Plus de 90 minutes après l'ouverture de la séance, hormis Amsterdam ( 0,13%), les marchés actions européens poursuivent leur recul après une nouvelle avalanche de résultats d'entreprises et la publication des indices PMI. Les investisseurs ont salué les performances de L'Oréal, Sodexo et Rexel. En revanche, ils ont sanctionné celles d'Ipsos, Kering, Safran et Valeo. Le CAC 40 se dirige vers une deuxième séance de suite dans le rouge, cédant 0,53% à 7 769,62 points. Londres et Francfort perdent respectivement 0,34% et 0,29%.
L'Oréal brille, Kering pâlit
Les nouvelles publications de résultats dictent encore la tendance ce vendredi. Le secteur du luxe anime particulièrement la cote. L'Oréal ( 4%) occupe la tête du CAC 40 à la faveur d'une excellente activité. Le groupe de cosmétiques a dégagé un chiffre d'affaires cumulé de 35,33 milliards d'euros, en hausse de 7,7% à données publiées et de 6,9% à données comparables ajustées sur les neuf premiers mois de l'année. Portée par un 3e trimestre qualifié d'"exceptionnel" par la direction, la croissance à données comparables ajustées sur le seul trimestre s'est accélérée à 7,7%, permettant au géant mondial de la beauté de surperformer le marché. Quant à ses perspectives, Nicolas Hieronimus, directeur général de L'Oréal, a réaffirmé que le groupe affichera "une nouvelle année de croissance du chiffre d'affaires et de sa rentabilité tout en renforçant son leadership mondial.
A l'inverse, au sein de cet indice phare parisien, Kering est lanterne rouge, chutant d'environ 12%. Le géant du luxe est pénalisé par une performance décevante au 3e trimestre. Sur cette période, son chiffre d'affaires s'établit à 3 345 MEUR, stable en données publiées et en baisse de 1% à données comparables. Sa marque phare, Gucci, a généré 1,291 MdEUR de ventes, en recul de 6% à données comparables, soit 60 points de base sous le consensus établi par la société et 270 points sous le consensus Bloomberg, qui tablait sur 3,3%. Lors d'une audioconférence hier soir, la direction a confirmé que la marge opérationnelle courante de 2026 s'améliorerait par rapport à 2025. Mais elle a précisé que le 2e semestre ne dépasserait plus la marge de 12,8% réalisée au premier, ce qui était jusqu'ici l'un des jalons attendus par le marché.
Sodexo ( 5,5%) occupe la tête du SBF 120, soutenu par des résultats annuels de son exercice 2025-2026 dépassant les attentes. Le groupe de restauration collective a réalisé un chiffre d'affaires de 23,96 milliards d'euros, en baisse de 0,5% en données publiées, mais en hausse de 2% en données organiques. Le résultat d'exploitation s'est établi à 810 millions d'euros, en baisse de 28,9%, faisant ressortir une marge de 3,4%, contre 4,7% un an plus tôt. Les analystes interrogés par FactSet anticipaient en moyenne un chiffre d'affaires de 23,84 MdsEUR et un résultat d'exploitation de 790 MEUR. Pour l'exercice 2026-2027, le groupe a confirmé ses objectifs : une croissance interne de son chiffre d'affaires, soit à périmètre et taux de change constants, de 2% à 3% et une marge d'exploitation en ligne avec les 3,4% atteints sur l'exercice 2025-2026.
A l'inverse, Safran affiche l'une des plus fortes baisses du SBF 120, reculant de 6,59%. Le ralentissement de l'après-vente des moteurs civils et l'absence de relèvement des objectifs annuels déçoivent les investisseurs. Toutefois, l'équipementier aéronautique a généré un chiffre d'affaires au 3e trimestre globalement en ligne avec les attentes : 9 MdsEUR, soit une hausse de 14,7% sur un an et de 13,4% en données organiques. Le consensus S&P ciblait 8,92 MdsEUR. Safran a confirmé ses objectifs 2026, déjà relevés en juillet : une croissance du chiffre d'affaires de l'ordre de 15%, un résultat opérationnel courant compris entre 6,4 et 6,5 MdsEUR et un cash-flow libre de 4,7 à 4,9 MdsEUR
Ipsos (-3,48%) dévisse aussi du SBF 120 après avoir annoncé ce matin une baisse de sa prévision de croissance en 2026. Elle est attendue désormais entre 1,2% et 1,5%, contre une estimation antérieure d'environ 2% annoncée en juillet dernier. Concernant ses revenus au 3e trimestre, le spécialiste des études de marché et des sondages d'opinion indique qu'ils sont stables, à 636,2 MEUR. Elles croissent de 2% en organique, portée notamment par les bonnes performances enregistrées en EMEA, en Chine.
Rexel ( 2,42%) a enregistré une accélération de son activité au 3e trimestre 2026, avec un chiffre d'affaires de 5,45 milliards d'euros, en progression de 11,4% à jours constants. Le spécialiste de la distribution professionnelle de produits et services pour le monde de l'énergie réaffirme également ses ambitions à moyen terme, avec un potentiel de croissance annuelle des ventes compris entre 5% et 8%, dont 2% à 3% provenant d'acquisitions ciblées, et une marge d'EBITA courant ajusté supérieure à 7%.
Valeo (-7,89%) recule après une baisse de son chiffre d'affaires de 2,3% en données publiées et de 2,6% à périmètre à 4,88 MdsEUR d'euros au 3e trimestre 2026. Cependant, pour l'exercice 2026, l'équipementier automobile confirme ses objectifs : un chiffre d'affaires attendu entre 20 et 21 MdsEUR, une marge opérationnelle comprise entre 4,7% et 5,3% et un cash-flow libre après intérêts financiers nets supérieur à 400 MEUR.
Ailleurs en Europe, Volvo Cars chute de 27,56%, à Stockholm, après avoir dévoilé une nette dégradation de ses résultats financiers au 3e trimestre. Pour faire face aux difficultés, le groupe lance un nouveau plan d'économies et des suppressions d'emplois. Le constructeur automobile suédois a enregistré une perte d'exploitation ajustée (hors coentreprises, entreprises associées et éléments affectant la comparabilité) de 3,7 milliards de couronnes suédoises (environ 330 MEUR), ramenant sa marge Ebit ajustée à -5,6%. Ces chiffres traduisent la détérioration de l'environnement macroéconomique mondial, particulièrement en Chine et aux Etats-Unis. Sur cette période, son chiffre d'affaires a reculé de 22,57%, à 66,9 MdsSEK.
Holcim ( 5,58%) a publié des résultats supérieurs aux attentes au 3e trimestre 2026. Porté par une demande soutenue et une bonne maîtrise de ses coûts, le groupe relève une nouvelle fois ses objectifs de rentabilité pour l'ensemble de l'exercice. Le géant suisse des matériaux de construction vise désormais une croissance organique de son Ebit récurrent comprise entre 10% et 12%, contre environ 10% précédemment. L'objectif de croissance organique du chiffre d'affaires reste inchangé, autour de 5%.
Escalade au Moyen-Orient : le pétrole en hausse, le risque énergétique s'aggrave
Au-delà des résultats d'entreprises, l'actualité internationale reste dominée par la persistance des tensions au Moyen-Orient.
Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a accusé hier Téhéran de faire monter délibérément le prix du pétrole avant les législatives américaines du 3 novembre. Une déclaration qui fait suite aux menaces proférées jeudi par les Gardiens de la Révolution iraniens d'étendre le conflit régional déclenché fin février.
Ces propos alimentent les craintes des marchés, une dynamique que relève ce matin LBP AM dans une note d'analyse. La société de gestion souligne que "les prix du pétrole et du gaz ont de nouveau augmenté cette semaine suite à la poursuite des attaques sur l'Arabie saoudite." Selon l'asset manager, cette hausse s'explique par "l'absence d'avancée dans les négociations entre Iraniens et Américains et surtout des informations indiquant que les États-Unis et Israël auraient préparé des plans pour reprendre les frappes sur l'Iran après les élections de mi-mandat début novembre."
Pour LBP AM, la concrétisation de ces frappes constituerait "un risque important" pour son scénario central, qui prévoit une désescalade autour du détroit d'Ormuz et un repli des prix de l'énergie d'ici la fin de l'année.
"En tout cas, la remontée des prix du gaz en Europe avant l'hiver, à un plus haut depuis 2022, pèse sur la confiance des ménages en zone euro et au Royaume-Uni, qui revient proche de ses points bas du printemps en octobre. Cela va dans le sens de notre scénario d'un ralentissement de la consommation au 4e trimestre et renforce notre vigilance sur les actifs risqués à court terme", précise le gestionnaire d'actifs.
Sur le terrain militaire, l'Arabie saoudite a confirmé hier avoir abattu des drones dans les régions de Riyad et de Médine alors que les combattants houthis du Yémen mènent des attaques quasi quotidiennes contre le royaume.
Dans ce climat géopolitique délétère au Moyen-Orient, les cours du pétrole sont toujours orientés à la hausse après 10h30. Le baril de Brent gagne 0,6% à 113,89 dollars. Le WTI américain progresse de 1,01% à 100,47 USD.
Zone euro : l'expansion du secteur privé ralentit
Au chapitre statistiques, les investisseurs ont pris connaissances des indices PMI en zone euro et en France.
L'indice PMI flash composite S&P Global de l'activité globale de la zone euro s'est établi à 51,9 en octobre, signalant une 4e hausse mensuelle consécutive de l'activité du secteur privé. Il s'est toutefois replié par rapport à septembre (53,1) et a affiché son plus faible niveau de la période d'expansion en cours. La croissance a ralenti tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services. L'activité globale du secteur privé français est repartie à la baisse, tandis que l'Allemagne et le reste de la zone euro se sont maintenus en zone d'expansion, avec néanmoins des taux de croissance de l'activité plus faibles.
En France, selon des données préliminaires de S&P Global, l'activité dans le secteur privé est entrée en phase de contraction en octobre. Dans le détail, l'indicateur qui mesure le niveau d'activité dans le secteur des services est passé de 51,2 à 48,4 points, contre des attentes à 50,7 points. Il est au plus bas depuis quatre mois. Pour rappel, le seuil des 50 points marque la frontière entre contraction de l'activité (sous les 50) et progression de l'activité (au-dessus des 50).
Pour Joe Hayes, senior principal economist à S&P Global Market Intelligence : " La reprise de l'activité économique enregistrée en septembre ne s'est pas confirmée en octobre, ce qui n'est guère surprenant compte tenu du resserrement rapide des conditions financières et de la nouvelle aggravation des tensions politiques observée en France au cours du mois.
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