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L'Europe broie du noir face à l'escalade Etats-Unis-Iran
information fournie par Zonebourse 17/07/2026 à 17:58

Hormis Londres ( 0,27%), les Bourses européennes ont clôturé la dernière séance de la semaine en repli, plombées par l'aggravation brutale des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. L'escalade du conflit continue avec l'intensification des frappes entre Américains et Iraniens. Le CAC 40 a enregistré une deuxième séance consécutive de baisse, cédant 0,47% et restant toujours ancré sous la barre des 8 400 points : 8 338,81. L'indice phare parisien a achevé la semaine sur une note de quasi-stabilité, grappillant 0,01%. Francfort et Amsterdam ont fléchi respectivement de 0,35% et 0,94%.

La tendance est aussi négative à Wall Street. Vers 17h55, le Dow Jones perd 0,19%. Le Nasdaq recule de 1,42%.

Escalade militaire au Qatar et menace sur le détroit d'Ormuz

Dans l'actualité géopolitique, la situation au Moyen-Orient ne cesse de s'aggraver. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué ce vendredi avoir frappé des systèmes radars et des avions militaires américains au Qatar, affirmant vouloir "punir l'agresseur". Cette attaque intervient en représailles aux frappes menées dans la nuit par Washington contre Téhéran.

De leur côté, les Etats-Unis ont bombardé le territoire Iranien pour la sixième nuit consécutive ce vendredi. Selon l'agence officielle Irna, "Des infrastructures ont été la cible d'attaques américaines dans plusieurs provinces" de l'Iran. Le bilan fait état de 8 morts et 20 blessés.

Suite à ces les frappes iraniennes qui ont de nouveau visé le territoire qatarien, la France appelle ses ressortissants présents au Qatar "à faire preuve de la plus grande vigilance". l'ambassade de France sur son site internet a averti que "malgré la signature d'un protocole d'accord entre les Etats-Unis et l'Iran le 17 juin, la situation dans la région reste très instable".

En outre, le point de friction entre Américains et Iraniens concerne le détroit d'Ormuz, voie maritime où transite le pétrole mondial. Téhéran conditionne sa réouverture de à l'arrêt des opérations militaires américaines. Les gardiens de la révolution iraniens l'ont annoncé mercredi dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat iranienne Irib.

Dans ce contexte de tensions incessantes, les cours du pétrole sont repartis à la hausse. Vers 17h55, le Brent gagne 2,18% à 86,71 USD. Le WTI progresse de 2,22% à 81,51 USD.

Commentant cette escalade au Moyen-Orient, LBP AM dresse un constat limpide : "Il est clair que la situation dans le détroit d'Ormuz s'est détériorée. Non seulement l'accord de cessez-le-feu semble désormais oublié, mais surtout le protocole d'accord sur la réouverture d'Ormuz et le cadre des futures négociations paraisssent caducs".

En outre, l'asset manager évoque une impasse politique bilatérale : "des négociations se poursuivent, mais il est difficile de voir comment elles pourraient aboutir. Parmi les responsables iraniens, le désaccord entre ceux qui souhaitent poursuivre la voie diplomatique et ceux qui prônent l'escalade militaire semble profond. Du côté américain, aucun plan de sortie ne se dessine non plus, si ce n'est la poursuite des bombardements et la mise en place d'un nouveau blocus du détroit".

ADP et Burberry vacillent, Saab et TotalEnergies progressent

Dans l'actualité des sociétés cotées, ADP a reculé de 1,66%. L'exploitant aéroportuaire a abaissé sa prévision annuelle de croissance du trafic pour 2026 désormais attendue à environ 0,5% contre 1,5 à 2,5 % auparavant), après un mois de juin décevant (-1,4 %). Cette décision alimente les craintes d'une révision prochaine des objectifs financiers 2026, évoquée par plusieurs analystes.

Burberry (-6,27%) a enregistré ce vendredi la plus forte baisse du FTSE 100. En dépit de résultats globalement rassurants au premier trimestre de son exercice décalé 2026-2027, le titre a subi des prises de bénéfices. Les investisseurs font preuve de prudence face à une valorisation déjà exigeante (26 fois le PER estimé pour 2027) qui intègre largement le succès du plan de redressement du groupe de luxe britannique, dans un contexte de ralentissement mondial de la consommation de luxe.

A l'inverse, l'action de TotalEnergies ( 1,32%) a figuré parmi les plus fortes hausses du CAC 40. A la suite de la publication, hier, des indicateurs d'activité de TotalEnergies pour le deuxième trimestre 2026, deux grandes banques d'affaires ont délivré des diagnostics contrastés. Si la banque suisse UBS a revu ses prévisions de bénéfices à la baisse en raison de la faiblesse du trading de gaz, Bank of America (BofA) s'est montrée clairement plus optimiste. Qualifiant ce trimestre de "bien meilleur que redouté", le géant bancaire américain a maintenu sa recommandation d'achat sur la compagnie pétrolière française qu'il considère comme sa valeur favorite en Europe.

De surcroît, Saab s'est distingué grâce à un gain de près de 10% à Stockholm, à la faveur de résultats au deuxième trimestre en nette progression et d'une envolée des prises de commandes. Le résultat net part du groupe ressort à 2,14 MdsSEK (couronnes suédoises), soit une hausse de 40% sur un an. Il est supérieur au consensus S&P : 1,74 MdsSEK. Le chiffre d'affaires s'élève à 25,45 MdsSEK, soit une hausse publiée de 29% sur un an. Ces revenus surpassent les attentes du marché (23,85 MdsSEK). Le groupe suédois de défense a d'ailleurs confirmé ses objectifs financiers à moyen terme. La société table notamment toujours sur une croissance organique annuelle moyenne des ventes d'environ 22% pour la période 2023-2027.

Inflation en zone euro : une accalmie confirmée en deuxième lecture

Côté statistiques, le taux d'inflation annuel de la zone euro a reculé à 2,8% en juin 2026, contre 3,2% en mai, selon Eurostat, qui confirme ainsi, en 2e lecture, son estimation rapide pour le mois écoulé. Pour l'ensemble de l'UE, le taux d'inflation annuel s'est établi à 2,9% en juin, en baisse par rapport à 3,3% en mai. Dans le détail en zone euro, ce sont les services ( 1,51 point de pourcentage, pp) et l'énergie ( 0,77 pp) qui sont restés les principaux contributeurs à la hausse des prix, suivis par l'alimentation l'alcool et le tabac ( 0,29 pp), et les biens industriels non énergétiques ( 0,18 pp).

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