( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )
Le géant pharmaceutique britannique GSK a annoncé mercredi un bénéfice en forte hausse en 2025, porté par la croissance de ses traitements spécialisés (VIH, oncologie...), mais aussi la fin du litige autour d'un ancien médicament, le Zantac, qui avait entraîné une charge exceptionnelle en 2024.
Le bénéfice net du groupe, dont le nouveau directeur général Luke Miels a succédé en janvier à Emma Walmsley, a plus que doublé l'an passé, à 5,716 milliards de livres (6,63 milliards d'euros), contre 2,575 milliards en 2024.
"L'entreprise est en excellente santé, comme en témoignent nos résultats 2025 et nos perspectives pour 2026", s'est félicité M. Miels lors d'une conférence téléphonique, affichant sa "grande confiance" dans sa stratégie, très attendue par les investisseurs.
La forte hausse du bénéfice s'explique en partie par le fait que le groupe avait enregistré en 2024 une charge de 1,8 milliard de livres lié au litige autour du Zantac, qui ne pèse plus sur ses comptes en 2025.
Ce traitement est accusé aux Etats-Unis d'avoir provoqué des cancers et GSK, tout en rejetant ces accusations, avait annoncé fin 2024 plusieurs accords dans le pays pour mettre fin à une majorité d'affaires en cours devant la justice.
- Cinq approbations -
Le résultat du laboratoire est également renforcé par les ventes de ses médicaments spécialisés, qui progressent dans l'ensemble de 14%, ceux liés au cancer profitant d'une hausse encore plus marquée (+40%).
Le chiffre d'affaires progresse pour sa part de 4%, à 32,7 milliards de livres.
"Les chiffres sont suffisamment solides (...) même si les bénéfices ont été un peu en deçà des attentes", souligne Dan Coatsworth, analyste chez AJ Bell, pour qui GSK va maintenant devoir "lancer de nouveaux médicaments commercialement performants pour compenser des expirations de brevets imminentes".
L'ancienne directrice générale Emma Walmsley a "bien préparé le terrain" avec "cinq approbations de nouveaux médicaments en 2025, tous dotés d'un potentiel significatif", remarque-t-il cependant.
L'année écoulée a aussi été marquée par les menaces de droits de douane brandies par Donald Trump contre les laboratoires pharmaceutiques, afin de les inciter à investir dans son pays et à réduire le prix des médicaments pour les patients américains.
Celles-ci ont abouti, pour GSK, à un accord en décembre avec l'administration dans lequel le groupe s'est engagé à abaisser le coût de ses médicaments sur ordonnance aux Etats-Unis, afin d'échapper aux surtaxes douanières pendant trois ans.
"Cela est intégré dans nos prévisions pour 2026", a insisté Luke Miels.
- "Engagés" au Royaume-Uni -
GSK avait annoncé dès le mois de septembre dernier investir 30 milliards de dollars (25,4 milliards d'euros) sur cinq ans aux Etats-Unis, au premier jour d'une visite d'Etat de Donald Trump au Royaume-Uni.
L'investissement prévoit notamment la construction à partir de 2026 d'une usine en Pennsylvanie pour de nouveaux médicaments contre les maladies respiratoires et le cancer.
Le groupe a aussi récemment annoncé l'acquisition du laboratoire californien RAPT Therapeutics, qui développe une molécule prometteuse dans le traitement des allergies alimentaires, une opération valorisée à 2,2 milliards de dollars.
Le marché américain représente plus de la moitié du chiffre d'affaires de l'entreprise, mais le patron du groupe a réfuté tout désengagement au Royaume-Uni.
"Nous avons 10.000 employés au Royaume-Uni et nous dépensons environ 1,5 milliard de livres par an en R&D. Nous sommes donc fortement engagés", a-t-il insisté.
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