la conférence de presse, où il présente les décisions de la Fed, les journalistes lui demandent comment il réagit à l'injonction de baisse des taux du président Trump. Il répond qu'il ne se soucie que de son double mandat : 2% d'inflation avec le plus d'emploi.

Et quand d'autres journalistes lui demandent comment il réagira aux décisions du président de monter les taxes à l'importation, il répond de même qu'il attend les textes sur l'ensemble du programme, notamment sur les forages pétroliers, les baisses de normes, plus les réactions et les premiers chiffres pour réagir. On aura compris qu'il ne veut pas se laisser entraîner dans des débats politiques. Pas de surprise, il attend les faits, gagne du temps et évite d'alimenter les réactions, notamment des marchés. Il est dans son rôle.

L'or monte

A 2 800 dollars l'once fin janvier 2025, le prix du métal atteint son plus haut historique à Londres, où il est coté, ou plutôt depuis New York d'où viendraient les ordres d'achat. Pourquoi ? On pourrait penser à des inquiétudes sur la situation mondiale, sur les choix politiques de Donald Trump, à moins qu'il ne s'agisse de stocker quelques lingots avant la menace de taxe sur les importations qu'il brandit. On ne sait rien, on ne sait jamais, en tout cas la rumeur peut servir.

Rumeurs, quand tu nous tiens

La bourse américaine a été en effet secouée, il y a quelques jours, par l'annonce d'une startup chinoise sur sa découverte d'un procédé concurrençant frontalement Nvidia dans l'Intelligence Artificielle. Aussitôt, la valeur vedette du Nasdaq plonge de 150 dollars à 125. Les experts vont se pencher sur ce produit, qui annule en quelques minutes l'annonce du président Trump : 500 milliards de dollars pour un fonds spécial nommé Stargate, destiné à mettre son pays en avant mondial de l'IA. DeepStack selon son nom ou Deepfake (?), c'est en tout cas l'illustration des enjeux sur la frontière mondiale des innovations. Les luttes se jouent non plus entre sociétés multinationales, mais entre les deux grandes puissances mondiales, on aura reconnu États-Unis et Chine, avec des centaines de milliards de dollars qui peuvent disparaître, à la différence de la barre d'or.

Une nouvelle incertitude

Jay Powell a bien raison d'insister sur la nouvelle incertitude qui est la nôtre, non plus celle où les cas extrêmes sont extrêmement rares, mais où leur probabilité d'arrivée augmente. Entre guerres, réchauffement climatique, révolution technologique et tensions sociales et politiques, il est essentiel que les politiques monétaires demeurent, pour ancrer les anticipations. Notre monde n'est pas gaussien, pour reprendre l'élégante courbe de Gauss où le pire est rare : il est toujours là. Et c'est à la finance de nous en avertir et de nous en protéger, au-delà des critiques que l'on entend à son sujet. Répartir les risques en allant vers les valeurs de repli, accepter des rendements moyens contre les excès qui veulent ou peuvent nous déstabiliser : il n'y a que la sagesse.

Nous voilà embarqués pour quatre ans de cahots : c'est peut-être le prix à payer pour retrouver la sagesse !

2 commentaires

  • 08 février 16:58

    heureuse Christine Lagarde sur le dos de qui personne ne tombe alors qu'elle a asphyxié la croissance européenne avec une réaction complètement excessive à une inflation nullement due à une surchauffe économique mais tout simplement aux folies de Poutine. Elle aurait pu reconnaitre son erreur tragique et faire machine arrière toute mais comme elle a peur de son ombre, elle reste timorée alors que l'économie européenne a besoin de carburant


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • Andy Burnham, confirmé comme nouveau chef du Labour et prochain Premier ministre, lors de la "conférence extraordinaire" du Parti travailliste, le 17 juillet 2026 à Londres ( POOL / Henry Nicholls )
    information fournie par AFP 18.07.2026 12:42 

    Andy Burnham, qui deviendra lundi le septième Premier ministre britannique en dix ans, sera immédiatement confronté à une série de défis majeurs qui ont déjà coûté leur poste à plusieurs de ses prédécesseurs. Tour d'horizon des principaux chantiers qui l'attendent. ... Lire la suite

  • Curry Barker (à gauche) avec ses acteurs Inde Navarrette et Michael Johnston à Toronto en 2025 ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Gareth Cattermole )
    information fournie par AFP 18.07.2026 09:51 

    Pas de stars, moins d'un million de dollars de budget et un carton planétaire : avec déjà plus de 430 millions de dollars de recettes, "Obsession" pourrait devenir le film le plus rentable de l'histoire et a fait de son jeune réalisateur la nouvelle sensation d'Hollywood. ... Lire la suite

  • Le stade Azteca, au Mexique
    information fournie par Reuters 17.07.2026 23:11 

    par Noe Torres La Coupe du monde ‌a rempli les stades et suscité l’euphorie de millions de supporters au Mexique, mais n’a ​pas réussi à relancer une économie en perte de vitesse, plombée par la faiblesse des investissements et les incertitudes liées à la révision ... Lire la suite

  • Un opérateur à la Bourse de New York, le 14 juillet 2026 ( AFP / TIMOTHY A. CLARY )
    information fournie par AFP 17.07.2026 22:30 

    La Bourse de New York a terminé en nette baisse vendredi, à nouveau plombée par les inquiétudes autour des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA), sur fond de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. L'indice Nasdaq - au sein ... Lire la suite

Mes listes

valeur

dernier

var.

88,31 +4,07%
8 338,81 -0,47%
1,14379 0,00%
Or
4 010,56 0,00%
70,51 +1,32%
Chargement...