Le cours de l'indice boursier français CAC 40 et des informations sur le cours des actions des sociétés sont affichés sur des écrans suspendus au-dessus de la Bourse de Paris, exploitée par Euronext NV, dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris
par Coralie Lamarque
Les principales Bourses européennes sont attendues en baisse jeudi à l'ouverture, face à un regain de tensions dans le détroit d'Ormuz entraînant son obstruction complète par Téhéran, tandis que la décision de politique monétaire de la BCE est attendue dans la journée.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre 0,21% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une baisse de 0,06% pour le Dax à Francfort, de 0,31% pour le FTSE à Londres et de 0,27% pour le Stoxx 600.
Le trafic dans le détroit d'Ormuz, artère vitale de l'approvisionnement mondial en pétrole, était déjà fortement perturbé depuis le début du conflit fin février, entraînant son interruption de facto, bien que quelques navires parvenaient toujours à transiter.
En représailles à de nouvelles frappes américaines contre l'Iran, Téhéran a annoncé jeudi la fermeture du détroit d'Ormuz, y compris aux pétroliers et aux navires commerciaux, précisant que tout bâtiment tentant de le franchir serait pris pour cible.
Les cours du pétrole ne réagissent toutefois pas à cette annonce, se maintenant sous la barre des 95 dollars le baril.
Le Brent prend 0,38% à 93,45 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 0,6% à 90,57 dollars.
Dans une note, les analystes de Metzler estiment que l'explication la plus plausible à l'accalmie des cours du pétrole depuis mi-mai, en dépit des mauvaises nouvelles en provenance du Moyen-Orient, réside dans le volume de pétrole transitant actuellement par le détroit d'Ormuz qui serait nettement supérieur à ce qu'indiquent les données de suivi.
À cette supposition s'ajoutent également la hausse d'offres d'autres producteurs comme le Brésil et le Venezuela, ainsi que la baisse des importations chinoises venant libérer des réserves, selon les analystes.
Bien que l'annonce de Téhéran ne vienne donc pas changer la donne pour le pétrole, les derniers développements dans la région creusent toutefois davantage le pessimisme des investisseurs quant à une sortie sous peu du conflit qui a entraîné une flambée des prix.
"Cela suggère une fois de plus qu'un accord est encore loin d'être conclu et que les flux énergétiques en provenance du golfe Persique resteront fortement limités", ont déclaré les analystes d'ING dans une note adressée à leurs clients.
Aux États-Unis, l'inflation a enregistré mercredi sa plus forte accélération en rythme annuel depuis avril 2023, s'établissant à 4,2% en mai, malgré une décélération sur un mois à 0,5%.
Le président américain Donald Trump a semblé mercredi se réjouir de données de l'inflation, déclarant à la presse qu'il "adorait" l'inflation tout en se disant convaincu que les prix baisseraient dès la fin de la guerre avec l'Iran.
En plus du suivi de la géopolitique et de l'ouverture de la Coupe du Monde de football au Mexique, la journée sera marquée sur le plan plus strictement financier par la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), qui devrait relever de 25 points de base ses taux directeurs.
LES VALEURS À SUIVRE :
À WALL STREET
La Bourse de New York a fini mercredi en repli de plus de 1%, plombée par des pertes supplémentaires du secteur des semiconducteurs et par l'incertitude provoquée par le regain des tensions entre les États-Unis et l'Iran, dont le cessez-le-feu a de nouveau été fragilisé par des attaques.
L'indice Dow Jones a cédé 1,87%, ou 953,33 points, à 49.918,78 points.
Le S&P-500, plus large, a perdu 119,66 points, soit 1,62%, à 7.266,99 points.
Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 509,32 points (1,98%) à 25.169,50 points.
EN ASIE
Les marchés boursiers asiatiques reculent jeudi après une légère hausse en début de séance, pénalisés par une vague de ventes à Wall Street provoquée par les données de l'inflation américaine et par le regain de tensions dans le détroit d'Ormuz.
La Bourse de Tokyo prenait 0,05% durant la séance.
En Chine, l'indice composite de la Bourse de Shanghai recule de 0,48% et le CSI 300 des grandes capitalisations abandonne 0,97%.
La Bourse de Hong Kong perd quant à elle 1,15%.
CHANGES
Le billet vert se maintient, réagissant peu aux derniers développements du conflit au Moyen-Orient.
"Le marché souffre encore d’une certaine lassitude face à l’actualité. Il y a quelques semaines, ce type d’escalade aurait probablement fait remonter le Brent au-dessus des 100 dollars le baril et fait bondir le dollar", a déclaré Nick Twidale, analyste en chef des marchés chez ATFX Global.
Le dollar abandonne 0,04% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro gagne 0,07% à 1,1543 dollar.
TAUX
Le rendement des Treasuries à dix ans grappille 0,4 point de base) à 4,5443% et le deux ans de 1,0 point de base à 4,1371%.
Le rendement du Bund allemand à dix ans prend 1,6 point de base à 3,0843%, tandis que le deux ans avance de 0,9 point de base à 2,7134%.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 11 JUIN :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions au chômage semaine au 219.000 225.000
6 juin
USA 12h30 Prix à la production mai +0,7% +1,4%
- sur un an +6,4% +6,0%
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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