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CAC 40 : Quand la faillite économique pousse à l'impensable

07 nov. 2026 08:32

[Je suis l'auteur de ce texte]

Bonjour à tous !

En avril 2025, puis en mars dernier lors du déclenchement de l'opération Epic Fury contre l'Iran, je vous décrivais l'impasse de dirigeants persuadés que leur seule volonté politique suffirait à plier les lois de la physique et de l'économie. Après le fiasco des droits de douane américains, couronné par l'arrêt de la Cour suprême obligeant Washington à rembourser 166 milliards de dollars de taxes illégales, le troisième acte de cette tragédie vient de s'ouvrir au lendemain des élections de mi-mandat du 3 novembre.

La facture que j'annonçais au printemps a été réglée comptant dans les urnes : la Maison-Blanche a perdu le contrôle du Congrès. Et tandis qu'à Téhéran, le nouveau Guide suprême Mojtaba Khamenei jubile en déclarant que le processus d'effondrement américain s'accélère, les marchés regardent du mauvais côté. Car le vrai péril de cet automne 2026 ne réside pas dans les fanfaronnades des mollahs : il se loge à Washington et à Moscou, où l'arme nucléaire tactique commence à être envisagée non plus comme un interdit absolu, mais comme une porte de sortie opérationnelle.

La revanche du réel : du détroit d'Ormuz aux urnes américaines

La leçon de guerre asymétrique administrée au Moyen-Orient est implacable. Incapable de rivaliser militairement avec l'armada américaine, l'Iran a utilisé la géographie physique comme une arme de destruction économique. En verrouillant le détroit d'Ormuz dès le mois de mars, en frappant le terminal gazier de Ras Laffan au Qatar et en propulsant le baril au-delà des 126 dollars, Téhéran n'a pas eu besoin de gagner une bataille navale : il lui a suffi de vider le portefeuille de la classe moyenne américaine à la pompe à essence pour dynamiter le front intérieur républicain. Un désaveu électoral que même le vice-président JD Vance a dû reconnaître.

Pourtant, Khamenei a eu une phrase d'une lucidité glaciale en avertissant son propre camp que compter sur un Congrès démocrate pour changer de cap serait une grave erreur. Il voit juste. Non seulement parce que les démocrates n'ont pas la majorité qualifiée pour briser un veto présidentiel, mais surtout parce qu'un exécutif acculé, dont les leviers économiques et conventionnels sont brisés, est toujours tenté par la surenchère.

L'impasse conventionnelle et la tentation du coup de grâce

Regardons froidement le bilan matériel en ce mois de novembre 2026. À l'Est, la Russie s'use dans une guerre d'attrition de bientôt cinq ans qui pèse lourdement sur sa démographie et son budget. À l'Ouest, Donald Trump a vu sa politique tarifaire annulée par les juges, son parti perdre le Congrès, et son offensive aérienne s'embourber depuis huit mois sans parvenir à détruire le programme nucléaire iranien enfoui sous des montagnes de granit.

C'est dans cette impasse physique que surgit le scénario le plus dangereux de notre décennie. Selon des fuites issues de l'appareil de sécurité américain, l'exécutif n'écarterait plus l'emploi d'armes nucléaires tactiques contre les sites d'enrichissement souterrains iraniens. Il ne s'agit pas des ogives stratégiques intercontinentales, mais de charges réduites dites « de théâtre », calquées sur la doctrine russe qui consiste à escalader pour forcer l'adversaire à capituler. Pour une présidence humiliée dans les urnes, le calcul se veut expéditif : vitrifier les bunkers iraniens là où les bombes classiques ont échoué et sidérer ses rivaux par un coup de force.

L'assassinat de la dissuasion : quand le tabou saute, le chaos règne

Comment des stratèges au sommet des deux premières puissances atomiques peuvent-ils caresser l'idée d'utiliser une charge nucléaire miniature comme une simple munition d'artillerie lourde ? C'est ne rien comprendre à la nature même de l'atome.

Depuis 1945, la dissuasion nucléaire ne tient que par un paradoxe : l'arme atomique est toute-puissante précisément parce qu'on ne l'utilise pas. Sa valeur est intégralement virtuelle, comme l'or dans les coffres d'une banque centrale qui ne circule jamais mais garantit tout l'édifice. Le jour où Washington ou Moscou fait exploser ne serait-ce qu'une seule charge tactique au fond d'un désert iranien ou d'une plaine ukrainienne, vous ne restaurez pas la dissuasion : vous l'assassinez. Vous démonétisez l'interdit suprême en transformant l'apocalypse en simple outil de gestion de crise.

Voyez la réaction en chaîne immédiate : si Moscou n'a jamais franchi le seuil nucléaire en Ukraine, c'est parce que le prix diplomatique d'être le premier à briser le tabou depuis Nagasaki en ferait un paria absolu, y compris aux yeux de Pékin et de New Delhi. Mais si Washington ouvre la boîte de Pandore en Iran pour clore sa guerre avant l'hiver, la Maison-Blanche offre au Kremlin et à Pékin un permis de tir atomique décomplexé pour le lendemain matin.

L'Histoire nous enseigne que les empires ne meurent presque jamais seulement d'une invasion extérieure mais plutôt d'un phénomène multifactoriel qui fait que le coût financier de leurs guerres dépasse la capacité productive de leur économie, à l'image des 1 500 dollars de surcoût douanier par foyer américain et du baril à 126 dollars. Et lorsque la faillite budgétaire rencontre l'orgueil de dirigeants qui refusent d'admettre que le réel leur a donné tort, la fuite en avant menace de faire sauter l'unique verrou qui sépare encore nos marchés du chaos intégral.

Bien à vous

1 réponse

  • 09:00

    L'arme atomique a un défaut majeur : les retombées radioactives , comme les gaz de combat en 1914 , on ne sait pas où ça retombe , et si l'Iran est contaminé , qui peut dire que tout le Moyen-Orient ne le sera pas ? Auquel cas , pétrole direct à 200 $ le baril . Qui peut dire que la mer Caspienne dont le sud borde l'Iran ne sera pas contaminée ? L'ennui étant que le nord borde ... la Russie .
    Les bourricains ont intérêt a bien réfléchir , leurs électeurs veulent du pétrole pas cher et pas la guerre .


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