(Actualisé avec annonce d'une nouvelle frappe)
par Jana Choukeir, Maha El Dahan et Timour Azhari
La coalition dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a annoncé qu'un "projectile non identifié" avait frappé dimanche l'aéroport international de Ryad, provoquant un incendie, au lendemain d'une attaque contre ce même aéroport revendiquée par les Houthis qui a fait 12 morts.
Quelques heures auparavant, les Houthis avaient renouvelé leurs mises en garde contre l'utilisation des aéroports saoudiens, appelant les compagnies aériennes, les employés des aéroports et les voyageurs à s'en tenir éloignés.
Le groupe soutenu par l'Iran a déclaré que les aéroports et l'espace aérien saoudiens demeuraient des cibles potentielles d'opérations militaires et a averti que le royaume porterait la responsabilité de toute interception qui échouerait.
La coalition a également indiqué dimanche que les défenses aériennes saoudiennes avaient intercepté un missile de croisière à proximité de l'aéroport international du roi Khaled, sans plus de précisions.
L'aéroport de la capitale saoudienne est resté fermé après l'attaque de samedi, qui a fait 12 morts et plus de 300 blessés, ce qui a constitué la frappe la plus meurtrière de ce type dans le royaume depuis plus d'une décennie, sur fond d'escalade des combats entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites.
La coalition a précisé que l'engin tiré dimanche visait le terminal 4 de l'aéroport, sans fournir davantage d'explications.
L'Arabie saoudite a intensifié ces dernières semaines son implication militaire au Yémen, menant des frappes contre les Houthis et soutenant une contre-offensive des forces gouvernementales après que le groupe s'est emparé le mois dernier de secteurs stratégiques le long de la côte de la mer Rouge.
Le ministère yéménite des Affaires étrangères contrôlé par les Houthis a déclaré dimanche que toute nouvelle action militaire saoudienne au Yémen entraînerait une riposte de plus grande ampleur, ajoutant que ses actions seraient guidées par le principe de réciprocité.
UN IMPORTANT CONGRÈS SUR L'ÉNERGIE MAINTENU À RYAD
"Tant que l'ennemi saoudien ne mettra pas fin à son agression et à son ingérence au Yémen, le pire est à venir, si Dieu le veut", a déclaré le ministère dans des communiqués relayés par la chaîne Al Masirah, contrôlée par les Houthis.
Le président Donald Trump a déclaré samedi que les États-Unis envisageaient de participer aux frappes saoudiennes contre les Houthis dans ce conflit, qui constitue une extension de la guerre contre l'Iran déclenchée en février par Washington et Israël.
Ces nouvelles menaces interviennent alors que l'Arabie saoudite a maintenu l'accueil d'un important congrès international de l'énergie à Ryad.
Le ministère saoudien de l'Énergie a annoncé que le 25e Congrès mondial de l'énergie (WPC Energy Congress), d'une durée de cinq jours, avait débuté dimanche avec la participation confirmée de plus de 70 ministres, 300 dirigeants d'entreprises et représentants de plus de 25 organisations internationales du secteur de l'énergie, selon la télévision d'État.
La réunion ministérielle de l'International Energy Forum devait également se tenir dimanche, sa séance plénière étant organisée à huis clos, selon un avis aux médias.
L'attaque de samedi a été la troisième visant l'aéroport de Ryad en une semaine. Parmi les victimes de celle-ci figurent quatre Saoudiens, deux Bangladais ainsi que des ressortissants des États-Unis, de Jordanie, de Palestine, de Syrie, du Soudan et d'Égypte.
(Jana Choukeir et Maha El Dahan à Dubaï, Timour Azhari à Ryad, Menna Alaa El-Din et Yasmine Ghania au Caire ; version française Nicolas Delame et Benjamin Mallet)

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