La bourse Euronext, située dans le quartier d'affaires de La Défense à Paris
par Claude Chendjou
Les Bourses européennes ont terminé en légère baisse une séance volatile, tandis que Wall Street a basculé dans le rouge à mi-parcours, les investisseurs ayant peiné à arbitrer entre les résultats trimestriels mitigés des entreprises et le fragile optimisme alimenté par la baisse des cours pétroliers et des rendements obligataires.
À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,07% à 7.827,63 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,06% et le Dax allemand a reflué de 0,10%.
L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,57%, le FTSEurofirst 300 0,18% et le Stoxx 600 0,10%. Ce dernier indice a été pénalisé en premier par le compartiment technologique, qui a abandonné en clôture 1,39%.
L'indice phare paneuropéen avait pourtant touché en séance son plus haut niveau depuis le 6 octobre, à 640,11 points, sur fond de repli des prix de l'énergie et des rendements obligataires souverains.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,27%, le Standard & Poor's 500 de 0,17% et le Nasdaq de 0,24% après avoir ouvert en ordre dispersé dans un marché marqué par la publication des résultats des grandes banques et un repli de la "tech".
Le S&P 500 et le Nasdaq sont pénalisés pour l'essentiel par les valeurs des semi-conducteurs qui subissent à nouveau des pressions à la vente, après des informations selon lesquelles la société chinoise CXMT a réalisé une percée dans les puces mémoire qui pourrait faire de l'ombre aux acteurs bien établis.
"C'est en quelque sorte une ruée vers la sortie motivée par des prises de bénéfices", relativise toutefois Robert Pavlik, gestionnaire de portefeuille chez Dakota Wealth, alors que le marché a surfé sur la vague de l'intelligence artificielle (IA) ces quatre dernières années.
Les investisseurs analysent également les premiers résultats mitigés du troisième trimestre publiés par les entreprises, notamment ceux des grandes banques américaines. Si Goldman Sachs (+0,67%) et JPMorgan Chase (+0,26%) ont été timidement applaudis, Wells Fargo (-1,72%) et Citigroup (-3,28%) déçoivent.
Dans le secteur de la santé (-1,01%), au sein du S&P 500, Johnson & Johnson chute de 5,96%, la faiblesse des ventes de ses équipements médicaux venant ternir des résultats supérieurs aux prévisions.
VALEURS EN EUROPE
Comme en Asie et aux Etats-Unis, les fabricants européens de puces ont terminé dans le rouge : STMicroelectronics, Soitec, Infineon et ASML ont cédé de 2,13% à 5,95%.
Les résultats de LVMH (-0,11%) ont pesé sur le compartiment du luxe (-0,74%), le géant français ayant fait état de ventes trimestrielles inférieures aux attentes sur fond de détérioration de la confiance des consommateurs en Chine. Hermès, Kering et Richemont ont reflué respectivement de 1,94%, 1,45% et 0,44%.
Publicis a pris 2,23% à la faveur de la confirmation de ses prévisions annuelles après un trimestre meilleur que prévu.
Givaudan a bondi de 9,43%, les ventes organiques du fabricant suisse de parfums et d'arômes ayant dépassé les attentes au troisième trimestre.
Nokia a perdu 3,11% après la décision du fabricant finlandais d'équipements télécoms de céder son activité Enterprise Campus Edge au groupe de capital-investissement Aurelius.
BP a progressé de 3,74% après avoir annoncé anticiper une hausse de sa marge de raffinage au troisième trimestre.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'inflation allemande a accéléré à +3,3% sur un an en septembre, après +2,9% en août, selon les chiffres définitifs de l'Office fédéral de la statistique, qui confirment les données préliminaires initialement publiées.
L'économie mondiale parviendra en 2026 à enregistrer une croissance supérieure à 3% grâce aux investissements dans l'intelligence artificielle (IA), qui compensent le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient, mais les risques sont croissants et les niveaux de dette pèsent sur nombre de pays, a prévenu le Fonds monétaire international (FMI).
TAUX
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans recule, de près de trois points de base, à 5,21%, tandis que celui à 30 ans cède 3,4 points de base, à 5,56%, au lendemain de la fermeture du marché obligataire américain pour cause de "Columbus Day".
La baisse des rendements à long terme intervient alors que le dix ans américain a atteint la semaine dernière un sommet de 24 ans. Cette baisse est également liée au recul des valeurs technologiques, ce qui entraîne des flux de capitaux vers les obligations d'Etat, considérés comme des actifs sûrs.
Le deux ans américain, plus sensible aux anticipations de taux directeurs de la Réserve fédérale américaine (Fed), progresse d'environ deux points de base, à 4,80%, à la veille de la publication de données clés sur l'inflation aux Etats-Unis.
Le rendement du Bund allemand, référence en zone euro a fini sur la maturité à dix ans en repli de 1,2 point, à 3,46%, tandis que le deux ans est ressorti à 3,12% après une ouverture à 3,09%.
Les rendements des obligations de la zone euro, en particulier ceux des obligations à long terme, ont baissé parallèlement à ceux des bons du Trésor américain, alors qu'une vente massive d'actions technologiques a poussé certains flux vers la sécurité de la dette publique.
Les turbulences sur les marchés obligataires se sont quelque peu atténuées ces dernières séances, offrant un peu de soutien aux actions, mais les obligations restent fragiles après la vague de ventes de fin septembre et début octobre qui a poussé le rendement du Bund à 10 ans à 3,65%, son plus haut niveau depuis 2009.
CHANGES
Le dollar recule mardi, de 0,33%, face à un panier de devises de référence, revenant d'un pic de 18 mois, alors que les cours du pétrole Brent baisssent et que les cambistes attendent les données sur l'indice des prix à la consommation américain pour le mois de septembre prévus mercredi.
L'euro avance de 0,32%, à 1,1189 dollar, rebondissant après être tombé lundi à un creux de 17 mois, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3242 dollar, en hausse de 0,29%.
PÉTROLE
Les cours pétroliers sont irréguliers mardi, le marché étant partagé entre la perspective d'un accord américano-russe sur le diesel qui pourrait accroître les flux de brut en provenance de Moscou et les craintes d'une perturbation de l'approvisionnement après de nouvelles attaques en Arabie saoudite et au Yémen.
Le Brent reflue de 0,73% à 105,84 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grappille de 0,16% à 93,85 dollars.
Le repli sur le Brent est toutefois modeste car cette référence du pétrole a fini lundi à un sommet depuis le 15 septembre, tandis que le WTI a terminé la veille à son plus haut niveau depuis le 24 septembre.
A SUIVRE MERCREDI:
(Rédigé par Claude Chendjou; avec la contribution de Tharuniyaa Lakshmi et Purvi Agarwal; édité par Benoit Van Overstraeten)

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