(Actualisé, ajoute réunion mardi entre représentants des Etats-Unis et de l'Iran)
Le président américain Donald Trump a utilisé mardi son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies pour revendiquer que la guerre menée contre l'Iran a empêché Téhéran de se doter de l'arme nucléaire et pour menacer à nouveau d'"annihiler la République islamique" si aucun accord n'est trouvé.
Fidèle à sa manière de communiquer sur le conflit, déclenché en février dernier par les bombardements des Etats-Unis et d'Israël en Iran, avec tantôt des commentaires optimistes tantôt des menaces, il a également dit penser qu'un accord avec Téhéran serait conclu après les élections de mi-mandat au Congrès américain ("midterms") en novembre, lors desquelles son Parti républicain espère conserver la majorité dans les deux chambres.
A la tribune de l'Assemblée générale, Donald Trump a par ailleurs exhorté les pays à imiter les Etats-Unis en isolant économiquement l'Iran afin de le contraindre à négocier.
S'exprimant par la suite devant les journalistes lors d'une rencontre avec le Premier ministre britannique Andy Burnham, le président américain a déclaré que les discussions entre Washington et Téhéran se poursuivaient. Des échanges ont eu lieu ce mardi, a-t-il dit, ajoutant qu'une "relation se développe".
La presse officielle iranienne a confirmé la tenue d'une réunion entre le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi et l'émissaire américain Steve Witkoff, à la demande de ce dernier, en marge de l'Assemblée générale de l'Onu, pour discuter des "strictes" conditions fixées par Téhéran pour rouvrir le détroit d'Ormuz - dont le dégel d'avoirs iraniens.
Un haut responsable iranien a déclaré plus tôt à Reuters que Téhéran pourrait rouvrir dans un délai de sept jours le détroit d'Ormuz, fermé de facto en réponse aux bombardements américano-israéliens, si Washington allège la pression militaire contre l'Iran et lève son blocus des ports iraniens.
Aucun contact direct n'était publiquement connu entre les Etats-Unis et l'Iran depuis juillet dernier, quand les deux camps se sont mutuellement accusés d'avoir enfreint le protocole d'accord scellé le mois précédent.
"EST-CE QUE JE LES ENVOIE EN ENFER ?"
"J'ai une grande décision à prendre", a déclaré Donald Trump lors de son discours, qui a duré 37 minutes et lors duquel il a présenté sa vision de politique étrangère. "Un accord va-t-il être conclu avec l'Iran pour les laisser rebâtir et créer un pays bien meilleur qu'il ne l'a jamais été ?".
"Ou est-ce que j'annihile la République islamique, et je le fais rapidement, sans jamais plus leur donner une chance de tuer et détruire encore des gens et des pays ? Est-ce que je les envoie en enfer sans chance de survie et sans espoir de grandeur ou de générations futures ?", a-t-il poursuivi. "Mais je pense que l'on fera un accord juste après les élections" au Congrès.
Le président américain a déjà prévenu à plusieurs reprises ces derniers mois qu'il pourrait détruire toutes les infrastructures énergétiques et les ponts d'Iran, et s'est affranchi de toute limite en menaçant en avril d'"anéantir la civilisation iranienne" s'il n'obtenait pas de Téhéran un accord prévoyant la réouverture du détroit d'Ormuz.
Bombarder délibérément des infrastructures civiles est une violation du droit humanitaire international et peut constituer un crime de guerre. Viser délibérément une population civile peut constituer un crime de guerre ou un génocide.
Une mission d'enquête de l'Onu sur l'Iran a annoncé la semaine dernière qu'elle disposait d'éléments suffisants pour penser que les Etats-Unis ont commis des crimes de guerre avec deux frappes effectuées en février dernier, dont une contre une école primaire située à Minab dans le sud de l'Iran.
"ILS ATTENDENT DE VOIR COMMENT JE M'EN SORS AUX ÉLECTIONS"
Donald Trump a utilisé son discours à l'Onu pour revendiquer à nouveau la pertinence de la guerre lancée contre l'Iran, huit mois après les bombardements américano-israéliens contre les principaux sites nucléaires iraniens en juin 2025 lors de la "Guerre de Douze jours". Ces sites avaient été "complètement anéantis", avait-il dit à l'époque.
Par le passé, le président américain a évoqué diverses raisons pour justifier la campagne militaire lancée en février dernier, dont le programme nucléaire iranien, le soutien de Téhéran à des milices régionales et l'objectif d'un changement de régime en Iran.
Téhéran, qui nie de longue date vouloir développer une arme atomique, a fait l'objet ce mois-ci d'une résolution de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) pour signaler au Conseil de sécurité de l'Onu des manquements à ses obligations de non-prolifération.
L'Iran a commencé en 2019 à s'affranchir des restrictions fixées par l'accord international de 2015 sur son programme nucléaire, abandonné un an plus tôt par Donald Trump - lors de son premier mandat - qui a rétabli les sanctions américaines.
"Je pense que nous conclurons un accord juste après les élections (au Congrès) parce qu'il n'est pas logique pour eux de ne pas le faire", a déclaré mardi le président américain durant son discours à l'Onu. "Ils attendent de voir comment je m'en sors aux élections de mi-mandat", a-t-il ajouté.
Donald Trump devait rencontrer mardi plus d'une dizaine de dirigeants mondiaux, lors de réunions bilatérales ou en groupe, pour discuter notamment des guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, qui constituent des défis pour sa politique étrangère.
La guerre en Iran a provoqué notamment une flambée des prix du carburant aux Etats-Unis, ce qui a fait chuter à un plus bas sans précédent la cote de popularité du président républicain, qui avait fait campagne en 2024 en promettant de ne plus entraîner l'Amérique dans des guerres sans fin.
L'inflation est l'une des préoccupations majeures des électeurs américains en amont des "midterms", fragilisant l'objectif des républicains de conserver le contrôle des deux chambres du Congrès.
(Gram Slattery et Humeyra Pamuk; rédigé par Jean Terzian)

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