Illustration représentant le logo de Citi Bank
par Tatiana Bautzer et Prakhar Srivastava
Citigroup a dépassé mardi les attentes de Wall Street concernant son bénéfice du troisième trimestre, porté par la hausse des revenus issus de la banque d'investissement, des transactions avec des multinationales, ainsi qu'à l'augmentation des résultats de la gestion de patrimoine.
Les bénéfices liés aux activités de négoce n’ont progressé que de 2% par rapport à l’année dernière et ont reculé de 27% par rapport au trimestre précédent, principalement en raison d’une baisse des revenus issus de la négociation d’actions.
Les banques de Wall Street évoluent dans un contexte de marché volatil, le conflit en Iran ayant fait grimper les cours du pétrole. Cela alimente les craintes inflationnistes et pousse la Réserve fédérale américaine à relever ses taux d’intérêt.
"Il ne fait aucun doute que les taux d'intérêt élevés et la menace de nouvelles hausses de la Fed pèsent sur les opérations de trading et les activités des courtiers en ligne, avec un impact négatif mesurable", a déclaré Brian Mulberry, stratège en chef des marchés chez Zacks Investment Management.
"Toutefois, la capacité de Citi à générer une croissance positive à partir de plusieurs pôles d'activité constitue aujourd'hui la force de son bilan ; la croissance des activités de Services et de Gestion de patrimoine, conjuguée à un solide revenu net d'intérêts (NII), compensera la faiblesse conjoncturelle des activités de marché, permettant ainsi de maintenir le ROTCE au niveau cible de 11% ou au-delà à l'horizon 2027", a-t-il ajouté.
L'action de la banque reculait d'environ 0,4% en avant-Bourse à la suite de la publication des résultats.
Le chiffre d’affaires de Citigroup a progressé de 9% par rapport à l’année dernière pour atteindre 1,35 milliard de dollars (1,21 milliards d'euros), mais a baissé de 13% par rapport au trimestre précédent, en raison du ralentissement des activités de placement de titres de capital et de dette.
Le bénéfice a atteint 5,25 milliards de dollars, soit 2,85 dollars par action, au cours du trimestre clos le 30 septembre. Ce chiffre est à comparer aux 3,8 milliards de dollars, soit 1,86 dollar par action, enregistrés un an plus tôt. Le résultat net de la banque a toutefois reculé de 10% au troisième trimestre par rapport au deuxième.
Citigroup a affiché un rendement des fonds propres tangibles de 11,5% au troisième trimestre et un rendement de 12,6% depuis le début de l’année, dépassant ainsi son objectif de 11%.
La banque a annoncé un bénéfice de 2,85 dollars par action au troisième trimestre, alors que les analystes tablaient en moyenne sur 2,66 dollars, selon les données compilées par LSEG.
L'action Citigroup a progressé de 13% depuis le début de l'année, surperformant l'indice bancaire global.
La banque a indiqué avoir redistribué 4,1 milliards de dollars à ses actionnaires au troisième trimestre, sous forme de rachats d’actions et de dividendes, portant le montant total des rachats d’actions à 13,3 milliards de dollars cette année.
RALENTISSEMENT DE LA BANQUE D'INVESTISSEMENT ET DU TRADING
Le chiffre d’affaires bancaire de Citigroup, qui inclut les prêts aux entreprises, a progressé de 6%, à 1,74 milliard de dollars. Toutefois, les émissions d’actions et de titres de dette ont ralenti en fin de trimestre.
Le chiffre d’affaires lié à la souscription d’actions a reculé de 19% par rapport au deuxième trimestre, tout en restant supérieur de 77% à celui de l’année précédente.
Les marchés ont été volatils au troisième trimestre et les revenus liés aux opérations de négoce ont augmenté de 6% par rapport à l’année précédente, pour atteindre 6,11 milliards de dollars.
Les revenus liés au négoce d’actions ont progressé de 14%, tandis que ceux liés au négoce de titres à revenu fixe ont augmenté de 4%.
Citigroup a toutefois enregistré une baisse de 13% de ses revenus de négociation par rapport au deuxième trimestre.
BAISSE DES BÉNÉFICES LIÉS AUX CARTES DE CRÉDIT
Les bénéfices de la banque liés aux cartes de crédit ont baissé de 8% au troisième trimestre par rapport à l’année précédente. Les clients ont dépensé 13% de plus et ont contracté 9% de prêts supplémentaires, l’économie américaine ayant continué de croître à un rythme soutenu, portée par la résilience des dépenses de consommation et des investissements des entreprises.
Cependant, les bénéfices de Citigroup liés aux cartes ont baissé en raison de la hausse des coûts liés aux programmes de fidélité et des paiements versés aux partenaires, ainsi que des provisions pour créances douteuses.
Les provisions pour pertes dans son segment des cartes de crédit grand public aux États-Unis se sont élevées à 1,9 milliard de dollars au cours du trimestre, soit 4% de plus qu’il y a un an, les emprunteurs étant confrontés à un ralentissement de la croissance des salaires, à l’inflation et à la hausse des taux d’intérêt.
(Prakhar Srivastava à Bangalore et Tatiana Bautzer à New York; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)

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