Le constructeur automobile avait été contacté l'an dernier par le ministère français des Armées, ainsi que par d'autres industriels, notamment pour fabriquer des drones.
( AFP / LOU BENOIST )
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a assuré samedi 6 juin que Renault, associé pour l'occasion au groupe Turgis et Gaillard, allait lancer la "production de masse" de drones "avant la fin de l'année".
"Le groupe Turgis et Gaillard s'est associé à Renault pour produire des drones français , c'est le projet Chorus, dans l'usine Ampère de Cléon, près de Paris", a rappelé la ministre dans un entretien accordé à Ouest-France .
"Ils en sont à la phase des essais, a-t-elle précisé. La production de masse, à cadence industrielle automobile, débutera avant la fin de cette année."
Le groupe automobile avait annoncé ce partenariat en début d'année. L'Usine nouvelle évoquait un contrat d'un milliard d'euros sur dix ans. Renault avait précisé que ce partenariat sera placé sous l'égide de la Direction générale de l'armement . Déjà présent dans le domaine de la défense par sa production de camions et véhicules militaires dont les Renault TRM et GBC 180, le constructeur automobile avait été contacté l'an dernier par le ministère français des Armées, ainsi que par d'autres industriels, notamment pour fabriquer des drones.
Turgis Gaillard, forte de 400 salariés, produit des systèmes de défense et a lancé récemment un drone de combat.
"C'est un domaine qui évolue si vite qu'il faudra adapter nos modèles régulièrement, a toutefois souligné samedi Catherine Vautrin. Rien ne sert de constituer de larges stocks de matériels qui pourraient être dépassés rapidement. Et nous avons autant besoin de drones que de systèmes de défense antidrones."
Étre "prêt" à un l'hypothèse d'un conflit majeur en Europe
"La revue nationale stratégique publiée l'an dernier met en avant le scénario d'un potentiel conflit majeur de haute intensité en Europe à horizon 2030, a-t-elle également déclaré. Mon obsession, quand je me lève le matin, c'est que nous soyons prêts à cette éventualité avant cette échéance. Que nos troupes soient entraînées et opérationnelles en permanence, et équipées en conséquence."
En mars, Renault avait aussi reconnu travailler à "un projet de drone terrestre à usage militaire et civil" destiné à la reconnaissance sur le champs de bataille, confirmant en partie un article de L'Usine Nouvelle sur un partenariat entre le constructeur et John Cockerill, propriétaire du fournisseur de véhicules militaires Arquus. "Nos équipes de R&D testent et explorent diverses options, comme les robots terrestres, présentant également un potentiel d'applications civiles. Il s'agit d'un projet d'étude exploratoire ", avait indiqué Renault sans confirmer de nom d'entreprise partenaire.
Selon L'Usine Nouvelle , le prototype de drone terrestre que Renault prépare avec John Cockerill aurait la taille d'une petite voiture et pourrait être présenté au salon Eurosatory, ce que le constructeur n'a pas confirmé. Pensé pour la reconnaissance sur le champ de bataille , il a l'allure, selon le journal spécialisé, d' un petit 4x4 lunaire équipée de plusieurs caméras suspendues . Il serait produit sur une plateforme technologique reprenant certains modules et composants du groupe Renault.
Renault avait précisé à ses salariés en septembre qu'il n'avait pas pour objectif de devenir "un acteur majeur de la défense" et ne s'engagerait que si le projet avait "un impact positif sur l'activité" en France sans affecter sa capacité d'investissement dans son cœur de métier, l'automobile. Le ministère des Armées visait la fabrication de drones à une échelle de "plusieurs milliers en quelques mois", avait indiqué début 2025 le directeur général pour l'armement, Emmanuel Chiva.
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