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D.A.T.E. prend rendez-vous avec la Bourse
information fournie par Zonebourse 10/09/2026 à 11:22
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Spécialiste grenoblois des solutions thermiques de haute performance, D.A.T.E. prépare son entrée sur Euronext Growth avec l'ambition de changer d'échelle. Déjà rentable et présente aussi bien dans la défense que dans la deeptech, la société entend lever 10 millions d'euros. Dans quel but ? Accroître ses capacités industrielles, financer ses propres programmes de R&D et accélérer son développement international.

Quel peut être le point commun entre des sous-marins, des accélérateurs de particules, des radars, des satellites ou des futurs ordinateurs quantiques ? La réponse n'a rien d'une blague Carambar et tient en quatre lettres : D.A.T.E., pour "Développement et Applications des Techniques de l'Énergie".

Le champ d'activité de cette société s'étire en effet sur des marchés aussi divers que variés, à condition d'être "technologiquement exigeants". "On a la capacité de réduire la chaleur dans un espace de 200 à 0 degrés en une seconde", assure avec un brin de fierté Philippe Bottu, PDG de D.A.T.E. L'homme a repris l'entreprise en octobre 2022, après avoir exercé comme cadre chez Air Liquide puis accompagné l'introduction boursière d'Hydrogen Refueling Solutions en février 2021, en tant que directeur général délégué.

Créée en 1979 aux alentours de Grenoble, D.A.T.E. conçoit des échangeurs capables de fonctionner dans des espaces confinés, à des températures extrêmes ou avec des exigences particulièrement élevées de fiabilité. La société assure exceller en la matière, avec une efficacité thermique annoncée entre 95% et 97% selon les applications. Le marché total des échangeurs thermiques est évalué à plus de 18 MdsEUR, et celui correspondant à son positionnement (Défense et deeptech) serait d'environ 2 milliards d'euros.

De PME technologique à entreprise industrielle

Si la route est encore longue, D.A.T.E. peut se targuer d'avoir vu son chiffre d'affaires progresser de près de 80% ces trois dernières années, pour atteindre 3,8 MEUR en 2025, avec une marge EBITDA de 23,5%. De leur côté, les effectifs ont plus que doublé et la structure compte désormais 31 salariés. La société a aussi renforcé sa supply chain, sa qualité et son bureau d'études, tout en obtenant fin 2025 la certification ISO 9001 puis, en mars 2026, les qualifications ASME nécessaires à son développement aux Etats-Unis.

"On a un modèle qui fonctionne, la société est rentable", résume Gilles Anelli, le directeur général délégué. Et les ambitions sont clairement affichées : dépasser les 35 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2030, avec une marge d'EBITDA supérieure à 30%.

La défense comme socle, la deeptech comme accélérateur

A ce jour, la défense représente environ les deux tiers du chiffre d'affaires de D.A.T.E., avec des clients comme Thales, Leonardo, Safran, Hanwha. Mais c'est surtout dans la deeptech, qui constitue le tiers restant de l'activité, que la direction identifie ses principaux relais de croissance.

Avec son positionnement de niche et relativement peu de concurrents capables de répondre à l'ensemble des problématiques thermiques auxquelles elle est confrontée, D.A.T.E. a déjà séduit le CERN, le Fermilab américain et équipe aussi des installations scientifiques chinoises. Elle intervient également dans le spatial et la fusion nucléaire, misant notamment sur sa technologie d'échangeurs cryogéniques en inox.

A terme, ces développements pourraient clairement modifier le profil de l'entreprise avec une branche deeptech qui devrait prendre le pas sur la défense.

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C'est précisément pour financer cette accélération que D.A.T.E. se tourne vers les marchés. L'entreprise vise une levée totale de 11 millions d'euros dans le cadre de son introduction sur Euronext Growth, dont 10 millions d'euros d'augmentation de capital et 1 million d'euros provenant de la cession de titres existants.

Environ 30% du produit de l'augmentation de capital doit financer un nouveau site industriel. D.A.T.E. occupe actuellement un site de 2 200 m² près de Grenoble, dont la capacité correspond à environ 10 millions d'euros de chiffre d'affaires. Le groupe prévoit la construction en trois phases d'un nouveau site qui devrait atteindre 8 600 m2.

L'IPO doit également permettre à D.A.T.E. de changer sa manière d'innover. Jusqu'ici, l'entreprise faisait essentiellement financer ses développements par ses clients. Elle veut désormais investir ses propres capitaux dans certaines technologies qu'elle considère comme stratégiques. "On veut changer le paradigme et développer sur fonds propres", résume Romain Vinot, l'autre directeur général délégué.

Parmi les pistes figurent les caloducs oscillants pour la gestion thermique dans l'espace et des technologies capables de fonctionner à des températures de l'ordre du millikelvin, destinées notamment aux futurs ordinateurs quantiques.

Enfin, une partie des fonds doit soutenir l'expansion internationale, principalement aux Etats-Unis et en Asie. D.A.T.E. envisage à terme une implantation industrielle américaine, éventuellement par croissance externe, afin de se rapprocher de ses clients et de répondre aux exigences de contenu local des programmes fédéraux.

Une première acquisition déjà en préparation

La croissance externe constitue en effet l'autre volet de la stratégie. D.A.T.E. a signé fin juillet une lettre d'intention en vue de l'acquisition d'une société d'environ 1 million d'euros de chiffre d'affaires, active dans la défense et l'aéronautique. La finalisation serait prévue pour l'automne.

La société indique de plus avoir identifié six autres entreprises susceptibles de l'intéresser après avoir étudié plusieurs dossiers proposés dans le cadre d'échanges avec la DGA (Direction générale de l'armement).

D.A.T.E. affirme disposer d'un portefeuille commercial potentiel de 80 millions d'euros comprenant 2,7 millions d'euros de commandes fermes et 20,6 millions d'euros de contrats de défense signés. La société vise entre 5 et 6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2026 avant une accélération à partir de 2027-2028.

"Notre problème aujourd'hui, c'est d'arriver à gérer la croissance", assure Romain Vinot.

En bref :

Code ISIN : FR0014018PW8

Code mnémonique : ALDAT

Période de souscription : du 9 septembre au 22 septembre

Début des négociations des actions sur le marché Euronext Growth à Paris : 25 septembre

Date limite d'exercice de l'option de surallocation : 23 octobre

Prix : 19,36 euros par action

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