Des lingots et des pièces en or. (Crédits: Adobe Stock)
L'or est toujours considéré come un actif qui mérite de faire partie des portefeuilles. Les gérants d'actifs considèrent habituellement qu'il faut toujours «en avoir un peu», «au cas où». Cette attitude remonte du fond des âges, quand l'or était le seul support de valeur vraiment reconnu. Jusque 1971, ce qui n'est pas si vieux que cela, le dollar avait encore un contenu aurifère : précisément, à l'époque où Nixon a renoncé à la convertibilité du dollar en or, le 15 aout 1971, la conversion en dollar d'une once d'or était fixée à 35$, niveau fixé par les accords de Bretton Woods, au terme de la seconde guerre mondiale. Soit environ un peu plus d'un dollar par gramme d'or, puisqu'une once contient un plus de 31 grammes.
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Cette semaine, l'once d'or valait autour de 4.474$, c'est dire le chemin parcouru : une multiplication par 127, soit 9,2% par an en moyenne annuelle pour une personne qui avait acheté de l'or au taux de conversion officiel, en aout 1971, notamment la France du Général de Gaulle….
L'or ne produit rien
L'or est un actif sans rendement financier : il ne produit rien, au-delà de la réalité de la demande physique pour les industries électroniques et la joaillerie. Comme le bitcoin et autres crypto « monnaies, ce n'est donc pas un actif en tant que tel : on peut les considérer comme les objets de collection, dont la valeur correspond à l'espoir d'une revente à un prix plus élevé, mais pas à une production que propose tout actif productif de flux financiers, d'intérêt, de loyer, de dividende....
Dans les portefeuilles, néanmoins, l'or procure une réelle capacité de diversification : son comportement est peu corrélé avec les autres actifs, ce qui permet de réduire le risque d'un portefeuille sans affecter significativement sa rentabilité.
On lui donne aussi la qualité de protéger contre l'inflation, et contre la baisse du dollar. En fait, il protégerait l'investisseur en cas de troubles systémiques : remise en cause de la stabilité des prix et des monnaies. Dans les faits, d'ailleurs, la rentabilité de l'or est élevée à long terme ; les 9,2% évoqués précédemment se comparent favorablement aux rendements des actifs financiers longs, comme les actions et les obligations.
Mais cette belle performance n'est pas linéaire ; elle est particulièrement discontinue : de 1975 à 2026, trois courtes périodes de hausse (1976-1980 ; 2001-2012 ; 2023-2026) ont alterné avec 2 longues périodes de baisse – stagnation (1980-2001 ; 2012-2023). Pendant les deux périodes de hausse, le cours de l'or a été multiplié par 7 (en 5 ans et en 11 ans), alors que pendant les périodes de baisse, la performance est déprimante pendant une ou deux décennies.
Source : Factset et Phiadvisor Valquant
En gros, depuis 50 ans, la performance est défavorable les deux tiers du temps, et est très favorable le tiers du temps...La performance des actions est plus régulière, et elles procurent un revenu annuel régulier, ce qui n'est pas le cas de l'or.
Depuis septembre 2023, date du franchissement du plus haut précèdent, qui datait d'aout 2011, le cours de l'or a progressé de 175%.
Pour expliquer la hausse actuelle des cours de l'or, on peut évoquer :
- le stress géopolitique, avec le retour de la guerre sur le sol européen et au Moyen Orient ;
- le stress financier ; la hausse sans précédent des dettes publiques fait planer un doute sur la solvabilité des Etats, et renforce la possibilité de la monétisation de la dette publique ;
- le stress monétaire : l'inflation est persistante aux USA, et menace le pouvoir d'achat du $, qui se déprécie depuis 2022 ;
- les achats des banques centrales : elles ont acheté depuis 2022 deux fois plus d'or (1 000 t/ an) qu'au cours des 10 dernières années ; le rythme d'achat diminue néanmoins en 2025-2026 (entre 800 et 900 t).
Pendant les deux périodes de forte appréciation de l'or, son cours avait été multiplié par 6 à 7 (la décennie 70 et la décennie 2001-2012). La hausse en intensité et en durée est pour l'instant bien plus faible : peut on imaginer une poursuite de la hausse de l'or ? Pendant les années 70, c'est la chute profonde des taux réels qui avait provoqué la hausse de l'or ; pourquoi en effet détenir des obligations à taux réel négatif, à cause de l'inflation ? Pendant les années 2001-2012, c'est la baisse profonde du dollar qui avait favorisé la hausse de l'or.
Source : Factset et Phiadvisor Valquant
Probablement, la hausse du métal jaune se poursuivra si les taux d'intérêt réels chutent et / ou si le dollar baisse profondément. La résurgence récente de l'inflation (plus de 5 ans largement au-delà de 2% aux USA), la hausse considérable des dettes publiques et la volonté de l'administration Trump de faire baisser le dollar sont autant d'arguments favorables à une poursuite du mouvement haussier sur l'or.
C'est ce que nous indique notre signal mega trend, qui est resté à l'achat depuis janvier 2023. La baisse du cours de l'or depuis les plus hauts pourrait se poursuivre encore quelques mois (notre signal stratégique, qui a un horizon à 8 mois, est à la vente), puis la tendance haussière durable devrait reprendre (notre signal mega trend, qui a un horizon de 2 ans, est à l'achat...).
Source : Factset et Phiadvisor Valquant
Le pire n'est jamais certain, mais en matière d'or, il est plus prudent «d'en avoir un peu, au cas où» ...
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