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« Après les élections, comment relancer la gouvernance européenne ? » par Jean-Paul Betbèze du Cercle des économistes
information fournie par Boursorama26/05/2014 à 13:30

Au lendemain des élections européennes, la France pourrait inquiéter les marchés financiers alors qu'elle bénéficie jusqu'à présent d'un traitement très favorable.

Au lendemain des élections européennes, la France pourrait inquiéter les marchés financiers alors qu'elle bénéficie jusqu'à présent d'un traitement très favorable.

Le verdict des urnes européennes est net : la crise continue de peser à un point qui risque d’affaiblir la construction de l’édifice. L’électrochoc des élections appelle une nouvelle gouvernance économique. Selon Jean-Paul Betbeze, deux options sont sur la table : la « renationalisation » ou le fédéralisme.

En fonction de leur lecture des résultats, les marchés vont s’inquiéter de l’Europe, autrement dit de l’euro, des bourses et des taux de financement des divers Etats. L’Allemagne peut encore creuser l’écart par rapport aux autres, sauf si on la trouve très seule. La France peut inquiéter beaucoup, elle qui est en retard de réforme alors qu’elle bénéficie d'un traitement très favorable de la part des marchés financiers qui ont « acheté » la politique Valls. Comment ceci va-t-il continuer : baisse de l’euro, baisse des bourses, sauf l’Allemagne, remontée des taux d’intérêt à long terme, sauf l’Allemagne. La France va-t-elle payer plus cher sa dette ? De combien ?

Pour répondre, il va bien falloir que la gouvernance européenne choisisse entre deux options : « renationalisation » ou « fédéralisme plus régional ». La renationalisation, voulue par certains électeurs, c’est la prise en compte plus forte des souhaits de chaque pays, mais au risque d’un éclatement devant l’incapacité à choisir des politiques communes. La voie fédérale, exprimée par d’autres électeurs, c’est revoir les prises de décision au niveau de Bruxelles et accroître les souhaits régionaux au niveau de chaque pays. Le niveau national deviendrait alors relativement moins important.

La gouvernance de la « renationalisation » est celle d’une mise en commun qui ne peut que se restreindre : Bruxelles se réduit au bénéfice des Etats qui se renforcent et « discutent » entre eux, les régions ne bougent pas. La voie fédérale revue est une mise en commun de grandes décisions stratégiques (défense, frontières, recherche, formation…), moins qu’aujourd’hui en nombre pour ne pas s’éparpiller, mais essentiels pour donner un sens aux choix d’une Europe puissance. Alors Bruxelles se spécialise, les Etats perdent de leurs prérogatives face, d’un côté à cette instance fédérale plus stratégique et surtout à des régions plus puissantes (et moins nombreuses dans le cas de la France).

Re-nationalisation ou Re-régionalisation, c’est en ces termes qu’on peut interpréter le message des urnes et donner des réponses évidemment très différentes. Dans le premier cas Bruxelles voit ces prérogatives réduites fortement, avec des risques de tensions entre nations dans une « Europe à la carte ». Dans le deuxième cas, pour renforcer la voie fédérale, il faut comprendre qu’elle est méconnue, avec tout ce qu’elle apporte.

Cette dynamique fédérale, c’est d’abord la monnaie unique – tant critiquée alors qu’elle est la base du tout. C’est ensuite l’union bancaire, totalement méconnue mais qui évite désormais de grands risques bancaires au sein d’un pays de l’Union. C’est en troisième lieu le Parlement qui va agir bien plus, après cette élection. C’est en quatrième lieu le renforcement de la dynamique régionale – encore un oubli. Avoir moins de régions, comme on le veut en France, ce n’est pas économiser des deniers publics, c’est avoir des centres plus puissants et plus proches des concitoyens, avec des décideurs politiques qui auront plus de moyens pour peser dans le contexte européen. Enfin, cinquième étape, rien ne sera possible sans « fédéralisme fiscal ». Les élections ont envoyé un avertissement : il n’y en aura pas d’autre.

Jean-Paul Betbèze

Créateur de Betbeze Conseil SAS, Jean-Paul Betbèze est membre de la Commission économique de la nation, du Cercle des économistes et du Comité scientifique de la Fondation Robert Schumann. Il a été auparavant chef économiste de banque (notamment Chef économiste & Directeur des Etudes Economiques, Membre du Comité Exécutif de Crédit Agricole SA) et Professeur d’Université (Agrégé des Facultés, Professeur à Paris Panthéon).

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd’hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l’initiative repose sur une conviction commune : l’importance d’un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. Retrouvez tous les rendez-vous du Cercle des économistes sur leur site.

18 commentaires

  • 28 mai09:20

    On est dans une seule question: " trouver des hommes" ..!


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