Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a jugé qu'un prêt record accordé par l'Union européenne à Airbus mettait en péril la trêve douanière conclue en 2021 après un différend autour de l'avionneur et de son concurrent Boeing, ce que conteste Bruxelles.
Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à Milwaukee, le 1er octobre 2026 ( AFP / KAMIL KRZACZYNSKI )
"J'espérais sincèrement que les subventions européennes distorsives à Airbus soient du passé", a regretté M. Greer lundi aux Etats-Unis. Des aides publiques sont qualifiées de distorsives quand elles faussent la concurrence en octroyant un avantage injuste aux entreprises qui en bénéficient.
Le responsable s'est dit préoccupé par le fait que son bureau n'ait reçu "aucun détail concernant ce prêt", appelant à résoudre la situation "aussi vite que possible".
L'Union européenne a réagi à ces déclarations en assurant que le prêt "respecte pleinement" la trêve conclue avec Washington.
Ce prêt de 3 milliards d'euros accordé par la Banque européenne d'investissement au constructeur aéronautique Airbus "est un prêt classique, conclu aux conditions du marché", a souligné à l'AFP une porte-parole de la Commission européenne.
"Il génère des intérêts, devra être remboursé en totalité, et la BEI fournit chaque année ce genre de financements à des entreprises de nombreux secteurs", a-t-elle expliqué.
Il est donc parfaitement conforme, selon l'exécutif européen, à l'accord conclu en 2021 avec Washington sur le financement d'Airbus et Boeing, qui stipule que les prêts accordés aux constructeurs d'avions commerciaux doivent respecter les conditions du marché.
"L'UE demeure pleinement attachée à l'accord", qui "a apporté de la stabilité au secteur et a mis fin à un différend coûteux qui a duré 17 ans", a fait valoir la porte-parole de la Commission.
La Banque européenne d'investissement (BEI) avait annoncé en juin accorder un prêt record de 3 milliards d'euros à Airbus.
"Ce nouveau financement -- inédit dans l'histoire de la BEI -- vise à apporter à Airbus non seulement la capacité mais aussi la flexibilité nécessaires pour investir dans la recherche, le développement et l'innovation à long terme, dans les secteurs de l'aviation commerciale comme de la sécurité et de la défense", avait alors détaillé auprès de l'AFP le vice-président de l'institution, Ambroise Fayolle.
Depuis 2004, les Etats-Unis et l'UE se sont régulièrement accusés de pratiques déloyales, centrées principalement sur des subventions à des entreprises privées telles que leurs champions respectifs Boeing et Airbus.
En 2021, sous la présidence de Joe Biden, Washington et Bruxelles ont trouvé un accord sur cinq ans qui a permis la suspension des droits de douane en milliards de dollars de part et d'autre.
Ces surtaxes n'ont pas été rétablies depuis.
Les propos de Jamieson Greer interviennent sur fond de tensions persistantes entre l'UE et Washington sur le terrain commercial, malgré l'entrée en vigueur cette année d'un accord douanier négocié l'an dernier entre les 27 et le président américain Donald Trump.
0 commentaire
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer