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Diesel : pourquoi les prix s'envolent alors que le pétrole reste contenu ?
information fournie par Zonebourse 28/08/2026 à 22:18
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Le prix du diesel s'est fortement tendu ces dernières semaines alors que le pétrole brut reste relativement contenu, une divergence qui peut sembler contre-intuitive mais qui s'explique surtout par des tensions beaucoup plus importantes sur les capacités mondiales de raffinage que sur l'approvisionnement en brut.

Le meilleur indicateur de cette situation est le "crack spread" du diesel, qui mesure l'écart entre le prix du carburant raffiné et celui du pétrole brut nécessaire à sa production. Aux Etats-Unis, celui-ci a plus que doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient pour s'approcher du seuil des 100 dollars par baril.

Cette situation tient d'abord à une offre de diesel devenue beaucoup plus contrainte. Les frappes ukrainiennes ont réduit l'activité de plusieurs raffineries russes et pesé sur les exportations de Moscou, tandis que les perturbations au Moyen-Orient affectent les exportations via le détroit d'Ormuz. L'Europe, déjà structurellement déficitaire en diesel depuis la réduction de ses importations russes, doit donc se tourner davantage vers d'autres fournisseurs, notamment les Etats-Unis, ce qui contribue à maintenir les stocks américains à des niveaux particulièrement faibles alors que les raffineries tournent déjà à 97% de leurs capacités.

Autrement dit, le marché mondial ne manque pas nécessairement de pétrole brut, mais davantage de capacités disponibles pour le transformer en diesel et l'acheminer vers les zones déficitaires. Avec des stocks américains très bas et des installations fortement sollicitées, toute nouvelle panne ou perturbation logistique pourrait donc maintenir les marges de raffinage à des niveaux exceptionnellement élevés et continuer d'alimenter les pressions inflationnistes, même sans nouvelle envolée du prix du brut.

Cette situation pourrait en outre devenir encore plus tendue à partir de 2027 avec l'entrée en vigueur de nouvelles exigences européennes relatives aux émissions de méthane, qui imposeront des critères plus stricts de suivi et de vérification pour les importations de pétrole brut. Une étude de Wood Mackenzie relayée par IOGP Europe indique que, dans l'état actuel du règlement, jusqu'à 87 % des volumes de brut importés par l'Union européenne en 2024 pourraient ne pas répondre à ces critères. Dans ce scénario, le débit des raffineries européennes pourrait reculer d'environ 50%, renforçant encore la dépendance du continent aux importations de carburants raffinés et exerçant une pression supplémentaire sur le prix du diesel.

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