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CAC 40 : Du pied-de-biche au Bulletin officiel : les deux visages d’une même razzia

08 nov. 2026 08:54

[Je suis l'auteur de ce texte]

Bonjour à tous !

Regardez d’un côté une vitrine brisée à deux heures du matin par une bande qui vide un magasin de ses téléphones et de ses vêtements en vingt minutes. Regardez de l’autre un député de La France Insoumise à la tribune de l’Assemblée nationale, expliquant la main sur le cœur qu’il suffit de confisquer les patrimoines, de taxer les successions à 100 % au-delà d’un certain seuil et de ponctionner « les riches » pour financer une montagne de promesses gratuites.

L’esthétique diffère, certes : le premier porte une capuche et manie une disqueuse, tandis que le second porte une écharpe tricolore et manie l’amendement fiscal. Mais pour l’anatomiste de l’économie, la mécanique mentale et le résultat physique sont rigoureusement identiques. Dans les deux cas, nous sommes face à l’économie de la razzia.

Qu’est-ce qu’une razzia ? C’est la mentalité du prédateur pressé qui regarde la richesse non pas comme le fruit d’un long processus de travail, d’épargne, de prise de risque et d’investissement, mais comme un butin déjà là, tombé du ciel, qu’il suffit de ramasser en défonçant la porte.

Le pilleur de rue ne se demande jamais qui va payer la marchandise demain matin, ni si le commerçant aura encore les moyens ou l’envie de rouvrir sa boutique la semaine suivante : il prend ce qui brille dans la vitrine et repart devant des rayons vides. Le programme économique de LFI procède très exactement du même aveuglement infantile. Il regarde le capital productif français comme un stock figé dans un coffre-fort qu’on pourrait éventrer une bonne fois pour toutes afin de distribuer la caisse aux clients électoraux.

Or, que se passe-t-il le lendemain d’une razzia, qu’elle soit menée au pied-de-biche ou au Bulletin officiel ? Le rideau de fer se baisse définitivement.

Le commerçant pillé ne reconstitue pas son stock : il encaisse son assurance s’il le peut, ferme boutique et s’en va. L’entrepreneur, l’ingénieur ou l’investisseur spolié par la fiscalité confiscatoire fait exactement la même chose : il liquide ses actifs, transfère son siège social, déplace son épargne sous des cieux plus rationnels et cesse d’embaucher en France.

Comme le résumait Frédéric Bastiat dès le XIXe siècle avec une lucidité chirurgicale, il y a deux manières d’acquérir de la richesse : la produire par le travail et l’échange libre, ou s’en emparer par la force. Lorsque la loi elle-même cesse de protéger la propriété pour devenir l’instrument de la spoliation légale, elle ne fait qu’institutionnaliser le pillage.

Mais la physique économique a toujours le dernier mot sur les démagogues : on ne tond une brebis qu’une seule fois lorsqu’on lui arrache la peau avec la laine. La première année, les pillards célèbrent le butin ; la deuxième année, ils s’étonnent de crever de faim devant des vitrines murées et des usines désertes.

Bien à vous

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